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	<title>ZEN SOTO REIMS &#187; Dogen</title>
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	<description>Dojo Zen Soto de Reims</description>
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		<title>UJI</title>
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		<pubDate>Thu, 28 Nov 2013 17:19:29 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[Fabrice SEVERIN]]></dc:creator>
				<category><![CDATA[REPERES]]></category>
		<category><![CDATA[SHOBOGENZO]]></category>
		<category><![CDATA[TEXTES ZEN]]></category>
		<category><![CDATA[Dogen]]></category>
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		<description><![CDATA[Au XIIIème siècle de notre ère, Maître Dogen a conçu et exprimé la notion d’Etre-Temps qui résonne curieusement dans notre esprit avec le concept d’espace-temps d’Einstein. Mais c’est du temps absolu qu’il s’agit ici.]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: center;"><div class='chapitres_conteneur_sommaire' id='chapitres_conteneur_sommaire1'><div class='chapitres_infos_livre' id='chapitres_infos_livre1'><h2 class='chapitres_titre_livre' id='chapitres_titre_livre1'>SHOBOGENZO</h2><h4 class='chapitres_resume_livre' id='chapitres_resume_livre1'>Traduction Française du Shobogenzo, œuvre majeure de Maître Dogen.</h4></div><div class='chapitres_sommaire_livre' id='chapitres_sommaire_livre1'><ol><li><a href='http://zensotoreims.fr/bendowa/'>BENDOWA</a></li><li><a href='http://zensotoreims.fr/maka-hannya-haramitsu/'>MAKA HANNYA HARAMITSU</a></li><li><a href='http://zensotoreims.fr/genjo-koan/'>GENJO KOAN</a></li><li><a href='http://zensotoreims.fr/ikka-no-myoju/'>IKKA NO MYOJU</a></li><li><a href='http://zensotoreims.fr/ju-undo-shiki/'>JU UNDO SHIKI</a></li><li><a href='http://zensotoreims.fr/soku-shin-ze-butsu/'>SOKU SHIN ZE BUTSU</a></li><li><a href='http://zensotoreims.fr/senjo/'>SENJO</a></li><li><a href='http://zensotoreims.fr/raihai-tokuzui/'>RAIHAI TOKUZUI</a></li><li><a href='http://zensotoreims.fr/keisei-sanshiki/'>KEISEI SANSHIKI</a></li><li><a href='http://zensotoreims.fr/shoaku-makusa/'>SHOAKU MAKUSA</a></li><li><a href='http://zensotoreims.fr/uji/'>UJI</a></li></ol></div></div></p>
<blockquote><p>Au XIIIème siècle de notre ère, Maître Dogen a conçu et exprimé la notion d’<strong>Etre-Temps</strong> qui résonne curieusement dans notre esprit avec le concept d’espace-temps d’Einstein.</p>
<p>C’est du temps </strong>absolu</strong> qu’il s’agit ici. En réalité, même si cela dépasse notre entendement ordinaire, nous pouvons faire l’expérience profonde en zazen du temps absolu, total et entier. L’Etre-Temps est donc <strong>notre véritable vie</strong> tout autant que celle de l’univers…</p>
<p>Souvent nous pensons que le temps est comme un fleuve qui emmène les phénomènes loin de nous. Mais si ici et maintenant devient fort, nous voyons que <strong>tout est présent éternel.</strong> Tous les phénomènes sont inclus dans un instant de zazen. C’est ainsi que l’Etre-Temps embrasse tous les phénomènes, présents, passés et futurs.</p></blockquote>
<p>&nbsp;</p>
<p>Un Bouddha éternel [ Maître Yakusan Igen] dit :</p>
<p><i>Tantôt émergeant au sommet de la plus haute montagne,</i></p>
<p><i>Tantôt nageant au fond de l’océan le plus profond.</i></p>
<p><i>Tantôt doté de trois têtes et de huit bras,</i></p>
<p><i>Tantôt paré d’un corps doré de six ou trois mètres.</i></p>
<p><i>Tantôt un bâton ou un chasse-mouches,</i></p>
<p><i>Tantôt un pilier ou une lanterne.</i></p>
<p><i>Tantôt le troisième fils de Chang ou le quatrième fils de Lee,</i></p>
<p><i>Tantôt la Terre et l’espace.</i></p>
<p>&nbsp;</p>
<p>Dans ce terme « <i>tantôt</i> », le Temps est déjà exactement Existence, et toute l’Existence est Temps. Le corps doré de six ou trois mètres est lui-même le Temps. Parce qu’il est le Temps, il possède la resplendissante clarté du Temps. Nous devons considérer cela comme les vingt-quatre heures d’aujourd’hui même. Les trois têtes et les huit bras sont le Temps lui-même.</p>
<p>Parce qu’elles sont le Temps, elles sont complètement les vingt-quatre heures de ce jour. Nous ne pouvons jamais mesurer combien les vingt-quatre heures de cette journée sont longues ou distendues ni combien elles sont courtes et urgentes ; pourtant nous les appelons « vingt-quatre heures ». Les contraintes et les traces du Temps qui vient et passe sont claires, de sorte que personne n’en doute. Nul n’en doute, mais ça ne signifie pas pour autant qu’on le connaisse.</p>
<p>Les doutes que nous éprouvons par nature, en tant qu’êtres vivants, au sujet de toute chose et de tout fait que nous ne connaissons pas, sont dénués de substance; pour cette raison, l’histoire passée de nos doutes ne rencontre jamais exactement nos doutes actuels. Pourtant, nous pouvons affirmer que ces doutes sont en tout état de cause le Temps lui-même. Nous harmonisons notre moi, et nous voyons l’Univers entier. Chaque individu et chaque objet de cet univers peuvent être vus comme des moments du Temps.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>L’objet ne dérange aucun autre objet, de la même manière qu’un moment du Temps ne perturbe aucun autre moment du Temps. Pour cette raison, des décisions sont prises dans un même laps de Temps, et il y a des laps de Temps durant lesquels la même décision est prise. La pratique et la réalisation de la Vérité sont également ainsi. Accordant notre moi à la vérité, nous voyons de quoi il s’agit. La vérité selon laquelle nous sommes nous-mêmes le Temps est ainsi. Nous devrions mettre en pratique le fait que, selon cette vérité, la Terre entière inclut la multitude des phénomènes et les centaines de choses, et chaque phénomène et chaque chose existe dans la Terre entière. Cette sorte de questionnement est un premier pas sur la pratique de la Voie.</p>
<p>Lorsque nous entrons dans le champ de l’ineffable, il y a seulement la chose et le phénomène, concrètement, ici et maintenant, au-delà de la compréhension ou de la non-compréhension des phénomènes et des choses. Parce que l’existence réelle est seulement ce moment exact, tous les moments de l’Etre-Temps sont la totalité du Temps, sont également toutes les choses et tous les phénomènes existants, et toutes les choses et tous les phénomènes existants sont le Temps. Toute l’Existence, tout l’Univers, existent dans chaque moment du Temps. Prenons un délai de réflexion pour nous demander si oui ou non aucun morceau de l’ensemble de l’Existence ou de l’ensemble de l’Univers ne se serait échappé du moment de Temps présent.</p>
<p>Bien sûr dans le temps tel que le conçoit l’homme du commun qui ne pratique pas la Voie du Bouddha il y a des vues et des opinions ; en entendant « <i>Etre-Temps</i> » il pense : « <i>Tantôt je fus un démon à trois têtes et huit bras, et tantôt je fus paré d’un corps doré de six ou trois mètres. C’est un peu comme traverser une rivière puis traverser une montagne. La montagne et la rivière existent encore, mais maintenant que je les ai traversées et que je vis dans un palais somptueux aux tours laquées, la montagne et la rivière sont aussi loin de moi que le paradis l’est de la Terre. </i>»</p>
<p>Cependant un raisonnement exact n’est pas limité à ces considérations. En réalité, lorsque j’escaladais une montagne ou que je traversais une rivière, j’y étais dans ce Temps. Il y avait présence du Temps en moi. Et j’existe ici et maintenant, donc le Temps ne peut avoir disparu. Si le Temps n’a pas une forme qui vient et passe, le Temps où on escalade une montagne est le présent en tant qu’Etre-Temps. Même si le Temps garde la forme qui vient et passe, je détiens ce moment présent d’Etre-Temps, qui est lui-même l’Etre-Temps.</p>
<p>Comment le Temps où j’escaladais la montagne ou traversais la rivière pourrait-il manquer d’avaler ou de recracher ce Temps présent où je suis dans mon palais somptueux aux tours laquées ? Les trois têtes et les huit bras étaient le Temps hier ; le corps doré de six ou trois mètres est le Temps aujourd’hui. Même ainsi, le principe bouddhiste d’hier et d’aujourd’hui concerne seulement les moments où nous allons dans les montagnes contempler mille ou dix-mille sommets ; il ne concerne pas ce qui est passé. Les trois têtes et les huit bras passent instantanément en tant que mon Etre-Temps ; bien qu’ils semblent lointains, ils sont des moments du présent.</p>
<p>Les choses étant ainsi, les pins sont le Temps, et les bambous sont le Temps. Nous ne devrions pas comprendre seulement que le Temps passe. Nous ne devrions pas apprendre que « passer » est l’unique capacité du Temps. Si nous laissons le Temps disparaître, des trous vont se former dans le tissu du Temps. Ceux qui ne parviennent à expérimenter et entendre la vérité de l’Etre-Temps échappent à cette réalité parce qu’ils ne voient que le Temps qui passe.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>Pour en saisir et exprimer le point essentiel, disons que tout ce qui existe, dans tout l’Univers, est aligné en une suite de moments et est simultanément ce moment du Temps. Parce que le Temps est l’Etre-Temps, il est mon Etre-Temps. L’Etre-Temps a la vertu de passer dans une suite de moments. C’est-à-dire qu’à partir d’aujourd’hui, il passe en une suite de moments à demain ; d’aujourd’hui il passe en une suite de moments à hier ; d’hier il passe en une suite de moments à aujourd’hui ; d’aujourd’hui il passe en une suite de moments à aujourd’hui ; de demain il passe en une suite de moments à demain.</p>
<p>Parce que le passage par une suite de moments est une vertu du Temps, les moments du passé et du présent ne sont pas empilés les uns au-dessus des autres ni alignés en une rangée ; et pour la même raison Seigen est le Temps, Obaku est le Temps, et Kozei et Sekito sont le Temps. Parce que le sujet-et-objet sont déjà le Temps, pratiquer et expérimenter sont des moments du Temps. Se débattre dans la vie quotidienne est le Temps. L’opinion de l’homme du commun aujourd’hui, et les causes et les conditions de cette opinion, sont ce que l’homme du commun expérimente, mais ne sont pas la Réalité dans laquelle il vit. La Réalité, pour le moment, a produit un homme du commun selon les causes et les conditions.</p>
<p>Etant donné que selon sa compréhension ce Temps et cette Existence sont autres que la Réalité elle-même, il estime que «<i> le corps doré de six mètres est au-delà de moi. </i>» Les tentatives d’évacuer le problème en pensant « <i>Je ne serai jamais le corps doré de six</i> mètres » sont pourtant aussi des instants de l’Etre-Temps ; elles en sont des aperçus  par une personne qui doit encore en réaliser l’expérience et apprendre à s’y adosser. L’Etre-Temps qui provoque aussi l’ordonnancement des heures tel que nous le connaissons aujourd’hui, est apparition et disparition ineffable et conforme à sa place dans le Dharma. Minuit est le Temps, et quatre heures du matin est le Temps ; les êtres vivants sont le Temps, et les bouddhas sont le temps.</p>
<p>Ce Temps expérimente tout l’Univers à l’aide de trois têtes  et huit bras, et à l’aide du corps doré de six mètres. Réaliser universellement l’Univers entier à l’aide de l’Univers entier est appelé «<i> réalisation</i> <i>parfaite</i> ». L’actualisation du corps doré de six mètres à l’aide du corps doré de six mètres se produit comme réalisation de l’esprit, pratique, éveil et nirvana ; c’est l’Existence elle-même et le Temps lui-même. Ce n’est rien d’autre que la réalisation parfaite de la totalité du Temps comme totalité de l’Existence ; il n’y a rien de plus. Parce que quoi que ce soit de plus est seulement quelque chose de plus, même un moment de l’Etre-Temps à moitié réalisé est la réalisation parfaite de la moitié de l’Etre-Temps.</p>
<p>Même les instants où nous semblons errer à cause de nos négligences sont également l’Existence. Si nous nous abandonnons à l’Existence, même les moments qui suivent et précèdent ces errances demeurent à leur place en tant qu’Etre-Temps. Demeurer à notre place dans le Dharma dans un état d’activité vigoureuse est seulement l’Etre-Temps. Nous ne devrions pas en perturber la manifestation en le qualifiant de « <i>non-existence</i> », ni l’appeler à tort « <i>Existence</i> ». Considérant le Temps, nous nous évertuons à le comprendre comme un flux qui s’écoule inlassablement ; nous ne le comprenons pas intellectuellement comme ce qui est encore à venir. Bien que même la compréhension intellectuelle soit le Temps, aucune circonstance n’est jamais influencée par cela. Les sacs de peaux humains reconnaissent le temps comme apparaissant et disparaissant ; nul ne l’a pénétré dans sa réalité d’Etre-Temps demeurant constant : comment a fortiori quiconque pourrait avoir expérimenté le Temps dans son unité ?</p>
<p>Même parmi ceux qui sont conscients de demeurer à leur place, qui peut exprimer l’état qui consiste à déjà avoir atteint l’ineffable ? Même parmi ceux qui prétendent être ainsi depuis longtemps, il n’y en a aucun qui ne cherche à tâtons la manifestation de ses caractéristiques réelles. Si nous laissons même l’éveil et le nirvana tels qu’ils sont dans l’Etre-Temps de l’homme du commun, même l’éveil et le nirvana sont essentiellement une forme qui apparaît et disparaît – l’Etre-Temps.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>Pour résumer, sans que cessent les filets ni les cages, l’Etre-Temps est réalisé. Les rois et les myriades d’êtres célestes, surgissant à droite puis à gauche, sont l’Etre-Temps dans lequel nous nous exerçons à la Voie. Partout, les êtres de l’Etre-Temps des terres et des mers entrent dans la réalisation par notre propre pratique. Toutes les sortes d’êtres qui vivent dans l’Etre-Temps, dans la lumière ou dans l’ombre, sont tous la réalisation de notre propre effort, et la continuation d’un moment à l’autre de cet effort.</p>
<p>Nous devrions appliquer le fait que sans la continuation de moment en moment de notre effort dans le présent, aucun phénomène ni aucune chose ne peut être réalisée ou ne peut continuer à être réalisée d’un moment au suivant. Nous ne devrions jamais considérer que le passage d’un moment à l’autre est comme le mouvement d’est en ouest du vent et de la pluie. Tout l’Univers n’est ni au-delà du mouvement et du changement, ni au-delà du progrès et de la régression ; il est passage d’un moment à l’autre.</p>
<p>Un exemple de passage momentané du Temps est le printemps. Le printemps possède d’innombrables aspects, que nous appelons « <i>le temps qui passe</i> ». Nous devrions appliquer le fait que le passage momentané du temps continue sans qu’il y ait aucune chose qui y soit extérieure. Le passage momentané du printemps, par exemple, s’écoule inévitablement, moment après moment, à travers le printemps lui-même. Ça ne signifie pas que <i>le passage momentané du temps</i> soit le printemps ; mais plutôt, disons que comme le printemps est le passage momentané du temps, le temps qui passe a déjà réalisé la vérité dans l’ici et maintenant du printemps.</p>
<p>Nous devons réfléchir à cela en détail, le reprenant encore et encore. Si nous pensons, lorsque nous parlons du passage momentané du temps, que les circonstances sont seulement des choses extérieures indépendantes, tandis que quelque chose qui peut passer de moment en moment se déplace vers l’est à travers des centaines et des milliers de mondes et de kalpas, alors nous échouons à nous dévouer seulement à notre pratique Bouddhiste.</p>
<p>Le grand Mâitre Yakusan Kodo [Yakusan Igen], selon cette histoire, suivant la suggestion du grand Maître Musai [Sekito Kisen], visita le Maître Zen Kozei Daijaku [Baso]. Il demanda : « <i>J’ai plus ou moins clarifié l’apport des trois véhicules et les douze divisions de l’enseignement. Mais quelle était l’intention du Maître ancien [Bodhidharma] en venant de l’Ouest ?</i> »</p>
<p>Ainsi interrogé, Le Maître Zen Daijaku dit : « <i>Tantôt je lui fais lever le sourcil ou cligner de l’œil, tantôt je ne lui fais pas lever le sourcil ni cligner de l’œil ; parfois lui faire lever un sourcil ou cligner de l’œil est approprié, et parfois c’est inapproprié.</i> »</p>
<p>En entendant cela, Yakusan obtint une grande réalisation et dit à Daijaku : « <i>Dans la communauté de Sekito j’étais pareil à un moustique qui s’attaque à un bœuf de fer.</i> »</p>
<p>Ce que dit Daijaku n’est pas semblable à ce que d’autres diraient. Ses sourcils et ses yeux peuvent être les montagnes et les océans, parce que les montagnes et les océans sont ses sourcils et ses yeux. Dans l’action de soulever un sourcil, il peut contempler les montagnes ; et dans l’action de cligner de l’œil, il peut régner sur les océans. Etre adéquat à toute situation lui est devenu familier, et il y a été amené par l’enseignement. <i>Ne pas accomplir d’action juste </i>n’est pas forcément synonyme de <i>ne pas agir</i>, et <i>ne pas agir</i> ne signifie pas forcément <i>ne pas accomplir d’action juste</i>. Toutes ces situations sont <i>l’Etre-Temps</i>.</p>
<p>Les montagnes sont le Temps, et les océans sont le Temps. Sans le Temps, les montagnes et les océans ne pourraient exister : nous ne pouvons dénier que le Temps existe dans les montagnes et les océans ici et maintenant. Si le Temps se désintègre, les montagnes et les océans se désintègrent. Si le Temps n’est pas sujet à la désintégration, les montagnes et les océans n’y sont pas sujets non plus. En accord avec cette vérité l’étoile brillante apparaît, le Thatagata apparaît, l’œil du Dharma apparaît, cueillir une fleur apparaît, et ceci est seulement le Temps. Sans le Temps, rien ne serait ainsi.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>Le Maître Zen Kisho de la province de Shoken est un descendant de Rinzai dans le Dharma, et le successeur légitime de Shuzan. Un jour il s’adressa ainsi à son assemblée :</p>
<p>&nbsp;</p>
<p><i>Tantôt la volonté est présente mais les mots sont absents,</i></p>
<p><i>Tantôt les mots sont présents mais la volonté est absente,</i></p>
<p><i>Tantôt la volonté et les mots sont présents,</i></p>
<p><i>Tantôt la volonté et les mots sont absents.</i></p>
<p>&nbsp;</p>
<p>La volonté et les mots sont l’Etre-Temps. La présence et l’absence sont l’Etre-Temps. Le moment de présence n’est pas fini, mais le moment d’absence a surgi – la volonté est l’âne et les mots sont le cheval ; les chevaux ont pris forme dans des mots et les ânes ont pris forme dans la volonté. La présence ne dépend pas de l’apparition, et l’absence ne dépend pas de ce qui n’est pas apparu. L’Etre-Temps est ainsi. La présence est restreinte par la présence elle-même, elle n’est pas restreinte par l’absence. L’absence est restreinte par l’absence elle-même, elle n’est pas restreinte par la présence. La volonté oblitère la volonté et rencontre la volonté. Les mots sont les mots. La restriction est la restriction. C’est le Temps. La restriction est utilisée par les dharmas objectifs, mais la restriction qui restreint les dharmas objectifs n’est jamais apparue.</p>
<p>Je rencontre un être humain, un humain rencontre un autre être humain, je me rencontre moi-même, et la manifestation se rencontre elle-même. Sans le Temps, il ne pourrait en être ainsi. De plus, la volonté est le Temps de l’univers réalisé, les mots sont le Temps du pivot de la réalité, la présence est le Temps sans substance,  et l’absence est le Temps soit de se tenir au sujet soit de l’abandonner. Nous devrions établir des distinctions, et nous devrions actualiser l’Etre-Temps, de cette manière. Bien que de vénérables patriarches se soient exprimés comme ils l’ont fait, comment pourrait-il n’y avoir rien d’autre à ajouter ? Aussi j’aimerais dire :</p>
<p>La demi-présence de la volonté et des mots est l’Etre-Temps.</p>
<p>La demi-absence de la volonté et des mots est l’Etre-Temps.</p>
<p>Il devrait y avoir recherche et expérience ainsi.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>&nbsp;</p>
<p style="text-align: center;"><div class='chapitres_conteneur_sommaire' id='chapitres_conteneur_sommaire1'><div class='chapitres_infos_livre' id='chapitres_infos_livre1'><h2 class='chapitres_titre_livre' id='chapitres_titre_livre1'>SHOBOGENZO</h2><h4 class='chapitres_resume_livre' id='chapitres_resume_livre1'>Traduction Française du Shobogenzo, œuvre majeure de Maître Dogen.</h4></div><div class='chapitres_sommaire_livre' id='chapitres_sommaire_livre1'><ol><li><a href='http://zensotoreims.fr/bendowa/'>BENDOWA</a></li><li><a href='http://zensotoreims.fr/maka-hannya-haramitsu/'>MAKA HANNYA HARAMITSU</a></li><li><a href='http://zensotoreims.fr/genjo-koan/'>GENJO KOAN</a></li><li><a href='http://zensotoreims.fr/ikka-no-myoju/'>IKKA NO MYOJU</a></li><li><a href='http://zensotoreims.fr/ju-undo-shiki/'>JU UNDO SHIKI</a></li><li><a href='http://zensotoreims.fr/soku-shin-ze-butsu/'>SOKU SHIN ZE BUTSU</a></li><li><a href='http://zensotoreims.fr/senjo/'>SENJO</a></li><li><a href='http://zensotoreims.fr/raihai-tokuzui/'>RAIHAI TOKUZUI</a></li><li><a href='http://zensotoreims.fr/keisei-sanshiki/'>KEISEI SANSHIKI</a></li><li><a href='http://zensotoreims.fr/shoaku-makusa/'>SHOAKU MAKUSA</a></li><li><a href='http://zensotoreims.fr/uji/'>UJI</a></li></ol></div></div></p>
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		<title>SHOAKU MAKUSA</title>
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		<pubDate>Thu, 10 Oct 2013 08:56:10 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[Fabrice SEVERIN]]></dc:creator>
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		<description><![CDATA[Dans ce chapitre, Maître Dogen démontre son génie pour faire éclater nos conceptions, détourner notre esprit de la lettre et le ramener à l’origine : « Briser le miroir, forger l’image ». Il prend ainsi le contrepied de notre conception habituellement morale du bien et du mal, et les ramène à l’esprit mushotoku.]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: center;"><div class='chapitres_conteneur_sommaire' id='chapitres_conteneur_sommaire1'><div class='chapitres_infos_livre' id='chapitres_infos_livre1'><h2 class='chapitres_titre_livre' id='chapitres_titre_livre1'>SHOBOGENZO</h2><h4 class='chapitres_resume_livre' id='chapitres_resume_livre1'>Traduction Française du Shobogenzo, œuvre majeure de Maître Dogen.</h4></div><div class='chapitres_sommaire_livre' id='chapitres_sommaire_livre1'><ol><li><a href='http://zensotoreims.fr/bendowa/'>BENDOWA</a></li><li><a href='http://zensotoreims.fr/maka-hannya-haramitsu/'>MAKA HANNYA HARAMITSU</a></li><li><a href='http://zensotoreims.fr/genjo-koan/'>GENJO KOAN</a></li><li><a href='http://zensotoreims.fr/ikka-no-myoju/'>IKKA NO MYOJU</a></li><li><a href='http://zensotoreims.fr/ju-undo-shiki/'>JU UNDO SHIKI</a></li><li><a href='http://zensotoreims.fr/soku-shin-ze-butsu/'>SOKU SHIN ZE BUTSU</a></li><li><a href='http://zensotoreims.fr/senjo/'>SENJO</a></li><li><a href='http://zensotoreims.fr/raihai-tokuzui/'>RAIHAI TOKUZUI</a></li><li><a href='http://zensotoreims.fr/keisei-sanshiki/'>KEISEI SANSHIKI</a></li><li><a href='http://zensotoreims.fr/shoaku-makusa/'>SHOAKU MAKUSA</a></li><li><a href='http://zensotoreims.fr/uji/'>UJI</a></li></ol></div></div></p>
<blockquote><p>Nous avons tous des conceptions sur <strong>le bien</strong> et <strong>le mal</strong> mais sont-elles toujours adéquates ?<br />
&nbsp;<br />
Quoiqu’il en soit, comme le dit Maître Dogen avec une audace percutante, il n’existe aucun bien qui préexiste à son accomplissement par une personne, autrement dit il n’y a ni bien ni mal <strong>abstraits</strong>. Argument imparable!<br />
&nbsp;<br />
Faire le bien délibérément ne suffit pas, écarter le mal non plus ; il nous faut fondamentalement nous appuyer sur notre <strong>nature profonde</strong> pour <span style="text-decoration: underline;"><em>harmoniser nos actions avec la Voie</em></span>.</p></blockquote>
<p>&nbsp;</p>
<p>Le Bouddha éternel dit :</p>
<p>&nbsp;</p>
<p><i>Ne pas faire le mal,</i></p>
<p><i>Pratiquer les nombreuses formes de bien,</i></p>
<p><i>Purifie naturellement l’esprit ;</i></p>
<p><i>Tel est l’enseignement des Bouddhas.</i></p>
<p>&nbsp;</p>
<p>Cet enseignement, le Précepte Universel des patriarches ancestraux, les Sept Bouddhas, a été authentiquement transmis par les premiers Bouddhas aux derniers Bouddhas, et les derniers Bouddhas en ont reçu la transmission des premiers Bouddhas.</p>
<p>Il ne s’agit pas seulement de l&rsquo;enseignement des Sept Bouddhas: c&rsquo;est l&rsquo;enseignement de tous les Bouddhas. Nous devrions examiner soigneusement ce principe et en maîtriser la pratique. Ces mots du Dharma des Sept Bouddhas ont toujours eu la même résonance. Ce qui est été transmis et reçu de personne à personne n&rsquo;est autre que la clarification de la vérité et exprime la réalité à cet endroit précis. Ceci est en soi déjà l&rsquo;enseignement des Bouddhas; c&rsquo;est l&rsquo;enseignement, la pratique et l&rsquo;expérience de centaines, de milliers, de dizaines de milliers de Bouddhas.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>Considérant le mal dont il est question, parmi la justesse, la fausseté et l&rsquo;indifférence, il correspond à la fausseté. Son essence n&rsquo;est autre que la non-apparition, l&rsquo;état sans excès, la forme réelle.</p>
<p>En même temps, à chaque endroit précis de l’espace-temps ces trois propriétés incluent d&rsquo;innombrables sortes de dharmas. Dans le mal, il y a des similarités et des différences entre le mal dans ce monde et le mal dans les autres mondes, et il y a des similarités et des différences entre les temps anciens et les temps actuels. Il y a des similarités et des différences entre le mal au paradis et le mal dans le monde humain.</p>
<p>La différence est d&rsquo;autant plus grande entre la fausseté morale, la justesse morale, et l&rsquo;indifférence morale dans le bouddhisme et dans le monde séculier. Le juste et le faux sont le temps; le temps n&rsquo;est ni juste ni faux. Lorsque le Dharma est en équilibre, la fausseté est en équilibre. Lorsque le Dharma est en équilibre, la justesse est en équilibre. Les choses étant ainsi, lorsque nous pratiquons anuttara-samyak-sambodhi, lorsque nous entendons les enseignements, lorsque nous pratiquons et expérimentons l’éveil, il y a profondeur, distance et subtilité.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>Parfois nous entendons parler de la boddhéité en suivant de bons conseillers, et parfois en suivant les sutras. Le point de départ, le sens de ces enseignements est <i>&laquo;&nbsp;ne pas faire le mal.&nbsp;&raquo;</i> Si cela n&rsquo;est pas ainsi, ce n&rsquo;est pas le véritable Dharma de Bouddha mais un enseignement de démons hérétiques. Rappelons-nous donc constamment qu’un enseignement qui nous inspire de &laquo;&nbsp;<i>ne pas faire le mal</i>&nbsp;&raquo; est le véritable Dharma du Bouddha. Cet enseignement de &laquo;&nbsp;<i>ne pas faire le mal</i>&nbsp;&raquo; n’est pas l’affaire de l’homme du commun : il n&rsquo;a pas été commencé intentionnellement, puis protégé intentionnellement dans sa forme présente par l&rsquo;homme du commun ; lorsque nous entendons au contraire un enseignement issu naturellement de l&rsquo;éveil, c’est ce qu’il doit nous évoquer.</p>
<p>Ce qui nous évoque cela est simplement un discours issu de l&rsquo;éveil prenant forme en mots. Il s&rsquo;agit déjà de l&rsquo;enseignement de l&rsquo;éveil, il enseigne la vérité. Lorsqu&rsquo;il devient l&rsquo;enseignement de la vérité, lorsqu’en l&rsquo;entendant nous sommes transformés, nous espérons spontanément &laquo;&nbsp;<i>ne pas faire le mal&nbsp;&raquo;</i>, nous tâchons d&rsquo;agir en suivant &laquo;&nbsp;<i>ne pas faire le mal</i>&nbsp;&raquo; et le mal n&rsquo;est pas commis; dans ce cas le pouvoir de la pratique est réalisé instantanément.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>Cette réalisation survient à l&rsquo;échelle de la terre entière, du monde entier, de l&rsquo;ensemble du temps, et de la totalité du Dharma. Et l&rsquo;échelle de cette réalisation totale est l&rsquo;échelle de <em>ne pas commettre le mal</em>. Pour les personnes qui sont établies dans cette réalité, au moment même de cette réalité &#8211; même s’ils habitent dans un endroit précis et se rendent à un endroit où ils commettent le mal, même s&rsquo;ils font face à des circonstances dans lesquelles ils pourraient commettre le mal, et même s&rsquo;ils semblent s&rsquo;associer à des personnes qui commettent le mal &#8211; en réalité aucun mal ne peut jamais être commis.</p>
<p>Le pouvoir de <em>ne pas commettre le mal</em> est réalisé, ainsi les mauvaises actions ne peuvent surgir en tant que telles car il leur manque le socle sur lequel elles pourraient se déployer. Il existe une vérité bouddhiste qui dit de saisir à un certain moment, et de lâcher prise à un autre moment.  A ce moment exact, la vérité est connue que le mal n&rsquo;entrave aucune personne, et la vérité est clarifiée qu&rsquo;une personne ne détruit pas le mal. Lorsque nous dévouons complètement notre esprit à la pratique, notre corps entier à la pratique, la réalisation de quatre-vingts ou quatre-vingt-dix pour cent de <em>ne pas commettre le mal</em> surgit déjà juste avant ce moment par le pouvoir de Kannon, et dès lors le fait de <em>ne pas commettre le mal</em> est déployé.</p>
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<p>Lorsque nous pratiquons en mobilisant totalement notre corps-esprit et en mobilisant complètement le corps-esprit d&rsquo;autrui, le pouvoir de pratiquer avec les quatre éléments et les cinq agrégats est réalisé d&rsquo;un seul coup; mais les quatre éléments et les cinq agrégats ne souillent pas le moi. Toutes choses, même les quatre éléments et les cinq agrégats actuels, continuent d&rsquo;être pratiquées, les pouvoirs des quatre éléments et des cinq agrégats se réalisent dans la pratique du moment présent.</p>
<p>Lorsque nous convoquons même les montagnes, les rivières et la terre, et la terre le soleil, la lune et les étoiles à pratiquer avec nous, les montagnes, les rivières, la terre, le soleil, la lune et les étoiles à leur tour soutiennent notre pratique. Il ne s&rsquo;agit pas d&rsquo;un instant vu une fois pour toute, ce sont les visions justes de tous les temps. Parce que tous les moments dans lesquels la vision juste est présente est l’œil du Bouddha, ils amènent les Bouddhas et les Patriarches à pratiquer, les induisent à écouter les enseignements et leur font expérimenter l&rsquo;éveil. Les Bouddhas et les  Patriarches n&rsquo;ont jamais souillé les enseignements, la pratique et l&rsquo;expérience de l’éveil, de sorte que les enseignements, la pratique et l&rsquo;expérience de l’éveil n&rsquo;ont jamais altéré les Bouddhas et Patriarches.</p>
<p>Pour cette raison, lorsque les enseignements, la pratique et l&rsquo;expérience de l’éveil amènent les Patriarches Bouddhistes à pratiquer, il n&rsquo;y a aucun Bouddha ni aucun Patriarche qui y échappe, que ce soit avant ou après ce moment, dans le passé, le présent ou le futur.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>Lorsque nous marchons, nous nous tenons debout, sommes assis, nous couchons au cours de la journée, nous devrions considérer attentivement le fait que lorsque des êtres vivants deviennent des Bouddhas et des Patriarches, nous devenons nous-mêmes Bouddhas et Patriarches Bouddhistes, même si cela n&rsquo;altère pas la condition d&rsquo;un Patriarche Bouddhiste qui a toujours été notre demeure.</p>
<p>En devenant un patriarche bouddhiste nous-mêmes, nous ne détruisons pas les êtres vivants, nous ne nous défaisons pas de cette condition, et nous ne la perdons pas, néanmoins nous en sommes dépouillés. Nous entraînons le bien et le mal, la cause et l&rsquo;effet à pratiquer, pour autant cela ne signifie pas que nous dérangions ni que nous produisions intentionnellement cause et effet. La cause et l&rsquo;effet eux-mêmes entrent dans notre pratique simultanément.</p>
<p>L’état dans lequel les caractéristiques originelles de la cause et de l&rsquo;effet sont déjà devenues évidentes est <i>ne pas commettre le mal</i>, qui est la non-apparition, l&rsquo;état inconsistant, sans confusion et sans abandon, parce que le corps-esprit s’est déjà effacé.</p>
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<p>Lorsque nous les étudions ainsi, les mauvaises actions sont réalisées comme si elles étaient devenues complètement identiques à <i>ne pas commettre le mal</i>. Avec le secours de cette réalisation, nous pouvons pénétrer profondément <i>ne pas commettre le mal</i>, nous pouvons l&rsquo;actualiser fermement par l&rsquo;assise. Exactement dans cet instant &#8211; lorsque la réalité est accomplie en tant que <i>ne pas commettre le mal</i> au début au milieu et à la fin &#8211; les mauvaises actions ne surgissent plus des causes et des conditions; elles ne sont autres que <i>ne pas commettre le mal</i>.</p>
<p>Si les mauvaises actions sont en équilibre, tous les phénomènes sont en équilibre. Quiconque reconnaît que les mauvaises actions surgissent des causes et des conditions, mais ne voit pas que ces causes et conditions sont elles-mêmes en réalité <i>ne pas commettre le mal</i>, est une personne pitoyable. Les semences de la boddhéité surgissent des conditions, et ceci étant, les conditions surgissent des semences de la boddhéité. Cela ne signifie pas que les mauvaises actions n&rsquo;existent pas; mais elles ne sont rien d&rsquo;autre que <i>ne pas commettre le mal</i>. Cela ne signifie pas que les mauvaises actions existent; mais elles ne sont rien d&rsquo;autre que <i>ne pas commettre le mal</i>.</p>
<p>Les mauvaises actions ne sont pas immatérielles; elles sont <i>ne pas commettre le mal</i>. Les mauvaises actions ne sont pas matérielles; elles sont <i>ne pas commettre le mal</i>. Les mauvaises actions ne sont pas &laquo;&nbsp;<i>ne pas commettre&nbsp;&raquo;</i> ; elles ne sont rien d&rsquo;autre que ne pas commettre le mal.</p>
<p>De la même manière par exemple les pins printaniers ne sont ni non-existence ni existence, ils sont <i>ne pas commettre le mal</i>. Un chrysanthème automnal n&rsquo;est ni non-existence ni existence; il est <i>ne pas commettre le mal</i>. Les Bouddhas ne sont ni existence ni non-existence; ils sont <i>ne pas commettre le mal</i>. Des choses telles qu&rsquo;un pilier de soutènement, une lanterne de pierre, un fouet ou une canne ne sont ni existences ni non-existence; ils sont <i>ne pas commettre le mal</i>. Le moi n&rsquo;est ni existence ni non-existence; il est <i>ne pas commettre le mal</i>. Pratiquer ainsi est se conformer à l&rsquo;univers réalisé et est en soi la réalisation universelle &#8211; que l&rsquo;on considère cela du point de vue du sujet ou du point de vue de l&rsquo;objet.</p>
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<p>Lorsque l&rsquo;éveil est apparu ainsi, même le regret concernant &laquo;&nbsp;<i>j&rsquo;ai commis ce qui n&rsquo;a pas été commis</i>&nbsp;&raquo; n&rsquo;est rien d&rsquo;autre qu&rsquo;une énergie surgie de l&rsquo;effort de ne pas commettre le mal. Cependant prétendre dans ce cas que, puisque ne pas commettre le mal est ainsi, nous pouvons délibérément nous permettre de commettre de mauvaises actions, est comme marcher vers le nord en espérant arriver dans une province du sud.</p>
<p>La relation entre les mauvaises actions et <em>ne pas commettre le mal</em> n&rsquo;est pas seulement comme &laquo;&nbsp;<i>un puits regardant un âne&nbsp;&raquo;</i>; c&rsquo;est le puits regardant le puits, L&rsquo;âne regardant l&rsquo;âne, un être humain regardant un autre être humain, une montagne regardant une montagne. Parce qu&rsquo;il y a &laquo;&nbsp;<i>enseignement de ce principe d&rsquo;accord mutuel&nbsp;&raquo;</i>, les mauvaises actions sont <em>ne pas commettre le mal</em>.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p><i>Le corps authentique du Dharma du Bouddha</i></p>
<p><i>Est simplement comme l&rsquo;espace.</i></p>
<p><i>Il manifeste sa forme en harmonie avec toute chose,</i></p>
<p><i>Tout comme la lune se reflète dans l&rsquo;eau.</i></p>
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<p>Parce que <i>ne pas commettre le mal</i> est <i>en harmonie avec toute chose</i>, <i>ne pas commettre le mal</i> manifeste sa forme. &laquo;&nbsp;<i>Il est simplement comme l&rsquo;espace&nbsp;&raquo;</i>: c&rsquo;est comme frapper dans ses mains à gauche et frapper dans ses mains à droite. &laquo;&nbsp;<i>Il est comme la lune reflétée dans l&rsquo;eau&nbsp;&raquo;</i>: et l&rsquo;eau est envahie par la lune. De tels exemples de <i>ne pas commettre le mal</i> sont l&rsquo;actualisation de la réalité et nous ne devrions jamais en douter.</p>
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<p>&laquo;&nbsp;<i>Pratiquer toutes les formes de bien.&nbsp;&raquo;</i></p>
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<p>Parmi les trois propriétés, toutes les formes de bien correspondent à <i>la justesse</i>. Bien que toutes les formes de bien soient incluses dans &laquo;&nbsp;<i>la justesse&nbsp;&raquo;</i>, aucune forme de bien n&rsquo;a été réalisée préalablement à ce que quelqu&rsquo;un l&rsquo;accomplisse. Aucune forme de bien ne manque d&rsquo;apparaître exactement au moment même de l&rsquo;action juste. La multitude des formes de bien n’ont pas de contours définis, mais convergent vers l&rsquo;action juste plus vite que le fer vers l&rsquo;aimant, avec une force plus grande que les vents d&rsquo;une tornade.</p>
<p>Il est totalement impossible pour la Terre, les montagnes et les rivières, le monde ou même la force du karma accumulé, d&rsquo;échapper à leur fusion dans le bien. Le principe selon lequel, concernant le bien, ces définitions diffèrent selon le monde est le même que concernant le mal. Ce qui peut être reconnu en tant que juste est appelé juste, si bien que c&rsquo;est <i>comme la manière dont les Bouddhas des trois temps enseignent le Dharma</i>.</p>
<p>La similarité en est que leur enseignement du Dharma, lorsqu&rsquo;ils sont présents dans un monde particulier, est seulement temporel. Parce que le cours de leur vie et leur corps limité se sont continuellement appuyés totalement sur le moment présent, ils <i>enseignent le Dharma qui est sans distinction</i>. De sorte que c&rsquo;est comme la situation selon laquelle le bien en tant que caractéristique d&rsquo;une pratique dévote et le bien en tant que caractéristique de la pratique du Dharma, bien qu&rsquo;étant très éloignés l&rsquo;un de l&rsquo;autre, ne sont pas différents. Ou bien par exemple, c&rsquo;est comme si les préceptes protégés par un auditeur correspondaient aux préceptes violés par un bodhisattva.</p>
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<p>Les nombreuses formes de bien ne surgissent pas des causes et des conditions; elles ne disparaissent pas en fonction des causes et des conditions. Les nombreuses formes de bien sont des phénomènes réels, mais ces phénomènes ne sont pas les nombreuses formes de bien. Les causes et les conditions, apparaissant et disparaissant, et les nombreuses formes de bien sont semblables dans le fait que, si elles sont correctes au départ, elles sont correctes à la fin. Les nombreuses formes de bien sont <i>faire le bien</i>, mais elles ne sont ni la personne agissante, ni connues par la personne agissante, ne sont ni autrui ni connues par autrui.</p>
<p>Etant donné que la connaissance et la vision de soi et d&rsquo;autrui consiste à savoir et voir qu&rsquo;il y a soi et qu&rsquo;il y a autrui, la vision éveillée existe donc dans la lumière et dans l’obscurité. Ceci en soi est <i>faire le bien</i>. À ce moment exact de <i>faire le bien</i> l&rsquo;univers réalisé existe, mais ce n&rsquo;est ni créé par l&rsquo;Univers, ni l&rsquo;existence éternelle de l&rsquo;Univers. Comment pourrions-nous donc l&rsquo;appeler <i>pratique originelle?</i></p>
<p>Accomplir les actions justes est <i>faire le bien</i>, mais ce n&rsquo;est pas quelque chose qui peut être saisi intellectuellement. <i>Faire le bien</i> dans le présent est la vision juste au-delà de toute considération intellectuelle. La vision juste n&rsquo;est pas réalisée dans le but d&rsquo;appréhender le Dharma intellectuellement. La considération à partir de la vision juste n&rsquo;est jamais la même que par un autre biais.</p>
<p>Les nombreuses formes de bien sont au-delà de l&rsquo;existence de la non-existence, de la matière et de l&rsquo;immatériel, et ainsi de suite; elles ne sont rien d&rsquo;autre que <i>faire le bien</i>.</p>
<p>Où et quand qu&rsquo;elles soient réalisées, elles sont sans exception <i>faire le bien</i>. Ce <i>faire le bien</i> inclut inévitablement la réalisation de nombreuses sortes d&rsquo;actions justes.</p>
<p>La réalisation de <i>faire le bien</i> est l&rsquo;Univers lui-même, mais est au-delà de l&rsquo;apparition et de la disparition , au-delà des causes et des conditions. Entrer, rester, partir et toutes les autres sortes de <em>faire le bien</em> sont également ainsi. À l&rsquo;endroit où nous sommes déjà en train de réaliser, en tant que <em>faire le bien</em>, une simple action juste parmi toutes les sortes d&rsquo;actions justes, le Dharma entier, le Corps complet du Bouddha, la Terre Pure, sont actualisés en tant que <em>faire le bien</em>.</p>
<p>La cause et l&rsquo;effet de cette action juste, de la même manière, est l&rsquo;Univers entier en tant que réalisation de <i>faire le bien</i>. Ce n&rsquo;est pas que les causes soient antérieures et les effets postérieurs. Mais plutôt que les causes se satisfont parfaitement à elles-mêmes et que les effets se satisfont parfaitement à eux-mêmes; lorsque les causes sont en équilibre le Dharma est en équilibre et lorsque les effets sont en équilibre le Dharma est en équilibre. Déclenchés par les causes, on ressent les effets, mais il ne s&rsquo;agit pas d&rsquo;un avant et un après; car la vérité manifeste est que le moment précédent et le moment suivant sont en équilibre tel qu&rsquo;ils sont.</p>
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<p>La signification de &laquo;&nbsp;<em>purifie naturellement l&rsquo;esprit</em>&nbsp;&raquo; est la suivante: ce qui est naturel est de <em>ne pas commettre le mal</em>, et ce qui purifie est de <em>ne pas commettre le mal</em>. La réalité est naturelle et l&rsquo;esprit est naturel. La réalité est <em>ne pas commettre le mal</em> l&rsquo;esprit est <em>ne pas commettre le mal</em>. L&rsquo;esprit est <em>faire le bien</em>, ce qui purifie est<em> faire le bien</em>, la réalité est <em>faire le bien</em> et ce qui est naturel est <em>faire le bien</em>. C&rsquo;est pourquoi il est dit que cela est l&rsquo;enseignement des Bouddhas.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>Ceux qui sont appelés Bouddhas sont, dans certains cas, des dieux comme Shiva, mais il y a des similarités et des différences mêmes parmi les dieux, et tous les dieux ne sont pas des Bouddhas. Dans certains cas les Bouddhas sont comme des rois qui font tourner la roue du Dharma, mais tous les rois qui font tourner la roue du Dharma ne sont pas des Bouddhas.</p>
<p>Nous devons considérer ces choses et nous atteler à la pratique. Si nous n&rsquo;apprenons pas comment devraient être les Bouddhas, même s&rsquo;il semble que nous endurions des difficultés en vain, nous sommes pareils à des êtres ordinaires acceptant la souffrance; nous ne pratiquons pas la vérité du Bouddha. <em>Ne pas commettre le mal</em> et <em>faire le bien</em> sont <i>&laquo;&nbsp;Avant même que disparaisse l&rsquo;affaire de l&rsquo;âne, l&rsquo;affaire du cheval apparaît</i>.&nbsp;&raquo;</p>
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<p>Haku Kyo-i de la Chine des Tang fut un disciple laïc du Maître Zen Bukko Nyoman, et un disciple de seconde génération du Maître Zen Kozei Daijaku (Baso). Lorsqu’il était gouverneur du district de Hangzhou il pratiqua dans la sangha du Maître Zen Choka Dorin. Dans l’histoire qui suit Kyo-i demanda tout d’abord « <i>Quelle est la grande intention du Dharma du Bouddha</i> ? »</p>
<p>Dorin dit: &laquo;&nbsp;<i>Ne pas commettre le mal. Pratiquer toutes les formes de bien</i>.&nbsp;&raquo;</p>
<p>Kyo-i dit: &laquo;&nbsp;<i>S&rsquo;il en est ainsi, même un enfant de trois ans peut l&rsquo;exprimer!&nbsp;&raquo;</i></p>
<p>Dorin dit: &laquo;&nbsp;<i>Un enfant de trois ans peut dire la vérité, mais un vieillard de quatre-vingts ans peut ne pas la pratiquer.&nbsp;&raquo;</i></p>
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<p>Instruit de la sorte, Kyo-i se prosterna en remerciement puis partit.</p>
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<p>Kyo-i, bien que descendant du Shogun Haku, est un magicien de la poésie comme on en croise rarement à travers les siècles. Les gens le rangent parmi les 24 grands hommes de lettres. Il porte le nom de Manjusri, ou celui de Maitreya. Il n&rsquo;est nul qui soit opaque aux sentiments véhiculés par ses poèmes et nul ne manque de rendre hommage à son autorité dans le monde littéraire.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>Néanmoins dans le Bouddhisme il fut un débutant et un pratiquant tardif. De plus il semble bien qu&rsquo;il n&rsquo;ait jamais saisi ce point de &laquo;&nbsp;<i>Ne pas faire le mal. Pratiquer toutes les formes de bien&nbsp;&raquo;</i>, pas même en rêve.</p>
<p>Kyo-i pense que Dorin lui enjoint seulement de &laquo;&nbsp;<i>Ne pas commettre le mal! Pratiquer toutes les formes de bien!&nbsp;&raquo; </i>comme la formulation d&rsquo;un but conscient. Donc il ne connaît ni n’entend la vérité vénérée à travers les âges de l&rsquo;enseignement de <i>ne pas commettre le mal</i>, <i>d&rsquo;accomplir toutes les formes de bien, </i>qui a fondé le Bouddhisme depuis l&rsquo;éternel passé jusqu&rsquo;au présent éternel.</p>
<p>Il n&rsquo;a même pas posé un pied dans le champ du Dharma de Bouddha. Il ne possède pas le pouvoir du Dharma du Bouddha, c&rsquo;est pourquoi il parla ainsi. Bien que nous mettions en garde contre l&rsquo;accomplissement intentionnel du mal, et bien que nous encouragions la pratique délibérée de bonnes actions, cela devrait en réalité être <i>ne pas commettre le mal</i>.</p>
<p>En général le Dharma du Bouddha est constant, qu&rsquo;il soit entendu pour la première fois dans la bouche d&rsquo;un bon conseiller, ou qu&rsquo;il soit expérimenté dans la réalisation de l&rsquo;éveil. Ceci est appelé <i>correct au départ, correct à la fin</i>, ou encore <i>la cause merveilleuse et l&rsquo;effet merveilleux</i>, ou bien encore <i>la cause bouddhiste et l&rsquo;effet bouddhiste</i>. La cause et l&rsquo;effet dans le bouddhisme sont au-delà des discussions théoriques.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>Ceci étant, sans cause bouddhiste, nul ne peut expérimenter l&rsquo;effet bouddhiste. Précisément parce que Dorin enseigne cette vérité, il possède le Dharma du Bouddha. Même si une myriade de mauvaises actions se répandaient dans tout l&rsquo;univers, et même si une montagne de mauvaises actions aspiraient le Dharma tout entier, il y aurait encore salvation et libération en <i>ne commettant pas le mal</i>.</p>
<p>Parce que toutes les formes de bien sont <i>correctes au départ, au milieu et la fin,</i> &laquo;&nbsp;<i>faire le bien</i>&nbsp;&raquo; est réaliser la nature, la forme, le corps, l&rsquo;énergie <i>tels qu&rsquo;ils sont</i>.</p>
<p>Kyo-i n&rsquo;a jamais foulé ces traces, c&rsquo;est pourquoi il dit: &laquo;&nbsp;<i>Même un enfant de trois ans pourrait l&rsquo;exprimer!&nbsp;&raquo;.</i> Il parle ainsi sans être réellement capable de manifester la moindre expression de la vérité. Comme tu es pitoyable, Kyo-i. Que dis-tu simplement? N&rsquo;as-tu jamais entendu parler d&rsquo;héritage du Bouddha ? Connais-tu vraiment ou non un enfant de trois ans? Connais-tu ou non un nouveau-né? Quelqu&rsquo;un qui connaît un enfant de trois ans doit aussi connaître les Bouddhas des trois temps.</p>
<p>Ne pensez pas qu&rsquo;avoir rencontré la vérité face à face revient à la connaître. Ne pensez pas que sans avoir rencontré la vérité face à face on ne peut la connaître. Quiconque est parvenu à connaître une seule particule connaît l&rsquo;univers entier, et quiconque a pénétré réellement un seul phénomène a pénétré la multitude des phénomènes.</p>
<p>Quelqu&rsquo;un qui n&rsquo;a pas pénétré la multitude des phénomènes n&rsquo;a pénétré aucun phénomène réel. Lorsque les étudiants ont pénétré complètement la réalité des phénomènes, ils voient la myriade des phénomènes dans leur réalité; c&rsquo;est pourquoi ceux qui étudient une simple particule apprennent inévitablement à connaître l&rsquo;univers entier. Penser qu&rsquo;un enfant de trois ans ne peut pas prêcher le Dharma du Bouddha, et penser que ce que dit un enfant de trois ans doit forcément être facile, est tout à fait stupide. Tout simplement parce que clarifier la vie et la mort est le grand dessein des bouddhistes.</p>
<p>Un maître ancien a dit: &laquo;&nbsp;<i>Dès votre naissance vous avez reçu votre part du rugissement du lion.&nbsp;&raquo;</i> : &laquo;&nbsp;<i>Une part du rugissement du lion</i>&nbsp;&raquo; désigne la vertu du Thatagata de faire tourner la roue du Dharma. Un autre maître ancien a dit: &laquo;&nbsp;<i>Vie et mort, apparition et disparition sont le corps humain véritable.&nbsp;&raquo;</i></p>
<p>Ainsi clarifier le corps véritable et avoir la vertu du rugissement du lion est authentiquement la grande affaire, ce qui ne peut jamais être facile à pratiquer. Pour cette raison, clarifier les motivations et les actions d&rsquo;un enfant de trois ans sont également la grande affaire. Bien qu&rsquo;il y ait des différences entre les actions et les motivations des Bouddhas des trois temps et celle des enfants; c&rsquo;est pourquoi Kyo-i, confit dans son ignorance, n&rsquo;a jamais été en mesure d&rsquo;entendre un enfant de trois ans prêcher la vérité, et c&rsquo;est pourquoi, ne suspectant pas même l&rsquo;existence d&rsquo;un tel prêche, il parle ainsi.</p>
<p>Il n&rsquo;entend aucunement la voix de Dorin, pourtant plus vivante que le tonnerre, et donc il dit: &laquo;&nbsp;<i>Même un enfant de trois ans pourrait l&rsquo;exprimer!&nbsp;&raquo;</i> Comme si Maître Dorin lui-même n&rsquo;avait exprimé aucune vérité dans ses mots. Donc Kyo-i n&rsquo;entend pas le rugissement de lion d&rsquo;un enfant, et passe vainement à côté d&rsquo;un véritable Maître Zen qui fait tourner la roue du Dharma.</p>
<p>Le Maître Zen, incapable de contenir sa compassion, continue pourtant: &laquo;&nbsp;<i>Un enfant de trois ans peut dire la vérité, mais un vieillard de quatre-vingts peut ne pas la pratiquer.&nbsp;&raquo; </i>Voici ce qu&rsquo;il exprimait ainsi: &laquo;&nbsp;<i>Un enfant de trois ans possède des mots qui expriment la vérité, et que vous devriez étudier sérieusement. Des vieillards de quatre-vingts ans disent: &laquo;&nbsp;Je ne peux pas pratiquer cela&nbsp;&raquo;, et vous devriez y réfléchir attentivement. Je vous laisse le soin de décider si oui ou non un enfant enseigne la vérité, mais je ne laisse pas l&rsquo;enfant décider de la vérité. Je vous laisse le soin de décider si un vieillard peut pratiquer, mais je ne laisse pas le vieillard décider de la vérité.&nbsp;&raquo;</i></p>
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<p>Voilà le principe fondamental qu&rsquo;il nous faut poursuivre et enseigner, afin d&rsquo;honorer ainsi le Dharma du Bouddha.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p style="text-align: center;"><div class='chapitres_conteneur_sommaire' id='chapitres_conteneur_sommaire1'><div class='chapitres_infos_livre' id='chapitres_infos_livre1'><h2 class='chapitres_titre_livre' id='chapitres_titre_livre1'>SHOBOGENZO</h2><h4 class='chapitres_resume_livre' id='chapitres_resume_livre1'>Traduction Française du Shobogenzo, œuvre majeure de Maître Dogen.</h4></div><div class='chapitres_sommaire_livre' id='chapitres_sommaire_livre1'><ol><li><a href='http://zensotoreims.fr/bendowa/'>BENDOWA</a></li><li><a href='http://zensotoreims.fr/maka-hannya-haramitsu/'>MAKA HANNYA HARAMITSU</a></li><li><a href='http://zensotoreims.fr/genjo-koan/'>GENJO KOAN</a></li><li><a href='http://zensotoreims.fr/ikka-no-myoju/'>IKKA NO MYOJU</a></li><li><a href='http://zensotoreims.fr/ju-undo-shiki/'>JU UNDO SHIKI</a></li><li><a href='http://zensotoreims.fr/soku-shin-ze-butsu/'>SOKU SHIN ZE BUTSU</a></li><li><a href='http://zensotoreims.fr/senjo/'>SENJO</a></li><li><a href='http://zensotoreims.fr/raihai-tokuzui/'>RAIHAI TOKUZUI</a></li><li><a href='http://zensotoreims.fr/keisei-sanshiki/'>KEISEI SANSHIKI</a></li><li><a href='http://zensotoreims.fr/shoaku-makusa/'>SHOAKU MAKUSA</a></li><li><a href='http://zensotoreims.fr/uji/'>UJI</a></li></ol></div></div></p>
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		<title>KEISEI SANSHIKI</title>
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		<pubDate>Thu, 19 Sep 2013 19:08:40 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[Fabrice SEVERIN]]></dc:creator>
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		<description><![CDATA[Maître Dogen nous fait découvrir ici des exemples célèbres de Maîtres qui ont réalisé l'éveil en rencontrant profondément un phénomène extérieur. Tout à coup tous les doutes sont tranchés, et la Vérité apparaît clairement.]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: center;"><div class='chapitres_conteneur_sommaire' id='chapitres_conteneur_sommaire1'><div class='chapitres_infos_livre' id='chapitres_infos_livre1'><h2 class='chapitres_titre_livre' id='chapitres_titre_livre1'>SHOBOGENZO</h2><h4 class='chapitres_resume_livre' id='chapitres_resume_livre1'>Traduction Française du Shobogenzo, œuvre majeure de Maître Dogen.</h4></div><div class='chapitres_sommaire_livre' id='chapitres_sommaire_livre1'><ol><li><a href='http://zensotoreims.fr/bendowa/'>BENDOWA</a></li><li><a href='http://zensotoreims.fr/maka-hannya-haramitsu/'>MAKA HANNYA HARAMITSU</a></li><li><a href='http://zensotoreims.fr/genjo-koan/'>GENJO KOAN</a></li><li><a href='http://zensotoreims.fr/ikka-no-myoju/'>IKKA NO MYOJU</a></li><li><a href='http://zensotoreims.fr/ju-undo-shiki/'>JU UNDO SHIKI</a></li><li><a href='http://zensotoreims.fr/soku-shin-ze-butsu/'>SOKU SHIN ZE BUTSU</a></li><li><a href='http://zensotoreims.fr/senjo/'>SENJO</a></li><li><a href='http://zensotoreims.fr/raihai-tokuzui/'>RAIHAI TOKUZUI</a></li><li><a href='http://zensotoreims.fr/keisei-sanshiki/'>KEISEI SANSHIKI</a></li><li><a href='http://zensotoreims.fr/shoaku-makusa/'>SHOAKU MAKUSA</a></li><li><a href='http://zensotoreims.fr/uji/'>UJI</a></li></ol></div></div></p>
<blockquote><p>L&rsquo;enseignement du Bouddha, et le <strong>zen</strong>, sont au-delà du langage.</p>
<p><strong>Maître Dogen </strong>parcourt dans ce chapitre des exemples illustres de Maîtres zen qui se sont éveillés par &laquo;&nbsp;la voix de la Vallée&nbsp;&raquo;, c&rsquo;est-à-dire la rencontre de la <strong>dimension absolue à travers les phénomènes</strong>.</p>
<p>Certains s&rsquo;éveillent en contemplant la nature, d&rsquo;autres une fleur, d&rsquo;autres encore par un son, ou un choc physique. L&rsquo;important finalement ici, c&rsquo;est que <strong>toutes les existences nous enseignent</strong>.</p></blockquote>
<p>&nbsp;</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>Nombreux, dans l&rsquo;état d&rsquo;éveil suprême, furent les patriarches bouddhistes qui transmirent la vérité et reçurent l&rsquo;attitude juste, et les exemples des ancêtres passés qui réduisirent leurs os en poudre ne peuvent être déniés. Apprenons du patriarche ancestral qui se trancha le bras, et ne dévions pas même de l’épaisseur d&rsquo;un cheveu du bodhisattva qui recouvrit la boue.</p>
<p>Lorsque chacun de nous se dépouille de sa coque, nous ne sommes plus restreints ni par nos conceptions anciennes ni par notre compréhension, et ce qui était demeuré confus depuis de vastes kalpas apparaît soudain clairement devant nous. Dans l&rsquo;ici maintenant d&rsquo;un tel moment, le soi ne le reconnaît pas, personne d&rsquo;autre n&rsquo;en est conscient, on ne s&rsquo;y attend pas, et même les yeux d&rsquo;un bouddha ne peuvent l&rsquo;entrevoir. Comment alors l&rsquo;entendement humain pourrait-il le sonder?</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>Dans le grand royaume de Chine vivait jadis le laïc Toba, dont le nom était Soshoku, et que l&rsquo;on appelait Shisen. Il semble avoir été un véritable dragon dans le monde littéraire, et il étudia les dragons et les éléphants du monde bouddhiste. Il nageait avec joie dans les profondeurs, et naviguait à l&rsquo;aise parmi les nuages.</p>
<p>Un jour il se rendit dans la province de Lushan. L&rsquo;histoire raconte qu&rsquo;il entendit le son d&rsquo;un torrent de montagne au cours de la nuit, et qu&rsquo;il réalisa la vérité. Il écrivit alors le poème suivant, et le présenta au Maître Zen Joso:</p>
<p><i>Les voix du torrent de la vallée sont la longue et large langue du Bouddha,</i></p>
<p><i>La forme des montagnes n&rsquo;est autre que son corps pur tout entier.</i></p>
<p><i>Durant la nuit, 84 000 versets.</i></p>
<p><i>Comment puis-je l&rsquo;enseigner aux autres?</i></p>
<p>&nbsp;</p>
<p>Lorsqu&rsquo;il présenta ce poème au Maître Zen Joso, celui-ci le certifia. Joso était le successeur dans le Dharma du Maître Zen Oryu Enan, lui-même successeur du Maître Zen Jimyo Soen.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>Un jour, lorsque le laïc Toba rencontra le Maître Zen Butsu-in Ryogen, ce dernier lui offrit un kesa, les préceptes bouddhistes, et ainsi de suite, et le laïc portait toujours son kesa pour pratiquer la vérité. Les gens ordinaires d&rsquo;alors disaient:&nbsp;&raquo; <i>Leur comportement est hors du commun</i>.&nbsp;&raquo;</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>Aussi, cette histoire de réalisation de la vérité en entendant le torrent de la vallée, pourrait également bénéficier à ceux qui entrent plus tardivement dans la Voie. Il est bien dommage que trop souvent la forme concrète de l&rsquo;enseignement, à savoir enseigner le Dharma par la manifestation du Corps, semble s&rsquo;être perdue de nos jours.</p>
<p>Qu&rsquo;est-ce qui a permis au laïc Toba de voir différemment la forme des montagnes et d&rsquo;entendre la voix du torrent de la vallée? Une simple phrase ? La moitié d&rsquo;une phrase? Ou 84 000 versets? C&rsquo;est une honte que les sons et les formes puissent nous cacher les montagnes et les rivières. Mais nous devrions être heureux qu&rsquo;il y ait des moments où parmi les causes et les conditions les sons et les formes de la réalité se révèlent dans les montagnes et les rivières.</p>
<p>Les manifestations de la langue du Bouddha ne faiblissent jamais. Comment la forme du corps du Dharma pourrait-elle exister et s&rsquo;évanouir? Dans le même temps, devrions-nous considérer qu&rsquo;elles sont proches lorsqu&rsquo;elles sont apparentes, ou lorsqu&rsquo;elles sont cachées? Devrions-nous les considérer comme une unité, ou comme la moitié de la vérité?</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>Durant les printemps et les automnes précédents, le laïc Toba n&rsquo;avait jamais vu les montagnes ni entendu les torrents, mais soudain au cours de la nuit, il en devint justement capable. Les bodhisattvas actuels qui poursuivent la vérité devraient eux aussi ouvrir la porte en apprenant des montagnes et de l&rsquo;eau.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>Pendant la journée qui précéda la nuit durant laquelle ce laïc réalisa la vérité, il visita le Maître Zen Joso, et le questionna à propos d&rsquo;histoires concernant <i>l&rsquo;enseignement du Dharma par les existences insensibles</i> de Shokaku. D&rsquo;après les mots mêmes du Maître Zen, la forme de son roulé-boulé alors était encore immature ; cependant dès qu&rsquo;il entendit les voix du torrent de la vallée, les vagues s&rsquo;épuisèrent d&rsquo;elles-mêmes et le ressac se projeta jusqu&rsquo;au ciel.</p>
<p>Ceci étant, puisque les voix du torrent de la vallée ont surpris le laïc, devrions-nous leur imputer son éveil, ou l&rsquo;imputer à l&rsquo;influence de Shokaku? Je présume que les mots de Shokaku dans son chapitre sur <i>l&rsquo;enseignement du Dharma par les existences insensibles </i>n&rsquo;ont jamais cessé de faire écho dans l&rsquo;esprit de Toba, se mêlant secrètement dans la nuit au son du torrent de la montagne.</p>
<p>Qui peut définir empiriquement cette situation comme on le fait d&rsquo;une unité de mesure? Et qui peut y rendre hommage avec la révérence due à l&rsquo;océan tout entier? Et enfin, est-ce que le laïc réalise la vérité, ou est-ce que ce sont les montagnes et les rivières qui réalisent la vérité? Comment quiconque dont le regard est ouvert ne pourrait-il y voir la manifestation de la longue langue et du corps de pureté tout entier?</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>Un autre exemple:</p>
<p>Le Maître Zen Kyogen Chikan poursuivait la vérité dans la communauté du Maître Zen Dai-i Dai-en. Un jour Dai-i dit: &nbsp;&raquo; <i>Vous êtes vif et brillant, et votre compréhension est large. Sans citer aucun texte ni commentaire, dites-moi une phrase sur ce que vous étiez avant que vos parents soient nés</i>.&nbsp;&raquo; Kyogen cherche plusieurs fois quelque chose à dire, mais n&rsquo;en est pas capable. Il déplore profondément cette condition de son corps-esprit, compulse les livres qu&rsquo;il avait accumulés depuis des années, mais il demeure abasourdi.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>Il finit par brûler ses écrits et dit<i>:&nbsp;&raquo;Un gâteau de riz peint ne peut apaiser la faim. Je fais le serment de ne pas chercher la compréhension du Dharma du Bouddha durant cette vie. Je souhaite seulement être moine qui sert la soupe de riz et le repas du déjeuner.&nbsp;&raquo;</i></p>
<p>Après cela il passa en effet des années à servir les repas. Et tandis qu&rsquo;il occupait ainsi ses journées, il dit à Dai-i:</p>
<p>&laquo;&nbsp;<i>Le corps-esprit de Chikan est épais et impropre à exprimer la vérité. Le Maître consentirait-il à dire quelque chose pour moi?&nbsp;&raquo;</i></p>
<p>Dai-i répondit: &laquo;&nbsp;<i>Je ne vois pas d&rsquo;inconvénient à dire quelque chose pour toi, mais si je le fais, peut-être que tu m&rsquo;en voudras plus tard</i>.&nbsp;&raquo;</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>Après avoir passé des années ainsi, Chikan entra dans la montagne Buto-zan, suivant les traces du Maître National Daisho, et bâtit à son tour une hutte de chaume parmi les restes de l&rsquo;ermitage du Maître. Il planta des bambous et en fit ses compagnons.</p>
<p>Un jour, tandis qu&rsquo;il balayait le chemin, un morceau de tuile s&rsquo;envola et frappa un bambou. En entendant ce son, il réalisa soudain la vérité. Il prit un bain, se purifia et faisant face à la montagne Dai-i-zan, il brûla de l&rsquo;encens et se prosterna.</p>
<p>Puis, se rendant auprès du Maître Dai-i, il dit: &laquo;&nbsp;<i>Grand Maître Dai-i! Si vous me l&rsquo;aviez expliqué auparavant, comment une telle chose aurait-elle été possible? La profondeur de votre gentillesse surpasse celle de mes parents</i>.&nbsp;&raquo;</p>
<p>Finalement il écrivit ce poème:</p>
<p>&nbsp;</p>
<p><i>En un seul choc toutes mes connaissances s&rsquo;évanouirent</i></p>
<p><i>Je n&rsquo;ai plus besoin de me discipliner.</i></p>
<p><i>Mon comportement manifeste la voie des anciens,</i></p>
<p><i>Ne sombrant plus dans aucun abattement.</i></p>
<p><i>Il n&rsquo;y a aucune trace nulle part:</i></p>
<p><i>L&rsquo;Éveil est l&rsquo;action dignifiée au-delà du son et de la forme .</i></p>
<p><i>Partout ceux qui ont réalisé la vérité </i></p>
<p><i>Honorent tous ces oeuvres suprêmes. </i></p>
<p><i> </i></p>
<p>Il présenta ce poème à Dai-i, qui conclut: <i>&lsquo;Ce disciple est complet</i>.&rsquo;</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>Un autre exemple encore:</p>
<p>Le Maître Zen Reiun Shigon poursuivait la vérité depuis trente ans. Un jour qu&rsquo;il vagabondait dans les montagnes, il s&rsquo;arrêta pour se reposer au pied d&rsquo;une colline d&rsquo;où l&rsquo;on voyait au loin des villages. C&rsquo;était le printemps, les fleurs de pêcher étaient en pleine éclosion. Voyant cela, il réalisa soudain la vérité. Il composa alors le poème suivant qu&rsquo;il présenta à Dai-i:</p>
<p>&nbsp;</p>
<p><i>Depuis trente ans, un voyageur à la recherche d&rsquo;une épée.</i></p>
<p><i>Combien de fois les feuilles sont-elles tombées et les bourgeons ont-ils germé ?</i></p>
<p><i>Après un seul regard sur la floraison des pêchers,</i></p>
<p><i>Je suis arrivé à destination du présent et tous mes doutes sont dissipés.</i></p>
<p>&nbsp;</p>
<p>Dai-i dit: &laquo;&nbsp;<i>Quiconque est entré dans le courant en s&rsquo;appuyant sur les phénomènes ne connaîtra plus jamais l&rsquo;hésitation ni la régression</i>.&nbsp;&raquo; Voilà son affirmation.</p>
<p>Qui, étant entré dans le courant, ne pourrait s&rsquo;appuyer sur les phénomènes extérieurs? Quelle personne de la sorte en effet pourrait hésiter ou régresser? Les mots d&rsquo;Isan ne concernent pas seulement Shigon.</p>
<p>Finalement Shigon succéda à Dai-i dans le Dharma. Si la forme des montagnes n&rsquo;était pas elle-même le Corps Pur, comment de telles choses seraient-elles possibles?</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>Un moine demanda un jour au Maître Zen Chosa Keishin:</p>
<p>&laquo;&nbsp;<i>Comment faire en sorte que les montagnes, les rivières et la Terre soient en notre possession?&nbsp;&raquo;</i></p>
<p>Le Maître répondit:</p>
<p><i>&laquo;&nbsp;Comment faire en sorte que nous-mêmes soyions la possession des montagnes, les rivières et de la Terre?&nbsp;&raquo;</i></p>
<p>Ceci exprime le fait que nous sommes nous-mêmes naturellement nous-mêmes, et bien que nous soyions nous-mêmes les montagnes, les rivières, et la Terre, nous ne devons jamais être restreints par la possession.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>Le Maître Ekaku de Roya, dont le titre posthume était Grand Maître Kosho, est un descendant lointain de Nangaku. Un jour Shisen, un conférencier d&rsquo;une secte philosophique, lui demanda:</p>
<p>&laquo;&nbsp;<i>Comment l&rsquo;essence pure peut-elle faire soudain surgir les montagnes, les rivières et la Terre</i>?&nbsp;&raquo;</p>
<p>Ainsi questionné, le Maître enseigna:</p>
<p><i>&laquo;&nbsp;Comment l&rsquo;essence pure peut-elle faire soudain surgir les montagnes, les rivières et la Terre?&nbsp;&raquo; </i></p>
<p>Ceci nous indique de ne pas confondre les montagnes les rivières et la terre qui seraient seulement une pure essence avec &laquo;&nbsp;<i>les montagnes, les rivières et la terre</i>&nbsp;&raquo; dans leur réalité.</p>
<p>Cependant, parce que l&rsquo;homme qui lisait les soutras n&rsquo;avait jamais entendu cela même en rêve, il ne pouvait connaître les montagnes, les rivières et la Terre en tant que montagnes, rivières et Terre.</p>
<p>Souvenons-nous que si la forme des montagnes et la voix du torrent de la vallée n&rsquo;étaient pas elles-mêmes le Dharma, Shakyamuni faisant tourner une fleur entre ses doigts ne pourrait rien proclamer, et Maître Eka ayant réalisé la moelle ne pourrait seulement se prosterner.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>S&rsquo;appuyant sur la vertu des sons du torrent de la vallée et sur la forme des montagnes, la Terre et tous les êtres sensibles réalisent simultanément la Voie, et de nombreux bouddhas l&rsquo;ont réalisée en contemplant l&rsquo;étoile polaire.</p>
<p>Pareil à des sacs de peau, les maîtres sages du passé se maintenaient ainsi, et leur détermination à poursuivre le Dharma était très profonde. À notre époque aussi nous devrions suivre leurs traces sans faillir:  les pratiquants authentiques qui n&rsquo;ont que faire de la renommée et du gain devraient établir une telle résolution. De nos jours, dans ce pays, les personnes qui poursuivent sincèrement le Dharma du Bouddha sont très rares. Elles existent, mais il est difficile d&rsquo;en rencontrer.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>Beaucoup prennent la forme de moines, et semblent avoir quitté le monde, mais se servent seulement du bouddhisme comme d&rsquo;un tremplin vers la renommée et le gain. Il est pitoyable, et même lamentable qu&rsquo;elles ne s&rsquo;effraient pas du passage rapide du temps et se consacrent uniquement à leur sombre commerce. Quand pourront-elles espérer se libérer et atteindre la vérité?</p>
<p>Même si elles rencontraient un maître de la transmission authentique, il est probable qu&rsquo;elles n&rsquo;apprécieraient pas à sa juste valeur le dragon véritable.</p>
<p>Mon dernier maître, le Bouddha éternel (Nyojo), appelait de tels imposteurs &laquo;&nbsp;de méprisables personnes&nbsp;&raquo;.</p>
<p>Elles sont ainsi à cause du mal qu&rsquo;elles ont commis par le passé. Bien qu&rsquo;elles aient reçu forme humaine, elles n&rsquo;ont aucun désir de poursuivre le Dharma pour l&rsquo;amour du Dharma, et ainsi lorsqu&rsquo;elles rencontrent l&rsquo;authentique Dharma, elles en sont rejetées.</p>
<p>Leur corps, leur esprit, leurs os, leur chair n&rsquo;ont jamais vécu en suivant le Dharma, et elles ne sont pas en mutuelle harmonie avec lui; elles ne le reçoivent pas et n&rsquo;en usent pas.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>Les fondateurs de sectes,  certains enseignants et disciples ont longuement maintenu une telle transmission fallacieuse. Ils expliquent l&rsquo;esprit d&rsquo;éveil comme s&rsquo;il s&rsquo;agissait d&rsquo;un rêve défraîchi. Comme c’est pitoyable ! Etant nés sur la montagne du trésor, ils ne savent même pas de quel trésor il s&rsquo;agit, ils n&rsquo;en voient aucun. Comment pourraient-ils accéder au trésor du Dharma?</p>
<p>Après avoir établi l’esprit d’éveil, même lorsqu’ils traverseront le cycle des six stades et les quatre sortes de renaissance, les causes et les conditions de ce cycle deviendront les actions et les vœux de l’état d’éveil. C’est pourquoi, même après avoir gâché un temps précieux par le passé, ils devraient tant que leur vie présente le leur permet, et sans délai exprimer le vœu suivant :</p>
<p>« <i>Je souhaite, m’associant à tous les êtres vivants, que tous nous puissions entendre le Dharma authentique pendant cette vie et toutes celles qui suivront. Si je suis en mesure de l’entendre, je n’en douterai jamais, et je ne cesserai jamais d’y croire.  Lorsque je rencontre le véritable Dharma, je quitterai les règles du commun et recevrai et protègerai le Dharma du Bouddha de sorte que cette Terre et tous les êtres sensibles puissent finalement réaliser ensemble la vérité.</i> »</p>
<p>Si nous prononçons ce vœu, il deviendra naturellement la cause et les conditions pour l’établissement de l’esprit authentique. Ne négligez pas cette attitude, ne vous en lassez pas. Dans notre pays, ce Japon qui n’est qu’un petit coin perdu au-delà des océans, l’esprit de nos concitoyens est extrêmement borné. Depuis les temps anciens, aucun saint n’est né ici, ni aucun sage ainsi venu : inutile de dire que les véritables hommes de la Voie y sont très rares.</p>
<p>Lorsqu’une personne expose ce qu’est la poursuite de la vérité à des personne qui ne savent même pas de quoi il retourne, le bon conseil offense leurs oreilles, de sorte qu’ils ne réfléchissent pas à leur propre comportement, mais au contraire en prennent ombrage. Comme règle générale concernant les actions et les vœux de l’esprit d’éveil, nous devrions exclure l’intention d’informer les hommes du commun sur notre réalisation, ou sur le fait que nous pratiquons la vérité ; nous devrions nous efforcer de rester inconnus. Comment pourrions-nous a fortiori fanfaronner?</p>
<p>Etant donné que de nos jours bien peu recherchent la chose réelle, lorsque quiconque du commun se dispose à leur faire éloge, ils semblent désirer qu’on proclame haut et fort que leur pratique et leur compréhension se sont harmonisées, alors même que leur corps ne réalise aucune pratique, et leur esprit aucune réalisation. <i>« Ajouter des illusions aux illusions</i> » décrit clairement cette attitude. Nous devons absolument rejeter complètement cette erreur.</p>
<p>Lorsque nous poursuivons la vérité, ce qu’il est difficile de voir et d’entendre est une attitude juste de l’esprit fondée sur le Dharma authentique. L’attitude juste de l’esprit est le point transmis et reçu par les bouddhas, de bouddha à bouddha. Cela a été transmis et reçu comme lumière et esprit des Bouddhas. Depuis les temps où le Tathagata était de ce monde, jusqu’à nos jours, beaucoup ont apparemment considéré que notre préoccupation, en tant que chercheurs de la Voie, est la renommée et le gain.</p>
<p>Cependant, si après avoir rencontré l’enseignement d’un Maître authentique, ils font demi-tour et poursuivent sincèrement le Dharma, naturellement ils atteindront la vérité. Nous devons être conscients que la maladie que j’ai décrite est présente de nos jours parmi nous autres chercheurs de la Voie.</p>
<p>Par exemple, parmi les débutants et les novices, et même parmi les anciens ayant une longue pratique, certains recoivent réellement la transmission et respectent le comportement juste, et d’autres non. Certains semblent naturellement aptes à apprendre et respectent les anciens maîtres. Certains au contraire sont pareils à des démons qui ne veulent rien apprendre. Nous ne devons aimer ni détester aucun des deux groupes. Cependant comment ne pas en concevoir du regret ? Comment ne pas en prendre ombrage ? Peut-être que nul n’en prend ombrage parce que presque personne n’a reconnu les trois poisons pour ce qu’ils sont.</p>
<p>De plus, nous devrions  toujours nous rappeler la détermination qui nous animait lorsque nous avons commencé à poursuivre dans la joie la vérité du Bouddha. C’est-à-dire que lorsque nous établissons premièrement la décision de pratiquer, nous n’avons pas d’autre préoccupation, et ayant rejeté la renommée et le gain, nous ne les recherchons plus : nous nous contentons de pratiquer d’un seul esprit. Nous ne sommes pas concernés par l’espoir de la vénération et des offrandes de rois ou de ministres. Néanmoins, de telles causes et conditions créant la recherche de la renommée et du gain sont présentes de nos jours. Rappelons-nous qu’elles ne sont pas notre but originel, ni l’objet que nous poursuivons. Etre entravé dans les chaînes qui emprisonnent les humains comme les dieux n’est vraiment pas une chose à laquelle nous puissions aspirer.</p>
<p>Malgré tout, des personnes insensées, même parmi celles qui poursuivent la vérité, oublient rapidement leur résolution originelle et s’attachent à tort aux offrandes des êtres humains et des dieux, s’en jugeant dignes parce que le mérite du Dharma du Bouddha s’est associé à eux. S’il est fréquent de recevoir les dévotions des rois et des ministres, ces insensés pensent : <i>C’est la réalisation de ma propre grandeur morale</i>. C’est l’un des démons qui guettent les pratiquants de la Voie. Bien que nous ne devions pas oublier l’esprit de compassion, nous ne devons pas nous réjouir de recevoir des dévotions. Rappelons-nous ces mots du Bouddha qui valent de l’or : « <i>Même du vivant du Tathagata, il en est beaucoup qui ressentent haine et jalousie.</i> » Tel est le principe selon lequel les idiots ne reconnaissent pas les sages, et les insectes considèrent les saints comme leurs ennemis.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>Plus encore, beaucoup parmi les anciens Maîtres indiens ont même été tués par des non-bouddhistes, des adeptes des deux véhicules, des rois et ainsi de suite ; ceci ne résultant jamais ni d’une supériorité de vue de la part de ceux-là, ni d’un manque de vision éclairée de la part des anciens Maîtres.</p>
<p>Après que Maître Bodhidharma soit venu de l’ouest, il suspendit son bâton de pèlerin dans les montagnes Suzan, mais ni Bu de la dynastie Liang ni l’empereur de la dynastie Wei ne le connaissait. A cette époque, il y avait deux chiens appelés Bodhiruci Sanzo et Kozu versé dans les préceptes. Craignant que leur renommée vide et leurs gains iniques puissent être contrecarrés par une personne authentique, ils se comportèrent comme s’ils espéraient anéantir le soleil dans le ciel.</p>
<p>Ils étaient encore pires que Devadatta, qui vécut du vivant du Bouddha. Comme ils sont lamentables ! La renommée et le profit, qu’ils recherchent  si avidement, est encore plus dégoûtante qu’un tas immondices. Qu’une telle chose se produise ne résulte aucunement d’une quelconque imperfection dans le pouvoir du Dharma du Bouddha.</p>
<p>Etant donné que certains chiens aboient contre les personnes de bien, ne nous en soucions pas. Ne leur en tenons pas rigueur. Emettons le vœu de les guider et de les conduire. Expliquons-leur : « <i>Bien que vous soyiez des animaux, vous devriez réaliser l’esprit de la Voie.</i> »</p>
<p>Un sage Maître des temps anciens a dit : « <i>Ceux-ci ne sont que des animaux à visage humain</i>. »Mais il peut aussi exister une certaine espèce de démon qui leur est dévoué et offre de les servir. Un précédent bouddha a déclaré « <i>Ne vous approchez pas des rois, des princes, des ministres, des régents, des brahmanes ou des gens ordinaires. </i>»Ceci est la forme de comportement authentique qu’adoptent ceux qui désirent apprendre la Voie du Bouddha, ne l’oublions pas. Lorsque des bodhisattvas commencent leur apprentissage, leur vertu s’accumule en accord avec leurs progrès.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>Il y eut des exemples depuis les temps les plus anciens du dieu Indra s’incarnant pour tester la résolution d’un pratiquant, ou de démons cherchant à gêner l’exercice d’un pratiquant. Ces choses ne se produisent que tant que le pratiquant n’a pas résolu de se débarrasser de la renommée et du gain. Lorsque l’esprit de grande bienveillance et de grande compassion est profond, et lorsque le vœu de sauver tous les êtres est mûr, ces perturbations ne surgissent plus.</p>
<p>Il existe des cas où le pouvoir de la pratique s’étend même à toute une nation. Il y a d’autres cas où un pratiquant semble avoir atteint la fortune de ce monde. A ce moment, il faut réexaminer attentivement son cas. Ne nous endormons pas sans garder un œil sur les cas particuliers. Les gens agités se délectent de la fortune matérielle, pareils à des chiens stupides qui lèchent un os désséché. Les sages et les saints la détestent, exactement comme les gens de ce monde détestent les ordures et les excréments.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>En règle générale, les pensées sentimentales d’un débutant ne peuvent pas même imaginer la vérité du Bouddha – le débutant comprend rationnellement, mais il n’atteint pas la cible. Quand bien même nous ne comprenons rien au début, nous ne devrions pas dénier l’existence de la parfaite réalisation en tant qu’état ultime. Les profondeurs intimes de la réalisation sont au-delà de la conscience superficielle du débutant.</p>
<p>Le débutant doit donc simplement s’efforcer, à travers son comportement concret, de suivre les traces des maîtres anciens. A ce moment-là, en rencontrant les maîtres et en recherchant la vérité, il y a bien des montagnes à franchir et des océans à traverser. Lorsque nous recherchons un bon guide, ou espérons rencontrer un ami de bien, il en descend un du paradis, ou il en surgit un des profondeurs de la terre. Là où nous le rencontrons, il conduit les êtres sensibles tout autant que les êtres insensibles à prêcher la vérité, et nous écoutons avec notre corps et avec notre esprit.</p>
<p><i>Ecouter avec les</i> <i>oreilles</i> est le plat de nos repas quotidiens, mais <i>écouter le son avec les yeux</i> est l’essentiel ou le non-essentiel lui-même. En rencontrant Bouddha, nous nous rencontrons nous-mêmes en tant que Bouddha, nous rencontrons les autres en tant que Bouddha, nous rencontrons des grands bouddhas et des petits bouddhas. Inutile d’être surpris ou apeuré par un grand bouddha. Inutile de douter ou de s’inquiéter face à un petit bouddha. Les grands bouddhas et les petits bouddhas dont je parle ici sont reconnus dans l’instant présent, comme la forme des montagnes et la voix des vallées.</p>
<p>En eux la Longue et Vaste Langue surgit, et les 84000 sutras s’actualisent ; la manifestation est <i>complètement transcendante</i>, et la vision est <i>unique et exceptionnelle</i>. Pour cette raison, les gens du siècle disent :  « <i>Cela devient de plus en plus haut, et de plus en plus raide.</i> » Et un bouddha du passé a dit : « <i>Cela pénètre le ciel et l’horizon.</i> »</p>
<p>Les épines printanières possèdent une fraîcheur constante, et le chrysanthème automnal renferme une sublime beauté, ils n’en sont pas moins directs et concrets. Lorsque de bons conseillers apparaissent en notre Terre, ils peuvent devenir de grands maîtres pour les humains comme pour les dieux. Comment ceux qui ignorent les épines printanières et le chrysanthème automnal pourraient-ils avoir même la valeur de leurs sandales de paille ? Comment trancheront-ils la racine ?</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>Si l’esprit ou la chair deviennent paresseux ou mécréants, nous devrions de tout notre cœur nous en confesser devant le Bouddha. Lorsque nous accomplissons cela, le pouvoir de la vertu de la confession nous sauve et nous purifie. Cette vertu peut promouvoir une foi pure et un courage sans entraves. Une fois que la foi pure s’est révélée, soi-même autant que le monde extérieur sont mis en branle, et le bénéfice atteint universellement les êtres sensibles comme les êtres insensibles.</p>
<p>L’intention générale de la confession est comme suit :</p>
<p>« <i>Je prie pour que malgré toutes les mauvaises actions que j’ai accumulées par le passé, l’une après l’autre, et qui constituent des causes et conditions qui obstruent la vérité, les bouddhas et les patriarches qui ont atteint la vérité en suivant la Voie du Bouddha montrent de la compassion à mon égard, qu’ils fassent en sorte de dissoudre ces accumulations karmiques, et qu’ils balaieront les obstacles vers la vérité. Puisse leur vertu, à travers leurs portes du Dharma, emplir et pénétrer le monde illimité du Dharma. Qu’il me soit donné de partager leur compassion. Dans le passé, les patriarches bouddhistes étaient pareils à nous-mêmes, et dans le futur nous pourrons à notre tour devenir des patriarches bouddhistes. Lorsque nous contemplons les patriarches bouddhistes, ils sont un seul et même patriarche bouddhiste, et lorsque nous réfléchissons à l’établissement de l’esprit juste, il est un et même. Lorsque les patriarches bouddhistes font irradier leur compassion dans toutes les directions, nous pouvons saisir des opportunités favorables et les rencontrer. C’est conforme aux paroles de Ryuge : ‘Si nous n’avons pas atteint la perfection dans nos vies passées, nous devrions l’atteindre dans le présent. Avec cette seule vie nous pouvons délivrer le corps constitué de l’accumulation de toutes ces vies passées. Les bouddhas éternels, avant qu’ils n’atteignent la réalisation, étaient pareils aux gens ordinaires. Après avoir réalisé la vérité, les gens ordinaires qui nous côtoient seront des bouddhas éternels.</i> »</p>
<p>Calmement, nous devrions nous approprier ce raisonnement. Ceci est l’expérience directe de la réalisation de la boddhéité. Lorsque nous nous confessons ainsi, l’aide mystique des patriarches Bouddhistes se rend invariablement présente. Divulguant les pensées de notre esprit et la forme de notre corps, nous devrions nous confesser au Bouddha. Le pouvoir de la confession dissout les racines des mauvaises actions. Ceci est une pratique pure ; cela constitue la foi juste du corps et de l’esprit.</p>
<p>Lorsque nous pratiquons de cette manière juste, la voix de la vallée, la forme de la vallée, la forme des montagnes et la voix des montagnes dévoilent leurs 84000 soutras. Lorsque le moi ne regrette ni la renommée ni le gain, ni le corps ni l’esprit, la vallée et les montagnes à leur tour ne s’attachent à rien. Même si la voix de la vallée et la forme des montagnes continue toute la nuit à produire et à non-produire 84000 soutras, si vous n’avez pas encore compris malgré tous vos efforts que les vallées et les montagnes exposent seulement leur existence de vallées et de montagnes, qui pourra vous voir et vous entendre en tant que voix de la vallée et forme des montagnes ?</p>
<p>&nbsp;</p>
<div class='chapitres_conteneur_sommaire' id='chapitres_conteneur_sommaire1'><div class='chapitres_infos_livre' id='chapitres_infos_livre1'><h2 class='chapitres_titre_livre' id='chapitres_titre_livre1'>SHOBOGENZO</h2><h4 class='chapitres_resume_livre' id='chapitres_resume_livre1'>Traduction Française du Shobogenzo, œuvre majeure de Maître Dogen.</h4></div><div class='chapitres_sommaire_livre' id='chapitres_sommaire_livre1'><ol><li><a href='http://zensotoreims.fr/bendowa/'>BENDOWA</a></li><li><a href='http://zensotoreims.fr/maka-hannya-haramitsu/'>MAKA HANNYA HARAMITSU</a></li><li><a href='http://zensotoreims.fr/genjo-koan/'>GENJO KOAN</a></li><li><a href='http://zensotoreims.fr/ikka-no-myoju/'>IKKA NO MYOJU</a></li><li><a href='http://zensotoreims.fr/ju-undo-shiki/'>JU UNDO SHIKI</a></li><li><a href='http://zensotoreims.fr/soku-shin-ze-butsu/'>SOKU SHIN ZE BUTSU</a></li><li><a href='http://zensotoreims.fr/senjo/'>SENJO</a></li><li><a href='http://zensotoreims.fr/raihai-tokuzui/'>RAIHAI TOKUZUI</a></li><li><a href='http://zensotoreims.fr/keisei-sanshiki/'>KEISEI SANSHIKI</a></li><li><a href='http://zensotoreims.fr/shoaku-makusa/'>SHOAKU MAKUSA</a></li><li><a href='http://zensotoreims.fr/uji/'>UJI</a></li></ol></div></div>
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		<title>RAIHAI TOKUZUI</title>
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		<pubDate>Thu, 19 Sep 2013 18:57:16 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[Fabrice SEVERIN]]></dc:creator>
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		<description><![CDATA[Se prosterner est fondamental dans notre pratique du ze [&#8230;]]]></description>
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<blockquote><p>Se prosterner est fondamental dans notre pratique du <strong>zen</strong>.</p>
<p><strong>Maître Eka</strong> s&rsquo;est seulement prosterné devant Maître Bodhidharma, et il a obtenu la transmission de la moelle du zen, i shin den shin, &laquo;&nbsp;<strong>de mon âme à ton âme</strong>&laquo;&nbsp;.</p></blockquote>
<p>&nbsp;</p>
<p>Dans la pratique d’<i>annutara-samyak-sambodhi </i>la difficulté majeure consiste à trouver un Maître authentique. Au-delà de sa condition d’homme ou de femme, le Maître authentique doit être une personne droite et juste, et sans caractéristiques. Il n’est pas une personne du passé ou du présent, mais doit être un guide ayant l’esprit profondément mystique. Telles sont les caractéristiques d’une personne ayant atteint la moelle ; il peut alors être un guide et un bienfaiteur ; il n’est jamais vague sur les causes et les effets ; il peut être vous, moi, tel ou telle.</p>
<p>Ayant rencontré un tel Maître, nous devrions quitter sans tarder nos mille engagements et, sans perdre un seul moment, nous devrions nous plonger dans la poursuite de la vérité. Nous devrions nous entraîner avec conscience, sans conscience et avec une semi-conscience. Donc, nous devons apprendre à marcher sur la pointe des pieds comme pour éteindre le feu sur notre tête.</p>
<p>Lorsque nous agissons ainsi, nous sommes à l’abri des démons grossiers. Le patriarche qui se trancha le bras et obtint la moelle (Eka) n’est jamais une personne différente de nous-même, et le Maître qui rejette le corps-esprit (Nyojo) est d’ores et déjà nous-mêmes. Obtenir la moelle et recevoir le Dharma proviennent invariablement de la sincérité et de la foi.</p>
<p>Il n’existe aucun exemple de sincérité provenant de l’extérieur, et il n’y a aucun moyen que la sincérité surgisse de l’intérieur. La sincérité consiste seulement à attacher du poids au Dharma et à considérer légèrement son propre corps. C’est se libérer du monde ordinaire et faire de la vérité notre demeure. Si nous attachons ne serait-ce qu’à peine plus de poids au souci de notre propre corps qu’au Dharma, le Dharma ne peut pas nous être transmis, et nous n’atteignons pas la vérité.</p>
<p>Ces esprits déterminés qui attachent plus de poids au Dharma ne sont pas uniques, et ils ne dépendent pas de l’exhortation d’autrui, mais prenons tout de suite à ce sujet un ou deux exemples.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>Il est dit que ceux qui attachent du poids au Dharma feront de leur corps-esprit un siège disponible offert sur le sol, et serviront durant d’innombrables kalpas tous ceux qui protègent le grand Dharma et qui s’y appuient, quiconque a <i>obtenu ma moelle</i>, qu’il s’agisse d’un pilier extérieur, d’une lanterne en pierre, qu’il s’agisse des bouddhas, d’un chien sauvage, d’un démon ou d’un dieu, d’un homme ou d’une femme.</p>
<p>Il est aisé de recevoir un corps et un esprit : ils sont aussi répandus que du riz, du lin, des bambous ou des roseaux. Le Dharma quant à lui n’est rencontré que rarement. Le Bouddha Shakyamuni dit :</p>
<p>« <i>Lorsque vous rencontrez des Maîtres qui exposent l’état suprême de la bodhi, n’ayez aucune considération pour leur race ou leur caste, ne faites pas attention à leur apparence, ne blâmez pas leurs fautes, et n’évaluez pas leurs actes. </i></p>
<p><i>Révérez seulement leur sagesse prajna, et pour cette raison laissez-les absorber des centaines et des milliers de livres d’or chaque jour, servez-les en leur offrant une nourriture paradisiaque, répandez des fleurs merveilleuses autour d’eux, prosternez-vous et vénérez-les trois fois par jour, et ne laissez jamais l’anxiété ou la contrariété surgir dans votre esprit. Lorsque nous agissons ainsi, il y a toujours existence d’une voie vers l’éveil. Depuis que j’y ai établi mon esprit, j’ai pratiqué ainsi, et j’ai été en mesure d’atteindre anuttara-samyak-sambodhi.</i> » <i></i></p>
<p>Les choses étant ainsi, nous devrions espérer que même les arbres et les pierres nous prêchent le Dharma, et nous devrions demander même aux champs et aux villages qu’ils nous prêchent le Dharma. Nous devrions interroger les piliers extérieurs, et nous devrions questionner même les clôtures et les murs. Il en existe un exemple ancien, celui du Dieu Indra se prosternant devant un chien sauvage comme devant son maître, et l’interrogeant au sujet du Dharma ; sa renommée de grand bodhisattva nous a été transmise. La capacité à enseigner ne repose pas sur la noblesse relative d’une position sociale.</p>
<p>Néanmoins, les personnes stupides pensent ainsi : « <i>Je suis un moine ancien. Je ne peux pas me prosterner devant un débutant qui a obtenu le Dharma.</i> » « <i>J’ai supporté un long entraînement. Je ne vais pas me prosterner devant un galopin qui a obtenu le Dharma</i>. » « <i>J’appose le titre de maître à côté de ma signature. Je ne peux pas me prosterner devant quelqu’un qui n’a pas le titre de maître.</i> » « <i>Je suis représentant officiel des affaires du Dharma auprès du gouvernement. Je ne peux pas me prosterner devant des moines inférieurs qui ont obtenu le Dharma. </i>» « <i>Je suis administrateur en chef des moines. Je ne peux pas me prosterner devant des laïcs qui ont obtenu le Dharma.</i> » « <i>Je suis un bodhisattva des trois étapes spirituelles et des dix seuils sacrés. Je ne peux pas me prosterner devant des moines et des nonnes, même s’ils ont obtenu le Dharma.</i> » «<i> Je suis d’ascendance royale. Je ne peux pas me prosterner devant un membre d’une famille de serviteurs ou de la lignée d’un ministre, même s’ils ont obtenu le Dharma.</i> » De telles personnes stupides se sont négligemment échappées du royaume de leur père et errent dans l’égarement sur les routes lointaines de terres étrangères. [<b>Sutra du Lotus</b> : <i>C’est bien mon fils, celui que j’ai engendré. Depuis lors, hélas, dans une certaine ville il me quitta et s’enfuit, si bien qu’il a erré en vain, et souffert de privations pendant plus de cinquante ans</i>.] Pour cette raison, ils n’entendent ni ne voient la vérité du Bouddha.</p>
<p>Il y a bien longtemps, sous la dynastie Tang, le Grand Maître Shinsai de Joshu établit l’esprit et partit en pèlerinage. Dans l’histoire il dit : « Je questionnerai quiconque m’est supérieur, même un enfant de sept ans. Et j’enseignerai à quiconque m’est inférieur, même un centenaire. » Le vieux Maître pouvait donc se prosterner devant un enfant de sept ans pour qu’il lui enseigne le Dharma – voici un exemple rare d’esprit résolu, et qui démontre le travail de l’esprit d’un bouddha éternel.</p>
<p>Lorsqu’une nonne qui a obtenu la vérité et le Dharma se manifeste dans le monde, les moines qui poursuivent le Dharma et apprennent la pratique se dévoueront à son ordre, en se prosternant devant elle et en la questionnant sur le Dharma – voilà un excellent exemple d’apprentissage de la pratique. Par exemple, c’est pareil à l’assoiffé qui trouve à boire.</p>
<p>Le Maître Zen chinois Shikan est un vénérable patriarche de la lignée Rinzai. Un jour, Rinzai voit le Shikan qui vient en visite et le prend par la manche. Shikan dit : « <i>C’est compris.</i> » Rinzai le relâche et dit :  « <i>Je vous permettrai de vous arrêter un moment. </i>» A partir de ce moment, il est déjà devenu le disciple de Rinzai. Puis il quitte Rinzai et va voir la nonne Matsuzan, c’est alors qu’elle lui demande : « <i>D’où venez-vous ?</i> » et Shikan répond : « <i>de l’entrée de la route.</i> » Matsuzan dit : « <i>Pourquoi êtes-vous venu la tête nue ?</i> » ce à quoi Shikan ne trouve pas de réponse. Il se contente de se prosterner, comme le disciple devant son maître. Puis il questionne à son tour Matsuzan : « <i>Qu’est-ce que Matsuzan ?</i> » [littéralement : la dernière montagne] et Matsuzan dit : « <i>Matsuzan ne montre jamais de sommet.</i> » Shikan dit :  « <i>Qui est la personne à l’intérieur de la montagne ? </i>» Matsuzan dit : « <i>C’est au-delà des apparences d’un homme ou d’une femme.</i> » Shikan dit :  « <i>Pourquoi dans ce cas ne changez-vous pas d’apparence ?</i> » Matsuzan dit :  «<i> Je ne suis pas une existence mystique. Que puis-je changer ? </i>» et Shikan se prosterne à nouveau. En fin de compte il décide de travailler comme jardinier en chef du potager et y demeure en tout trois ans.</p>
<p>Plus tard, lorsqu’il devint le chef d’un grand monastère, il enseigna à l’assemblée : «<i> J’ai reçu une demi-louche auprès de mon Vieux Papa Rinzai, et une demi-louche auprès de ma Vieille Maman Matsuzan. En rassemblant une louche entière avec les deux moitiés, j’ai fini de boire, et étant parvenu complètement au présent, je suis entièrement rassasié. </i>» En entendant ces mots à présent, je considère les traces de ces jours passés avec vénération. Matsuzan était une excellente disciple de Koan Daigu. Elle avait une grande vitalité, si bien qu’elle est devenue la « Maman » de Shikan. Rinzai est un successeur authentique d’Obaku Kiun. Il avait le pouvoir de l’effort, si bien qu’il est devenu le « Papa » de Shikan. La prosternation du Maître Zen Shikan et sa poursuite du Dharma auprès de la nonne Matsuzan Ryonen sont un excellent exemple d’un esprit déterminé, et de l’intégrité que les étudiants du futur devraient suivre. On peut dire qu’il brisa toutes les barrières, les grandes comme les petites.</p>
<p>La nonne Myoshin était une disciple de Kyozan. Un jour Kyozan doit choisir un chef du bureau des affaires laïques. Il demande parmi les officiers retraités et d’autres de la montagne Kyozan : «<i> Qui est la personne appropriée à cette fonction ? </i>» Ils en discutent en tous sens et en fin de compte Kyozan dit «<i> La disciple Myoshin de la rivère Wai, bien qu’étant une femme, a l’esprit d’un robuste lascar</i> [i.e. déterminé et vigoureux]. <i>Elle est certainement qualifiée pour devenir chef du bureau des affaires laïques</i>. » Tous les moines sont d’accord. Donc pour finir Myoshin est assignée à cette fonction. Les dragons et les éléphants de la communauté de Kyozan n’en prennent nul ombrage. Bien que cette position en fait ne soit pas si élevée, la personne retenue pour la fonction pourrait s’en honorer, ce qui ne fut pas son cas.</p>
<p>Tandis qu’elle était en poste au bureau, dix-sept moines de la région de Shoku formèrent un groupe pour aller à la rencontre de maîtres et rechercher la vérité, et ayant l’intention de gravir la montagne Kyozan, ils logent nuitamment au bureau des affaires laïques. Lors d’une conversation nocturne, tandis qu’ils se reposent, ils discutent de l’histoire du patriarche fondateur Sokei (Eno) et du kôan du vent et de la bannière. Les mots de chacun des dix-sept moines sont totalement inadéquats. Pendant ce temps, écoutant de l’autre côté du mur, la chef du bureau dit : «  <i>Ces dix-sept bourriques aveugles ! Combien de sandales de paille ont-ils usé en vain ? Ils n’ont jamais vu le Dharma du Bouddha, pas même en rêve !</i> »</p>
<p>Un serviteur du temple présent à ce moment surprend les propos de la chef du bureau des affaires laïques et en informe les dix-sept moines, mais aucun d’entre eux ne s’indigne de cette critique. Honteux de leur propre incapacité à exprimer la vérité, ils se préparent en revêtant leur kesa et en disposant leur zagu, brûlent de l’encens, font des prosternations, puis font demande à la nonne de son enseignement.</p>
<p>La chef du bureau des affaires laïques dit : « <i>Ce n’est pas le vent qui bouge, ce n’est pas la bannière qui bouge, et ce n’est pas l’esprit qui bouge.</i> » Lorsqu’elle leur enseigne ainsi, les dix-sept moines expérimentent tous la profonde compréhension. Ils s’inclinent devant elle en signe de gratitude, puis ils font une cérémonie pour devenir ses disciples. Ensuite ils retournent tout droit chez eux dans l’ouest de la région de Shoku. Finalement, ils n’ont pas gravi la montagne Kyozan.</p>
<p>Véritablement, ce qui est démontré ici est au-delà des bodhisattvas des trois étapes spirituelles et des dix seuils sacrés, c’est simplement l’action dans la vérité telle que transmise par les patriarches bouddhistes de successeur authentique à successeur authentique.</p>
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<p>C’est pourquoi, même de nos jours, lorsqu’un poste de maître ou de maître-assistant est vacant, une nonne ayant réalisé le Dharma peut être sollicitée pour l’occuper. Même si un moine est plus ancien en termes d’âge et d’expérience, s’il n’a pas réalisé le Dharma, quelle importance a-t-il ? Un guide pour les moines doit toujours s’appuyer sur une vision claire. Pourtant beaucoup de guides se fourvoient dans un corps-esprit de crétin du village ; ils sont si épais qu’ils sont tournés en ridicule même dans le monde séculier. Combien moins encore méritent-ils d’être cités dans le Dharma du Bouddha ?</p>
<p>De plus, il y a des hommes qui refusent de se prosterner devant des nonnes qui sont enseignantes et ont reçu le Dharma, et qui sont les sœurs aînées, les tantes, etc., des hommes. Parce qu’ils ne savent rien et ne veulent rien apprendre, ils sont proches des animaux, et ô combien éloignés des patriarches Bouddhistes. Lorsque même la seule dévotion du corps-esprit  au Dharma du Bouddha est maintenue au tréfonds de la conscience d’une personne, le Dharma du Bouddha a toujours de la compassion pour cette personne. Même les êtres humains et les dieux, dans leur stupidité, ont la sympathie de répondre à la sincérité, donc comment les bouddhas, dans leur justesse, pourraient-ils manquer de compassion pour répondre à la sincérité ?</p>
<p>L’esprit sublime qui répond à la sincérité existe même dans le sol, les pierres, le sable, et les galets. Dans les temples chinois de nos jours, si une nonne est réputée avoir réalisé le Dharma, le gouvernement publie un édit impérial pour qu’elle soit appointée comme maître d’un temple de nonnes, et elle délivre un enseignement formel dans la salle du Dharma de son temple actuel. Tous les moines y compris le Maître y assistent. Ils entendent le Dharma, debout sur le sol, et des questions sont posées par des moines. C’est la norme traditionnelle.</p>
<p>Une personne qui a obtenu le Dharma est un bouddha éternel authentique ici et maintenant, et pour cela ne doit pas être considérée comme une personne des temps passés. Lorsque cette personne nous regarde, nous nous rencontrons dans une condition neuve et singulière. Lorsque nous considérons cette personne, la relation mutuelle devient de l’ordre de : <i>aujourd’hui doit s’inscrire dans aujourd’hui</i>.</p>
<p>Par exemple, lorsque les arhats, les pratyekabuddhas et les bodhisattvas des trois étapes spirituelles et des dix seuils sacrés rencontrent une nonne qui détient le trésor de l’œil de la vraie Loi, se prosternent et l’interrogent sur le Dharma, elle doit accepter ces prosternations. Pourquoi les hommes devraient-ils être considérés comme supérieurs ? L’espace est l’espace, les quatre éléments sont les quatre éléments, les cinq agrégats sont les cinq agrégats, et les femmes sont également ainsi.</p>
<p>Concernant le fait d’atteindre la vérité, des hommes comme des femmes atteignent la vérité, et nous devrions simplement révérer profondément toute personne qui a réalisé le Dharma. Ne discutez pas d’hommes ou de femmes. Ceci est une des normes les plus importantes du Dharma du Bouddha.</p>
<p>Sous la dynastie Sung en Chine, le terme chef de famille se réfère aux messieurs qui n’ont pas quitté leurs familles. Certains d’entre eux vivent à la maison en compagnie de leur épouse, tandis que d’autres sont célibataires et chastes, mais quoi qu’il en soit on peut dire qu’ils sont grandement accaparés par leur labeur quotidien. Néanmoins, si l’un d’entre eux a clarifié l’éveil, les moines à la robe rapiécée se rassemblent pour lui adresser leurs prosternations et l’interroger sur son enseignement, exactement comme s’il s’agissait d’un maître ayant reçu l’ordination et quitté la vie de famille.</p>
<p>Nous devrions nous aussi agir ainsi, même envers une femme, même envers un animal. Une personne qui n’a jamais aperçu les vérités du Dharma de Bouddha ne serait-ce qu’en rêve, quand bien même il s’agirait d’un vieux moine âgé de cent ans, n’arriverait pas à la cheville d’un homme ou d’une femme ayant obtenu le Dharma, par conséquent nous ne devrions pas vénérer une telle personne, nous contentant seulement de nous incliner devant lui par respect pour son âge.</p>
<p>Lorsqu’une personne pratique et enseigne le Dharma de Bouddha, même s’il s’agit d’une petite fille de sept ans, elle devient alors le Maître des quatre groupes [moines, nonnes, hommes laïcs, femmes laïques] et le père bienveillant de tous les êtres vivants. Nous devrions la servir et la vénérer comme nous le faisons envers les bouddhas-tathagatas, comme ce fut le cas, par exemple, lorsque la fille du dragon devint un Bouddha. [<b>Sutra du Lotus</b> : <i>Tous virent la fille du dragon se transformant soudain en homme, paré de toutes les pratiques de bodhisattva. Elle se rendit dans le quart sud, le monde libre d’impuretés, et s’assit sur une fleur de lotus précieux, réalisant l’état juste et équilibré de vérité, arborant les trente-deux signes et les quatre-vingts sortes d’excellence, et enseignant le Dharma merveilleux à tous les êtres vivants dans les dix directions. Alors le monde entier des bodhisattvas, les sravakas, les huit groupes de déités et de dragons, tous les êtres humains et non-humains, tous voyant depuis les confins de l’univers la fille du dragon devenant un Bouddha et prêchant universellement le dharma pour les êtres humains et les dieux dans cet ordre, se réjouirent grandement dans leurs cœurs et se prosternèrent tous à distance en vénération.</i>] Ceci est la forme séculaire dans le Bouddhisme. Ceux qui l’ignorent, et n’ont pas reçu cette transmission de personne à personne, sont dignes de commisération.</p>
<p>Un autre exemple encore : Depuis les temps anciens au Japon et en Chine, il y eut des femmes empereurs. Le pays entier est la possession de telles impératrices, et les habitants deviennent alors leurs sujets. Ceci non par respect pour cette personne, mais par respect pour sa fonction. De la même manière, une nonne n’a jamais été respectée pour sa personne, mais n’est respectée que pour sa réalisation du Dharma. De plus, les vertus qui accompagnent les quatre effets appartiennent toutes à une nonne devenue arhat. Ces vertus la parent ; quel être humain ou dieu pourrait espérer surpasser ces vertus du quatrième effet ?</p>
<p>Les dieux du triple monde  lui sont tous inférieurs. Même en étant ignorée par les êtres humains elle est vénérée par tous les dieux. Comment a fortiori pourrait quiconque manquer de vénérer ceux qui ont reçu la transmission du Dharma juste du Tathagata, et qui ont établi la grande détermination du Bodhisattva? Si nous faillons à cela, nous sommes victimes de notre propre fausseté. Et si nous échouons à révérer notre propre état de boddhéité suprême, nous sommes des personnes stupides qui insultent le Dharma. Encore une fois, il y a dans notre pays des filles d’empereurs ou de ministres qui deviennent des concubines royales, ou des reines qui reçoivent en titre tel ou tel temple. Certaines d’entre elles se sont rasé le crâne, d’autres non.</p>
<p>En tout cas, des prêtres qui n’ont de moine que l’apparence et qui recherchent la renommée et le gain, ne manquent jamais l’opportunité de diriger de tels endroits, et de leur lécher les bottes. Ils sont inférieurs à des serfs suivant un seigneur. Qui plus est, beaucoup d’entre eux entrent réellement à leur service pendant quelques années. Comme ils sont pitoyables ! Étant nés dans une nation mineure d’un pays lointain, ils ne reconnaissent même pas un tel mauvais comportement pour ce qu’il est. Une telle ignorance n’a jamais existé en Inde ni en Chine, seulement dans notre pays. C’est complètement lamentable.</p>
<p>Forcément, se raser le crâne et ensuite violer le Dharma juste du Tathagata doit être qualifié de péché lourd et grave. Uniquement par leur ignorance du fait que les chemins de ce monde sont rêve et illusions, des fleurs flottant dans le vide, ils s’attachent à leur condition d’esclave de telles femmes. Lamentable, vraiment. Même pour assurer un semblant de subsistance dans ce monde de vétilles, ils se comportent ainsi. Pourquoi, pour l’amour de l’éveil suprême, s’abstiennent-ils de révérer au contraire les personnes qui ont atteint le Dharma, les seules qui en soient dignes ? C’est parce que leur aspiration au Dharma est superficielle, et leur détermination à poursuivre le Dharma inconsistante.</p>
<p>Lorsque des personnes convoitent un trésor elles  ne songent pas à le refuser sous prétexte que ce trésor appartient à une femme.  Lorsque nous désirons obtenir le Dharma, nous devons surpasser une telle résolution. S’il en est ainsi, même l’herbe, les arbres, les barrières et les murs s’accordent au Dharma authentique, et au paradis comme sur terre, la multitude des choses et des phénomènes y prend également part. C’est une vérité dont nous devons toujours nous souvenir. Tant que nous ne recherchons pas le Dharma avec une telle détermination, même si nous rencontrons de véritables maîtres, nous ne pouvons nous baigner dans l’eau bienveillante du Dharma. Nous devrions y réfléchir attentivement.</p>
<p>Qui plus est, de nos jours des personnes extrêmement stupides considèrent les femmes sans avoir corrigé le préjugé selon lequel elles encouragent l&rsquo;avidité sexuelle. Les disciples du Bouddha ne doivent pas être ainsi. Si tout ce qui peut devenir un objet de désir sexuel doit être haï, alors tous les hommes ne méritent-ils pas aussi d&rsquo;être haïs?</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>Considérant les causes et les conditions de souillures, un homme peut devenir un objet, une femme peut devenir un objet, ce qui n&rsquo;est ni homme ni femme peut devenir l&rsquo;objet, ainsi que les rêves et les fantasmes, les fleurs dans le ciel, peuvent aussi devenir un objet de désir et d&rsquo;attachement.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>Il a existé des actes impurs causés par le reflet dans l&rsquo;eau devenu un objet, ou le soleil dans le ciel devenu un objet. Un dieu peut devenir un objet, un démon tout autant. Il est impossible de dénombrer tous les objets possibles; il est dit qu&rsquo;il en existe quatre-vingt quatre mille. Devrions-nous tous les écarter? Devrions-nous éviter de les regarder?</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>Les préceptes disent: &nbsp;&raquo; <i>l&rsquo;abus des deux organes mâles ou des trois organes femelles sont tous deux parajika, et le contrevenant devra être exclu de la communauté</i>&laquo;&nbsp;. Ceci étant, si nous détestons tout ce qui est susceptible de devenir un objet de désir sexuel, tous les hommes et les femmes se détesteront mutuellement, et nous n&rsquo;aurons jamais la moindre chance d&rsquo;atteindre le salut. Nous devons examiner en détail cette vérité.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>Il y a des non-bouddhistes qui n&rsquo;ont pas de femme: bien qu&rsquo;ils n&rsquo;aient pas de femme, ils ne sont pas pour autant entrés dans le Dharma du Bouddha, de sorte qu&rsquo;ils ne sont rien de mieux que des non-bouddhistes aux vues erronées. Il y a des disciples du Bouddha laïcs au contraire qui ont un mari ou une femme: bien qu&rsquo;ils aient un mari ou une femme, ce sont des disciples du Bouddha, de sorte qu&rsquo;il n&rsquo;y a pas d&rsquo;autres êtres qui soient leurs égaux dans le monde humain ni dans le ciel.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>Même en Chine, il y eut jadis un moine stupide qui fit le vœu suivant: &nbsp;&raquo; <i>Dans toutes mes vies, dans toutes les ères, je ne poserai jamais les yeux sur aucune femme</i>.&nbsp;&raquo; Sur quelle moralité ce vœu est-il fondé?  Est-il fondé sur la moralité séculière? Est-il fondé sur le Dharma du Bouddha? Est-il fondé sur la moralité des non-bouddhistes? Ou bien est-il fondé sur la moralité de démons du paradis ? Qu&rsquo;y a-t-il de mal dans une femme? Quelle vertu y a-t-il dans un homme?</p>
<p>Parmi les criminels il y a de nombreux hommes. Parmi les gens de bonne conduite il y a de nombreuses femmes. Vouloir entendre le Dharma, et vouloir obtenir la libération, ne dépend jamais du fait que l&rsquo;on soit un homme ou une femme. S&rsquo;agissant de trancher les illusions, les hommes comme les femmes doivent trancher leurs illusions. Lorsqu&rsquo;ils tranchent leurs illusions et expérimentent la vérité, il n&rsquo;y a rien qui nous incline plutôt vers un homme ou plutôt vers une femme. De plus si un homme a fait le vœu de ne jamais regarder une femme, doit-il aussi exclure les femmes lorsqu&rsquo;il fait le vœu illimité de sauver tous les êtres? S&rsquo;il les exclut, il n&rsquo;est pas un bodhisattva. A fortiori il ne peut déployer la compassion du Bouddha. Ce vœu n&rsquo;est donc en réalité qu&rsquo;une divagation de l&rsquo;ivresse causée par l&rsquo;intoxication profonde du vin de sravaka. Ni les êtres humains ni les dieux ne doivent considérer ce vœu comme authentique.</p>
<p>Nous ne pouvons par conséquent qu&rsquo;être navrés pour lui. Si le vœu de ce moine devait être considéré comme authentique, Shakyamuni et les bodhisattvas de tous les temps ont-ils tous commis des fautes? Et leur esprit de la Voie était-il moins profond que celui de ce moine? Posons cela tranquillement : nous devrions seulement apprendre à pratiquer ce que les maîtres ancestraux qui ont transmis le trésor du Dharma et les bodhisattvas ayant vécu au temps du Bouddha, avaient à apprendre du Dharma du Bouddha, hors de ce vœu.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>Si le vœu de ce moine était authentique, non seulement nous échouerions à sauver les femmes, mais encore, lorsqu&rsquo;une femme qui a obtenu le Dharma se manifesterait dans le monde et enseignerait le Dharma pour tous les êtres humains et les dieux, il nous serait interdit de la rencontrer et de l&rsquo;écouter, n&rsquo;est-ce pas?</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>Quiconque viendrait à sa rencontre pour l&rsquo;écouter ne serait pas un bodhisattva mais un non-bouddhiste. Lorsque nous tournons notre regard vers le grand royaume de Chine, nous voyons des moines, des hommes qui semblent avoir pratiqué pendant longtemps, mais qui se sont contentés vainement de compter les grains de sable de l&rsquo;océan et de rouler comme une vague au-dessus de l&rsquo;océan de la vie et la mort.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>Il y a également des personnes qui, bien qu&rsquo;étant des femmes, ont visité des maîtres, fait des efforts dans la poursuite de la vérité, et sont donc devenus les guides des êtres humains et des dieux. Il y a des femmes telles que la vieille femme qui ne voulait pas vendre ses gâteaux de riz à Tokusan et les répandit sur le sol. Il est déplorable que bien que Tokusan fût un moine, un bhikku, il avait jusque là vainement compté les grains de sable de l&rsquo;océan de la philosophie, et n&rsquo;avait jamais rencontré le Dharma du Bouddha, même en rêve.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>En règle générale, nous devrions nous efforcer de comprendre clairement les circonstances que l&rsquo;on rencontre. Si nous contentons d&rsquo;apprendre à les craindre et à les éviter, cela devient la théorie et la pratique d&rsquo;un sravaka du petit véhicule. Quand nous quittons l’est pour tenter de nous cacher à l&rsquo;ouest, l&rsquo;ouest révèle aussi ses circonstances. Lorsque nous pensons avoir échappé aux circonstances, jusqu&rsquo;à ce que nous les comprenions clairement, même si elles sont au loin elles demeurent des circonstances et nous ne en sommes pas libérés, et ces circonstances distantes nous perturberont de plus en plus profondément.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>Au Japon à l’heure actuelle, il existe une institution particulièrement ridicule. Parfois appelé &laquo;&nbsp;<i>sanctuaire</i>&laquo;&nbsp;, parfois &laquo;&nbsp;<i>endroit où pratiquer la vérité du Grand véhicule&nbsp;&raquo;,</i> il s’agit d’un lieu où les nonnes et les autres femmes ne sont pas autorisées à entrer. Cette coutume erronée a été établie depuis longtemps, de sorte que les gens ne parviennent pas à la reconnaître comme telle.</p>
<p>Certaines personnes cherchant à imiter les anciens négligent de corriger cette règle, certains hommes pourtant cultivés n&rsquo;y pensent même pas. Appelée &laquo;&nbsp;<i> promulgation de l&rsquo;autorité</i>&nbsp;&raquo; ou &laquo;&nbsp;<i>loi des hommes de tradition</i>&laquo;&nbsp;, elle n&rsquo;est jamais discutée. Si quiconque osait en rire, on lui trancherait sans aucun doute les intestins.</p>
<p>Mais qui donc sont ces personnes se désignant eux-mêmes comme faisant autorité? Sont-ils des sages ou sont-ils des saints? Sont-ils des dieux ou sont-ils des démons? Sont-ils des bodhisattvas des dix étapes sacrées ou sont-ils des bodhisattvas des trois niveaux de réalisation? Sont-ils des bodhisattvas de l&rsquo;état d&rsquo;équilibre de la vérité ou sont-ils des bodhisattvas ayant atteint la vérité subtile?</p>
<p>Si ces vieilles manières ne devaient jamais être réformées, devrions-nous pour autant renoncer à abandonner l&rsquo;errance incessante à travers la vie et la mort? Le grand maître Shakyamuni est lui-même l&rsquo;état juste et équilibré de la vérité suprême, il a clarifié tout ce qu&rsquo;il était nécessaire de clarifier, il a pratiqué tout ce qu&rsquo;il était nécessaire de pratiquer, et il a libéré tout ceux qu&rsquo;il était nécessaire de libérer. Qui de nos jours pourrait même approcher ce niveau de réalisation?</p>
<p>Qui plus est la communauté du Bouddha lorsqu’il était de ce monde incluait les quatre groupes : moines, nonnes, bodhisattvas laïcs et laïques, incluait les huit sortes d’êtres, les trente-sept sortes d’êtres, et les quatre-vingt-quatre sortes d’êtres. La constitution de la communauté Bouddhiste est clairement la communauté elle-même. Donc quelle sorte d’ordre ne compte ni nonnes, ni femmes, ni les huit sortes d’êtres ?</p>
<p>Nous ne devrions jamais espérer créer de soi-disant sanctuaires qui prétendraient surpasser en pureté la communauté Bouddhiste du vivant du Bouddha, car cela marque un idéalisme excessif. Il n’y a aucune différence dans la forme que prend le Dharma dans la communauté Bouddhiste, que ce soit dans ce monde ou dans les autres, ou auprès de mille Bouddhas dans les trois temps. Nous devrions donc comprendre que toute communauté aux règles différentes n’est pas Bouddhiste.</p>
<p>L’éveil est le critère ultime : que ce soit dans le Mahayana ou dans le Hinayana, les vertus de l’ultime éveil ne sont pas différentes. Or de nombreuses nonnes l’ont expérimenté. Donc dans quel genre d’endroit – que ce soit dans le triple monde ou dans les terres de Bouddha des dix directions – une nonne ne peut-elle se mouvoir librement ? Qui oserait lui barrer le chemin ? En même temps, l’état ultime de vérité est aussi le critère suprême. Lorsqu’une femme est devenue bouddha, y a-t-il quoi que ce soit dans les dix directions qu’elle ne puisse réaliser ? Qui pourrait alors tenter de lui barrer le passage? Elle possède déjà la vertu qui illumine toutes choses très largement ; quel est alors pour elle le sens  d’une frontière ou d’une limite?</p>
<p>Et les déesses, les empêchera-t-on aussi de passer ? Et les nymphes ? Pourtant même les déesses et les nymphes n’ont pas encore tranché totalement leurs illusions ; elles mènent  seulement les êtres ordinaires au hasard. Lorsqu’elles se trompent, ils se trompent ; lorsqu’elles voient juste, ils voient juste. Il en va ainsi également des femmes humaines envers les femmes bestiales ; lorsqu’elles s’égarent, elles s’égarent aussi ; lorsqu’elles voient juste, elles aussi voient juste. Mais qui se dresserait sur le chemin des dieux ou des déités ? Les moines ont suivi la communauté du Bouddha dans les trois temps ; ils ont appris la pratique auprès du Bouddha. Si les endroits diffèrent de cela, et les communautés diffèrent de cette forme, qui peut croire qu’il s’agit là du Dharma du Bouddha ?</p>
<p>Bref, ceux qui excluent les femmes sont  tout simplement des sots particulièrement bornés qui trompent et illusionnent les gens du siècle. Ils sont plus idiots qu’un chien sauvage inquiet qu’un humain lui vole son os. Les disciples du Bouddha, qu’ils soient des bodhisattvas ou de simples laïcs, se classent ainsi:  premièrement, les moines ; deuxièmement, les nonnes ; troisièmement, les bodhisattvas hommes ; et quatrièmement, les bodhisattvas femmes. Ce classement est reconnu dans les paradis du ciel comme dans le monde humains, et a été proclamé de tout temps.</p>
<p>Ceci étant, celles qui ont la seconde place parmi les disciples du Bouddha sont supérieures aux rois qui font tourner les roues précieuses, et au dieu Indra lui-même. Il ne devrait exister aucun endroit où elles ne puissent se rendre. Encore moins devraient-elles être mises au niveau des rois et des ministres d’une nation mineure d’une contrée lointaine. Pourtant lorsque nous observons les « <i>lieux de vérité</i> »   qui excluent les femmes donc les nonnes, n’importe quel rustaud, paysan ou vieux bûcheron obtus venu peut y pénétrer aisément. L’entrée n’y serait donc a fortiori pas refusée à un roi, un seigneur ou un officier. Si l’on compare les péquenots du pays à des nonnes, en termes de poursuite de la vérité ou d’atteinte de l’éveil, qui est finalement inférieur ou supérieur ?</p>
<p>Que l’on discute de cela selon les règles de la société ou selon le Dharma du Bouddha, on devrait bel et bien considérer que les bouseux devraient plutôt être refusés là où une nonne peut aller. La situation au Japon est donc totalement renversée ; notre nation est la première à marquer l’Histoire de cette tache. Comme c’est pitoyable ! Lorsque les sœurs aînées du père compatissant du triple monde vinrent dans un petit pays, elles trouvèrent des endroits où leur barrait l’entrée. D’un autre côté, les types qui vivent dans ce genre de « <i>sanctuaires</i> » n’ont pas peur de commettre les dix genres de mauvaises actions, et ils violent les dix préceptes les uns après les autres. Est-ce simplement parce que dans leur monde erroné ils haïssent ceux qui ne partagent pas leurs erreurs ?</p>
<p>Qui plus est, un péché mortel est une affaire très sérieuse ; or même cela il se peut même qu’ils l’aient commis. Nous devrions tout simplement nous écarter de tels lieux démoniaques. Nous devons suivre l’enseignement du Bouddha et entrer dans le monde du Bouddha. C’est la voie naturelle pour répondre à la bienveillance du Bouddha. Ces traditionnalistes ont-ils compris la signification du mot sanctuaire, ou non ? De qui ont-ils reçu la transmission ? Qui leur a délivré le sceau de confirmation ? Quoique ce soit qui entre dans <i>ce vaste monde certifié par les bouddhas </i>– qu’il s’agisse des bouddhas, des êtres vivants, de la Terre, de l’espace – sera libéré de ses chaînes et de ses attachements, et retourne à sa nature originelle qui est le merveilleux Dharma des bouddhas.</p>
<p>Lorsque des êtres vivants font ne serait-ce qu’un seul pas dans ce monde, ils sont complètement recouverts de la vertu du Bouddha. Ils possèdent le pouvoir de s’écarter de l’immoralité, de devenir purs et nets. Lorsqu’une seule direction est sanctifiée, le monde entier du Dharma est sanctifié d’un seul coup, et lorsqu’un niveau est sanctifié, le monde entier du Dharma est sanctifié. Parfois les lieux sont sanctifiés par l’eau, parfois par l’esprit, et parfois par l’espace.</p>
<p>Dans tous les cas il existe des traditions qui ont été transmises et reçues, et que nous  devrions connaître. Qui plus est, lorsque nous sanctifions un lieu, après avoir répandu de l’eau et accompli les prosternations – en d’autres termes après avoir purifié les lieux – nous récitons le verset suivant :</p>
<p>Ce monde et le monde entier du Dharma,</p>
<p>Sont naturellement sanctifiés, purs et nets.</p>
<p>Les traditionnalistes et les anciens qui proclament l’existence de sanctuaires de nos jours ont-ils compris cette signification ou non ? A mon avis ils ne peuvent pas savoir que le monde entier du Dharma est sanctifié par l’acte de sanctification lui-même. Clairement, ivres du siècle, ils considèrent une petite surface au comme un grand monde. Espérons qu’ils brisent l’ivresse de leurs illusions, et qu’ils ne violent pas la totalité du monde des bouddhas. Nous devrions nous prosterner en vénérant la vertu par laquelle les bouddhas, à travers leurs actes salvifiques et leur dévotion, étendent leur influence protectrice sur tous les êtres vivants. Qui pourrait nier que cette prosternation est bien l’obtention de la moelle de la vérité ?</p>
<p>&nbsp;</p>
<p style="text-align: center;"><div class='chapitres_conteneur_sommaire' id='chapitres_conteneur_sommaire1'><div class='chapitres_infos_livre' id='chapitres_infos_livre1'><h2 class='chapitres_titre_livre' id='chapitres_titre_livre1'>SHOBOGENZO</h2><h4 class='chapitres_resume_livre' id='chapitres_resume_livre1'>Traduction Française du Shobogenzo, œuvre majeure de Maître Dogen.</h4></div><div class='chapitres_sommaire_livre' id='chapitres_sommaire_livre1'><ol><li><a href='http://zensotoreims.fr/bendowa/'>BENDOWA</a></li><li><a href='http://zensotoreims.fr/maka-hannya-haramitsu/'>MAKA HANNYA HARAMITSU</a></li><li><a href='http://zensotoreims.fr/genjo-koan/'>GENJO KOAN</a></li><li><a href='http://zensotoreims.fr/ikka-no-myoju/'>IKKA NO MYOJU</a></li><li><a href='http://zensotoreims.fr/ju-undo-shiki/'>JU UNDO SHIKI</a></li><li><a href='http://zensotoreims.fr/soku-shin-ze-butsu/'>SOKU SHIN ZE BUTSU</a></li><li><a href='http://zensotoreims.fr/senjo/'>SENJO</a></li><li><a href='http://zensotoreims.fr/raihai-tokuzui/'>RAIHAI TOKUZUI</a></li><li><a href='http://zensotoreims.fr/keisei-sanshiki/'>KEISEI SANSHIKI</a></li><li><a href='http://zensotoreims.fr/shoaku-makusa/'>SHOAKU MAKUSA</a></li><li><a href='http://zensotoreims.fr/uji/'>UJI</a></li></ol></div></div></p>
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		<title>SENJO</title>
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		<pubDate>Thu, 19 Sep 2013 18:51:43 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[Fabrice SEVERIN]]></dc:creator>
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		<description><![CDATA[Ce chapitre traite en détail des manières à adopter dans un temple pour l'usage des toilettes. Ceci montre que toutes les actions quotidiennes sont bel et bien notre pratique.]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: center;"><div class='chapitres_conteneur_sommaire' id='chapitres_conteneur_sommaire1'><div class='chapitres_infos_livre' id='chapitres_infos_livre1'><h2 class='chapitres_titre_livre' id='chapitres_titre_livre1'>SHOBOGENZO</h2><h4 class='chapitres_resume_livre' id='chapitres_resume_livre1'>Traduction Française du Shobogenzo, œuvre majeure de Maître Dogen.</h4></div><div class='chapitres_sommaire_livre' id='chapitres_sommaire_livre1'><ol><li><a href='http://zensotoreims.fr/bendowa/'>BENDOWA</a></li><li><a href='http://zensotoreims.fr/maka-hannya-haramitsu/'>MAKA HANNYA HARAMITSU</a></li><li><a href='http://zensotoreims.fr/genjo-koan/'>GENJO KOAN</a></li><li><a href='http://zensotoreims.fr/ikka-no-myoju/'>IKKA NO MYOJU</a></li><li><a href='http://zensotoreims.fr/ju-undo-shiki/'>JU UNDO SHIKI</a></li><li><a href='http://zensotoreims.fr/soku-shin-ze-butsu/'>SOKU SHIN ZE BUTSU</a></li><li><a href='http://zensotoreims.fr/senjo/'>SENJO</a></li><li><a href='http://zensotoreims.fr/raihai-tokuzui/'>RAIHAI TOKUZUI</a></li><li><a href='http://zensotoreims.fr/keisei-sanshiki/'>KEISEI SANSHIKI</a></li><li><a href='http://zensotoreims.fr/shoaku-makusa/'>SHOAKU MAKUSA</a></li><li><a href='http://zensotoreims.fr/uji/'>UJI</a></li></ol></div></div></p>
<blockquote><p>Laver est l&rsquo;activité principale du <strong>moine</strong>.<br />
&nbsp;<br />
<strong>Maître Dogen </strong> expose ici en détail les manières à utiliser dans l&rsquo;usage des toilettes.<br />
&nbsp;<br />
Même si bien sûr ces pratiques sont à rapporter à l&rsquo;époque &#8211; le XIIIème siècle -, ce qui au fond est totalement pertinent c&rsquo;est que<strong> toutes les circonstances de notre vie</strong>, même celles que nous considérons comme les plus triviales, sont en réalité des occasions d&rsquo;<strong>éveil</strong> et de <strong>pratique de la Voie du Bouddha</strong>.</p></blockquote>
<p>&nbsp;</p>
<p>La pratique-expérience que les patriarches bouddhistes ont protégée et maintenue est appelée <i>sans souillure. </i></p>
<p>Le Sixième<i> </i>Patriarche demanda au Maître Zen Dai-e (Nangaku) du temple Kannon-in de la montagne Nangaku-zan : « <i>Vous appuyez-vous sur la pratique et l’expérience ou non</i> ? »</p>
<p>Nangaku répondit :<i> « Ce n’est pas qu’il n’y ait ni pratique ni expérience, mais l’Éveil ne peut simplement jamais être souillé. »</i></p>
<p>Le Sixième Patriarche dit : &laquo;&nbsp;<i>Cet Éveil sans souillure est ce que les bouddhas protègent et désirent</i>. <i>Vous aussi êtes ainsi. Je suis également ainsi. Et les Maîtres indiens étaient également ainsi.&nbsp;&raquo; </i></p>
<p>Le sutra des Trois Mille Formes de Dignité pour les Moines Ordonnés dit : «<i> Purifier le corps signifie laver l’anus et l’urètre, et se tailler les ongles des dix doigts. </i>» Donc bien que le corps-esprit soit sans souillures, il y a des pratiques dharmiques consistant à purifier le corps, et des pratiques dharmiques consistant à purifier l’esprit.</p>
<p>Non seulement nous lavons le corps-esprit, mais nous purifions aussi le pays tout entier ainsi que le pied de l’arbre de la Bodhi. Laver le pays, même s’il n’a jamais été Sali, est ce que les Bouddhas protègent et désirent, et même lorsqu’ils ont réalisé l’Éveil, ils ne cessent ni ne s’en écartent. Ce point est difficile à saisir. Ce point consiste à activer le Dharma. Atteindre l’Éveil consiste à activer le Dharma.</p>
<p>Le chapitre sur la Conduite Pure du Sutra de la Guirlande dit : « <i>Lorsque nous nous abandonnons nous-mêmes, nous devons prier pour que tous les êtres vivants soient délivrés de l’impureté, et des trois poisons de l’avidité, de la colère et de l’illusion. Alors, lorsque nous sommes au bord de l’eau, nous devrions prier pour que les êtres vivants progressent vers l’état suprême de vérité et atteignent le Dharma qui transcende le monde séculier. Tandis que nous lavons nos impuretés dans l’eau, nous devrions prier pour que tous les êtres vivants acquièrent une pure détermination vers l’Éveil, et soient ultimement libérés des souillures.</i> »</p>
<p>L’eau n’est originellement ni pure ni impure. Le corps n’est originellement ni pur ni impur. Tous les dharmas sont ainsi. L’eau n’est ni sensible ni insensible, le corps n’est ni sensible ni insensible, et tous les phénomènes sont ainsi.</p>
<p>L’enseignement du Bouddha, l’Honoré-du-monde, est ainsi. En même temps, laver n’est pas faire usage d’eau pour nettoyer le corps ; mais plutôt, lorsque nous protégeons le Dharma du Bouddha et que nous nous dépendons du Dharma du Bouddha, nous adoptons cette forme de comportement et nous l’appelons « <i>laver</i> ». C’est recevoir immédiatement la transmission authentique du corps-esprit du Patriarche Bouddhiste. C’est voir et entendre intimement une phrase du Patriarche Bouddhiste. Et c’est clairement entrer dans l’illumination du Patriarche Bouddhiste et la conserver.</p>
<p>En réalité, cela consiste à réaliser des vertus sans nombre et sans limites.  Exactement à l’instant où nous dignifions notre corps-esprit par l’entraînement à la posture, la pratique originelle est complètement et entièrement réalisée.</p>
<p>Nous devrions tailler les ongles de nos dix doigts. Cela désigne les ongles des deux mains, mais aussi des orteils. Un sutra dit : « <i>Si les ongles poussent jusqu’à la longueur d’un grain de blé, notre mérite décroît.</i> » Nous ne devons pas nous laisser pousser de longs ongles. Les ongles longs sont naturellement les signes avant-coureurs du non-bouddhisme. Nous devons donc prendre bien soin de tailler nos ongles. Néanmoins de nos jours, parmi les moines chinois, beaucoup de ceux qui sont démunis d’yeux pour apprendre la pratique se laissent pousser les ongles.</p>
<p>Certains ont des ongles longs d’un ou deux pouces, voire même de trois ou quatre pouces. Ceci va à l’encontre du Dharma. Ce n’est pas le corps-esprit du Bouddha. Ces gens sont ainsi parce qu’ils manquent de respect envers les traditions anciennes des bouddhistes ; les patriarches vénérables qui possèdent l’état de vérité ne sont jamais ainsi.</p>
<p>Il y en a d’autres également qui se laissent pousser les cheveux. Ceci va également à l’encontre du Dharma. Ne supposez pas à tort que, sous prétexte que cela constitue l’habitude de certains moines d’une grande nation, ce puisse pour autant incarner le juste Dharma.</p>
<p>Mon dernier Maître, le Bouddha éternel, avait des mots stricts pour avertir les moines qui portaient dans le pays de longs cheveux ou de longs ongles. Il disait: « <i>Ceux qui ne comprennent pas l’importance de se raser le crâne ne sont ni des gens du siècle, ni des moines ; ce sont tout simplement des animaux. Depuis les temps anciens, y a-t-il eu un seul patriarche bouddhiste qui ne se soit rasé le crâne ? Ceux qui de nos jours ignorent l’importance de se raser le crâne sont de véritables animaux.</i> »</p>
<p>Lorsqu’il enseignait ainsi à l’assemblée, beaucoup de gens qui ne s’étaient pas rasé le crâne depuis des années rasaient alors leur crâne. Que ce soit lors des enseignements formels dans la salle du Bouddha ou dans ses enseignements informels, le Maître claquait fortement des doigts tandis qu’il les réprimandait.</p>
<p>« <i>Ignorants de la vérité, ils se laissent pousser les cheveux et les ongles à leur gré ; il est déplorable qu’ils dévouent leur corps-esprit à des voies erronées. Depuis deux ou trois cents ans il y a de telles personnes en Inde parce que la vérité du Maître Ancestral s’y est éteinte. Ils deviennent pourtant chefs de temples et, accolant le terme de « Maître » à leur signature, ils donnent l’apparence d’agir pour le bien de tous ; mais le bénéfice de leurs actions est nul, pour les humains comme pour les êtres célestes. De nos jours, sur toutes les montagnes du pays, il n’y a personne qui ait la détermination de poursuivre la vérité. Ceux qui l’ont atteinte se sont éteints depuis longtemps. Seuls subsistent des groupes corrompus et dégénérés.</i> »</p>
<p>Lorsqu’il s’exprimait ainsi dans ses enseignements informels, parmi les présents diverses personnes originaires de nombreuses régions, arbitrairement affublés du titre de « Maître vénérable », ne lui en tenaient pas rigueur et ne trouvaient rien à y redire. Sachez que se laisser pousser les cheveux est une chose contre laquelle les patriarches bouddhistes font remontrance, et que laisser pousser ses ongles est l’attitude des non-bouddhistes. En tant qu’enfants et petits-enfants des patriarches bouddhistes, nous ne devrions pas adopter de telles attitudes assimilables à des violations du Dharma. Nous devrions laver le corps-esprit, tailler nos ongles et nous raser le crâne.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p><i>Laver l’anus et l’urètre</i> : ne négligez pas ce point. Il y a un épisode dans lequel, à travers cette pratique, Sariputra entraîna un non-bouddhiste à se convertir. Ce n’était ni l’attente du non-bouddhiste à l’origine, ni l’espoir prémédité de Sariputra, mais lorsque le comportement digne des patriarches bouddhistes est réalisé, les enseignements faux succombent naturellement.</p>
<p>Lorsque les moines pratiquent sous un arbre à ciel ouvert, ils ne disposent pas de toilettes construites ; ils dépendent de vallées de rivières, convenablement situées, de ruisseaux, et ainsi de suite, et ils se nettoient avec ce qu’ils trouvent sur le sol. Ils ne disposent pas de cendres. Ils utilisent alors deux paquets de sept boules de terre. La méthode consistant à utiliser deux paquets de terre est la suivante :</p>
<p>Tout d’abord les moines enlèvent et plient leur kesa, puis rassemblent de la terre – pas noire mais jaunâtre – et la divisent en boules, chacune environ de la taille d’un gros grain de soja. Ils les arrangent en rangées de sept boules, sur une pierre ou un autre endroit qui convienne, en disposant deux rangées de sept boules chacune. Ensuite ils se mettent en quête d’une pierre qui sera utilisée comme grattoir. Alors seulement, ils défèquent. Après avoir déféqué ils utilisent un bâton, ou parfois du papier. Puis ils vont au bord de l’eau et se lavent, apportant d’abord trois boules de terre pour se nettoyer avec. Ils prennent chaque boule de terre  dans la paume de leur main et y ajoutent un peu d’eau de manière à ce que la terre se dissolve jusqu’à une consistance plus fine que la boue – environ la consistance d’un fin gruau de riz. Ils lavent d’abord l’urètre. Puis ils utilisent une autre boule de terre, de la même façon, pour se laver l’anus. Ensuite, ils utilisent une boule de terre, toujours de la même manière qu’auparavant, pour laver la main impure.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>Dès lors que les moines commencèrent à vivre dans des temples, ils construisirent des bâtiments réservés aux toilettes. Elles sont appelées tosu (le bâtiment Est) ou parfois sei (les toilettes) ou encore shi (le bâtiment latéral). Ce sont des bâtiments qui doivent être présents partout où vivent des moines. La règle pour aller aux toilettes est toujours de prendre la longue serviette de moine. La méthode consiste à plier la serviette en deux, puis de la placer dans le creux du coude gauche de manière à ce qu’elle pende au-dessus de la manche de votre robe.</p>
<p>A l’arrivée aux toilettes, accrochez la serviette sur le suspensoir (bâton horizontal) à vêtements. La manière de la pendre est à plat comme elle était sur votre bras. Si vous portez un kesa à neuf bandes, sept bandes ou autre, accrochez-le le long de la serviette. Arrangez-le soigneusement de manière à ce qu’il ne tombe pas. Ne le jetez pas sur le suspensoir à la hâte. Faites bien attention de vous rappeler la marque sur le suspensoir. Se souvenir de la marque fait référence aux caractères écrits le long du suspensoir ; ils sont tracés à l’intérieur de cercles en forme de lune sur des feuilles de papier blanc, qui sont alors attachés en ligne sur le suspensoir.</p>
<p>Se souvenir de la marque signifie donc ne pas oublier au-dessus de quel caractère vous avez suspendu votre robe, et ne pas confondre les places. Particulièrement lorsque beaucoup de moines sont présents, ne confondez pas votre place sur le suspensoir avec celle des autres. Pendant ce temps, si d’autres moines sont arrivés et se tiennent debout en ligne, inclinez-vous vers eux. Pour cela il n’est pas nécessaire de se faire face directement ni d’incliner tout le corps – il s’agit juste d’un geste de salutation avec les mains repliées en shashu.</p>
<p>A la toilette, même si vous ne portez pas de robe, inclinez-vous tout de même et saluez les autres moines. Si aucune de vos mains n’est impure, ni ne tient quoi que ce soit, procédez ainsi. Si au contraire une main est déjà souillée ou tient quelque chose, saluez avec une seule main. Pour saluer avec une seule main, tournez la paume vers le haut, courbez légèrement les doigts en coupe comme pour puiser de l’eau, et inclinez-vous comme si vous baissiez seulement légèrement la tête. Si quelqu’un d’autre s’incline ainsi, vous devez en faire de même. Et lorsque vous le faites, les autres doivent vous imiter.</p>
<p>Lorsque vous enlevez votre manteau et votre robe, accrochez-les à côté de la serviette. La manière pour les pendre est la suivante : enlevez la robe et rassemblez les manches dans le dos, puis rassemblez les aisselles et soulevez-les de manière à ce que les manches se superposent. Ensuite, saisissez le col de la robe par l’intérieur avec la main gauche, tirez les épaules avec la main droite, et pliez les manches (et les revers) gauche et droite l’une sur l’autre.</p>
<p>Une fois que vous avez plié les manches et les revers ainsi, pliez à nouveau, au milieu du vêtement depuis le haut vers le bas, puis passez le col de la robe par-dessus le suspensoir. L’ourlet de la robe et l’extrémité des manches pendent du côté du suspensoir le plus proche. Par exemple, la robe sera suspendue au niveau de la taille. Ensuite, croisez les bouts de la serviette qui pendent de chaque côté du suspensoir, et tirez-les  derrière la robe. Alors, du côté de la robe où la serviette ne pend pas, croisez à nouveau les extrémités, puis faites un nœud. Tournez alors deux ou trois fois, en croisant les bouts et en nouant, pour vous assurer que la robe ne tombera pas du suspensoir sur le sol. Faisant enfin face à la robe, joignez les paumes des mains en gasshô.</p>
<p>Ensuite saisissez les attaches de votre kimono et utilisez-les pour soulever et nouer vos manches derrière la nuque. Allez remplir une cuvette d’eau et, la tenant de la main droite, entrez dans la cabine de toilettes. La manière de mettre l’eau dans le seau est de ne pas le remplir complètement, mais seulement à quatre-vingt-dix pour cent. Devant l’entrée de la cabine des toilettes, changez de chaussures. Changer de chaussures signifie enlever vos propres chaussures et chausser des chaussures de paille réservées à cet effet.</p>
<p>Le zen-en-shingi dit : « <i>Lorsque nous voulons aller aux toilettes, nous devons nous y rendre en avance. Ne vous y rendez pas dans un état d’anxiété ou de hâte. A ce moment, pliez votre kesa puis placez-le sur le bureau de votre chambre, ou sur le suspensoir.</i> »</p>
<p>Etant entré dans la cabine de toilettes, fermez la porte de la main gauche. Ensuite, versez un tout petit peu d’eau du seau dans la cuvette des toilettes. Ensuite posez le seau à sa place, directement en face du trou. Puis, vous tenant debout face à la cuvette des toilettes, claquez des doigts à trois reprises. Tandis que vous claquez des doigts, formez votre poing gauche et maintenez-le contre la hanche gauche. Puis mettez en ordre l’ourlet de votre chemise et les coins de vos habits, faites face à l’entrée, positionnez les pieds de chaque côté du bord de la cuvette des toilettes, accroupissez-vous et déféquez.</p>
<p>Ne salissez pas les côtés de la cuvette, et ne souillez pas non plus l’avant et l’arrière de la cuvette. Pendant ce temps, restez calme. Ne plaisantez pas avec la personne de la cabine voisine, ne discutez pas, ne chantez pas et ne récitez pas de poèmes ni même de sutras. Ne faites pas de bruit de pleurs, de colère ou de haine. N’écrivez pas sur les murs, et ne tracez pas de lignes dans le sol avec le bâton à merde.</p>
<p>Le bâton doit être utilisé après vous être soulagé &#8211; une autre manière est d’utiliser du papier ; le vieux papier ne doit pas être employé, ni du papier sur lequel figurent des écrits -  Distinguez bien les bâtons propres des sales. Les bâtons sont longs de dix pouces, de section triangulaire, et d’un pouce d’épaisseur. Certains sont laqués, d’autres non. Les bâtons sales sont déposés dans une boîte. Les bâtons propres sont rangés dans un chevalet prévu à cet effet.</p>
<p>Le chevalet est placé près du tableau indiquant l’entrée des toilettes. Après avoir utilisé le bâton ou du papier, la méthode pour se laver est la suivante : tenir le seau de la main droite, tremper la main gauche dans l’eau puis, la main en conque, puiser de l’eau. Rincer d’abord l’urètre trois fois puis rincer l’anus. Rendez-vous pur et propre en appliquant cette méthode pour vous laver. Pendant ce temps, prenez garde à ne pas bousculer le seau soudainement en provoquant des éclaboussures, ne répandez pas d’eau par terre depuis votre main, ce qui provoque du gaspillage.</p>
<p>Une fois que vous avez terminé de vous laver, remettez le seau à sa place et ensuite, à l’aide d’un autre bâton – ou en faisant usage de papier &#8211; ,séchez-vous. L’urètre et l’anus doivent être soigneusement séchés. Ensuite, de la main droite, réarrangez le revers de votre chemise et les coins de vos vêtements, et tenant le seau de la main droite, quittez la cabine de toilettes, retirez les chaussures de paille et remettez les vôtres tandis que vous franchissez l’entrée. Puis, retournant vers les lavabos, remettez le seau à sa place.</p>
<p>Ensuite lavez-vous les mains. Prenant la cuillère à cendres dans la main droite, versez-en d’abord sur une tuile ou une pierre, ajoutez quelques gouttes d’eau de la main droite, et nettoyez la main souillée.  Frottez les doigts sur la tuile ou la pierre, comme si vous aiguisiez une lame rouillée sur une pierre à fusil. Lavez ainsi à l’aide de la cendre à trois reprises. Puis à nouveau trois fois, en mettant cette fois de la terre sur la pierre et en l’arrosant d’eau. Ensuite, prenez une pousse de févier dans la main droite, plongez la dans un petit bassin d’eau, et frottez la entre vos mains. Lavez vos mains soigneusement en remontant également vers les avant-bras.</p>
<p>Lavez avec effort et attention, vous appuyant sur l’esprit de sincérité. Trois doses de cendres, trois paquets de terre et un févier forment ensemble sept parts, c’est la norme. Ensuite, rincez vos mains dans le bassin large. Cette fois les produits pour la peau : la terre, les cendres, ne sont pas utilisés. Lavez seulement à l’eau, qu’elle soit chaude ou froide. Après avoir rincé une première fois, versez l’eau utilisée dans un petit seau, puis versez de l’eau fraîche dans le bassin, et lavez-vous à nouveau les mains.</p>
<p>Le sutra de la Guirlande dit : «  <i>Lorsque nous nous lavons les mains avec de l’eau, nous devrions prier pour que tous les êtres vivants obtiennent des mains excellentes et fines, avec lesquelles ils puissent recevoir et protéger le Dharma du Bouddha. </i>»</p>
<p>Pour attraper la louche, utilisez toujours la main droite. Pendant ce temps, n’agitez pas bruyamment la louche et le seau. N’éclaboussez pas alentour, ne secouez pas les pousses de févier, ne mouillez pas la zone des tables de toilette, ne soyez pas trop empressé ou désordonné. Ensuite, séchez vos mains sur la serviette commune, ou sur votre propre serviette. Après vous être essuyé les mains, rendez-vous sous le suspensoir, face à votre robe, dénouez le cordon  et pendez-le au suspensoir.  Alors, après avoir joint les mains, dénouez la serviette, descendez la robe et revêtez-la. Puis, la serviette pendant sur le bras gauche, appliquez du parfum.</p>
<p>Dans la zone commune il y a un distributeur de parfum. Il s’agit de bois de senteur façonné en forme de boîte à bijoux ovale, d’un pouce d’épaisseur, et de la longueur de deux largeurs de doigts. Il est attaché au suspensoir par un morceau de corde d’un pied de long ou plus, qui est enfilé dans un trou percé à chaque extrémité du bois de senteur. Lorsqu’il est frotté entre les mains, il répand naturellement son parfum.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>Lorsque vous attachez votre lien au suspensoir, ne l’accrochez pas au-dessus d’un autre, les cordes risqueraient de se mélanger. De telles actions sont toutes purifier la Terre de Bouddha, orner le Royaume de Bouddha, donc faites les soigneusement et sans hâte. Ne soyez pas pressé de terminer, en pensant que vous devez partir rapidement. Evitez aussi de fixer le visage des moines qui y sont entrés. Dans votre for intérieur, vous aimez peut-être chérir le principe selon lequel <i>nous n’exposons pas le Dharma du Bouddha tandis que nous sommes aux toilettes </i>(citation de source inconnue), mais c’est un tort.</p>
<p>L’eau froide est préférable pour se laver lorsque vous êtes à l’intérieur même de la cabine de toilette; on dit que l’eau chaude favorise les désordres gastriques. Cependant il n’y a pas de restriction concernant l’usage d’eau chaude pour se laver les mains. La raison en est qu’un chaudron est disposé de manière à pouvoir chauffer de l’eau pour se laver les mains. Le Shingi dit : « <i>Le soir tard, faites bouillir de l’eau et disposez de l’huile pour les lampes. Assurez-vous toujours qu’il y ait constamment à disposition de l’eau chaude et froide, de sorte que les moines soient à leur aise.</i> » Nous pouvons donc constater qu’il est possible d’utiliser aussi  bien de l’eau chaude que de l’eau froide.</p>
<p>Si l’intérieur d’une cabine des toilettes est sali, fermez la porte et accrochez un panneau « sale ». Si un seau a été renversé par mégarde dans la cuvette des toilettes, fermez la porte et accrochez un panneau « seau tombé ». N’entrez pas dans une cabine de toilette sur laquelle un de ces panneaux sont accrochés. Si, tandis que vous êtes déjà dans les toilettes, vous entendez quelqu’un à l’extérieur qui claque des doigts, cela indique que vous devez quitter les lieux. Le Shingi dit : « <i>Si nous ne sommes pas lavés, nous ne devons ni nous asseoir sur une plate-forme de moine, ni nous incliner devant les trois trésors. Nous ne devons pas recevoir les salutations des visiteurs.</i> » Le sutra des Trois Mille Formes de Dignité dit : « Si nous ne pouvons pas nous laver l’anus et l’urètre, nous commettons une violation des préceptes, et nous ne devons pas nous asseoir sur le zagu ni nous incliner face aux Trois Trésors. Même si nous nous inclinons, il n’y a ni bonheur ni vertu. »</p>
<p>Donc, sur le siège où nous poursuivons ardemment la vérité, nous devrions considérer ce comportement comme prioritaire. Comment pourrions-nous nous dispenser de nous incliner face aux Trois Trésors ? Comment rejeter les prosternations des visiteurs ? Et comment tolérer de ne pas pouvoir saluer les autres ? Dans le temple d’un patriarche bouddhiste, ce comportement dignifié est toujours accompli, et les personnes qui y vivent en sont toujours pourvues.</p>
<p>Il ne s’agit pas là notre propre effort intentionnel, il s’agit de l’expression du comportement dignifié lui-même. C’est le comportement usuel des bouddhas et la vie quotidienne des patriarches. Ce n’est pas seulement l’attitude des bouddhas de ce monde : c’est le comportement des bouddhas dans les dix directions ; c’est le comportement des Bouddhas des terres pures ainsi que des terres impures. Les personnes les plus avisées ignorent pourtant que les bouddhas puissent avoir un comportement dignifié aux toilettes, et ne pensent pas que le comportement dignifié des bouddhas du monde humain puisse être identique à celui des bouddhas de la Terre Pure. Ceci est négliger d’apprendre la vérité du Bouddha.</p>
<p>Sachez que la pureté et l’impureté sont pareils à du sang coulant d’un être humain. A un certain moment il est chaud, à un autre il devient dégoûtant. Les bouddhas ont des toilettes, et nous devons nous en souvenir.</p>
<p>Le fascicule quatorze des préceptes du Vinaya dit : « <i>Le novice Rahula passa la nuit dans les toilettes du Bouddha. Lorsque le Bouddha s’éveilla et le vit, il tapota la tête de Rahula de sa main droite et prêcha la sentence suivante :</i></p>
<p><i>Tu n’as jamais été frappé de misère</i></p>
<p><i>Ni dépouillé de ta richesse et de ta noblesse.</i></p>
<p><i>A la seule fin de poursuivre la vérité,</i></p>
<p><i>Tu as quitté ta demeure.</i></p>
<p><i>Tu seras en mesure d’endurer cette épreuve.</i> »</p>
<p>Il y a donc des bâtiments de toilettes dans les lieux où les Bouddhas pratiquent la vérité. Et le comportement dignifié dans le bâtiment des toilettes du Bouddha est de laver. Le fait que le comportement du Bouddha, transmis de patriarche en patriarche, survive de nos jours, est une source de joie pour ceux qui vénèrent les anciens. Nous sommes en mesure de rencontrer la vérité difficile à rencontrer.</p>
<p>De plus, le Tathagata enseigna gracieusement le Dharma pour Rahula dans le bâtiment des toilettes. Ce bâtiment fut donc un lieu d’assemblée pour que le Bouddha active la roue du Dharma. Le calme et l’occasion de progrès de ce lieu de vérité a été authentiquement transmis par les patriarches Bouddhistes.</p>
<p>Le fascicule 34 des préceptes Mahasanghika dit : « <i>Le bâtiment des toilettes ne doit être placé ni à l’est ni au nord. Il doit être placé au sud ou à l’ouest. La même règle s’applique aux urinoirs.</i> »</p>
<p>Nous devrions suivre ces indications favorables. Ceci fut le cas de tous les monastères en Inde et en Chine, et la méthode de construction du vivant du Tathagata. Sachez que ceci n’est pas seulement la forme suivie par un seul bouddha ; cela décrit les lieux de vérité, les monastères, pour les Sept Bouddhas. Cela n’a jamais connu de commencement ; c’est seulement la forme dignifiée des bouddhas.</p>
<p>Si nous espérons établir un temple où pratiquer le Dharma du Bouddha avant d’avoir clarifié ces formes de dignité, nous commettrons beaucoup d’erreurs, nous serons démunis des formes dignifiées du Bouddha, et l’état de bodhéité du Bouddha ne se manifestera pas devant nous. Si nous espérons construire un lieu de pratique de la vérité, ou fonder un temple, nous devons suivre la forme du Dharma que les patriarches bouddhistes ont authentiquement transmise.</p>
<p>Nous devrions simplement suivre la forme du Dharma qui a été transmise authentiquement en tant que tradition juste. Parce qu’il s’agit de la transmission traditionnelle authentique, sa vertu s’est accumulée tant et plus. Ceux qui ne sont pas des successeurs légitimes de la transmission authentique des patriarches bouddhistes ne connaissent pas le corps-esprit du Dharma du Bouddha. Sans connaître le corps-esprit du Dharma du Bouddha, ils ne peuvent jamais clarifier les actions de Bouddha de la lignée du Bouddha.</p>
<p>Le fait que le Dharma du Bouddha du Grand Maître Shakyamuni Bouddha se soit répandu maintenant largement dans les dix directions est la réalisation du corps-esprit du Bouddha. La réalisation du corps-esprit du Bouddha, juste à ce moment, est ainsi.</p>
<div class='chapitres_conteneur_sommaire' id='chapitres_conteneur_sommaire1'><div class='chapitres_infos_livre' id='chapitres_infos_livre1'><h2 class='chapitres_titre_livre' id='chapitres_titre_livre1'>SHOBOGENZO</h2><h4 class='chapitres_resume_livre' id='chapitres_resume_livre1'>Traduction Française du Shobogenzo, œuvre majeure de Maître Dogen.</h4></div><div class='chapitres_sommaire_livre' id='chapitres_sommaire_livre1'><ol><li><a href='http://zensotoreims.fr/bendowa/'>BENDOWA</a></li><li><a href='http://zensotoreims.fr/maka-hannya-haramitsu/'>MAKA HANNYA HARAMITSU</a></li><li><a href='http://zensotoreims.fr/genjo-koan/'>GENJO KOAN</a></li><li><a href='http://zensotoreims.fr/ikka-no-myoju/'>IKKA NO MYOJU</a></li><li><a href='http://zensotoreims.fr/ju-undo-shiki/'>JU UNDO SHIKI</a></li><li><a href='http://zensotoreims.fr/soku-shin-ze-butsu/'>SOKU SHIN ZE BUTSU</a></li><li><a href='http://zensotoreims.fr/senjo/'>SENJO</a></li><li><a href='http://zensotoreims.fr/raihai-tokuzui/'>RAIHAI TOKUZUI</a></li><li><a href='http://zensotoreims.fr/keisei-sanshiki/'>KEISEI SANSHIKI</a></li><li><a href='http://zensotoreims.fr/shoaku-makusa/'>SHOAKU MAKUSA</a></li><li><a href='http://zensotoreims.fr/uji/'>UJI</a></li></ol></div></div>
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		<title>SOKU SHIN ZE BUTSU</title>
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		<pubDate>Thu, 19 Sep 2013 18:43:12 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[Fabrice SEVERIN]]></dc:creator>
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		<category><![CDATA[TEXTES ZEN]]></category>
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		<description><![CDATA[Maître Dogen, dans sa grande compassion, passe en revue avec force détails l'hérésie qui consiste à croire que puisque notre esprit est Bouddha, nous sommes déjà des Bouddhas.]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: center;"><div class='chapitres_conteneur_sommaire' id='chapitres_conteneur_sommaire1'><div class='chapitres_infos_livre' id='chapitres_infos_livre1'><h2 class='chapitres_titre_livre' id='chapitres_titre_livre1'>SHOBOGENZO</h2><h4 class='chapitres_resume_livre' id='chapitres_resume_livre1'>Traduction Française du Shobogenzo, œuvre majeure de Maître Dogen.</h4></div><div class='chapitres_sommaire_livre' id='chapitres_sommaire_livre1'><ol><li><a href='http://zensotoreims.fr/bendowa/'>BENDOWA</a></li><li><a href='http://zensotoreims.fr/maka-hannya-haramitsu/'>MAKA HANNYA HARAMITSU</a></li><li><a href='http://zensotoreims.fr/genjo-koan/'>GENJO KOAN</a></li><li><a href='http://zensotoreims.fr/ikka-no-myoju/'>IKKA NO MYOJU</a></li><li><a href='http://zensotoreims.fr/ju-undo-shiki/'>JU UNDO SHIKI</a></li><li><a href='http://zensotoreims.fr/soku-shin-ze-butsu/'>SOKU SHIN ZE BUTSU</a></li><li><a href='http://zensotoreims.fr/senjo/'>SENJO</a></li><li><a href='http://zensotoreims.fr/raihai-tokuzui/'>RAIHAI TOKUZUI</a></li><li><a href='http://zensotoreims.fr/keisei-sanshiki/'>KEISEI SANSHIKI</a></li><li><a href='http://zensotoreims.fr/shoaku-makusa/'>SHOAKU MAKUSA</a></li><li><a href='http://zensotoreims.fr/uji/'>UJI</a></li></ol></div></div></p>
<blockquote><p>L&rsquo;esprit lui-même est <strong>Bouddha</strong>.</p>
<p><strong>Maître Dogen </strong> clarifie la question centrale de la pratique, qui fut également son propre koan lorsqu&rsquo;il cherchait la Voie, et la raison pour laquelle il partit en Chine:</p>
<p>Fondamentalement en effet <strong>toutes les existences ont la nature du Bouddha</strong>, alors à quoi bon pratiquer? C&rsquo;est précisément la source de beaucoup d&rsquo;illusions et d&rsquo;hérésies, il ne suffit pas de savoir que l&rsquo;on est Bouddha pour <strong>l&rsquo;actualiser</strong>!</p></blockquote>
<p>&nbsp;</p>
<p>Ce que chaque Bouddha et ce que chaque patriarche ont protégé et dont ils ont dépendu, tous sans exception, est seulement &laquo;&nbsp;<i>l&rsquo;esprit ici et maintenant est bouddha</i>.&nbsp;&raquo; Beaucoup de disciples se méprennent cependant en pensant que &laquo;&nbsp;<i>l&rsquo;esprit ici et maintenant est bouddha</i>&nbsp;&raquo; n&rsquo;a pas existé en Inde, mais a été entendu pour la première fois en Chine.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>De fait, ils n’ont pas conscience de leur erreur. Parce qu&rsquo;ils sont inconscients d’être dans l’erreur, ils sombrent dans des points de vue non-bouddhistes. Lorsque des personnes stupides entendent parler de &laquo;&nbsp;<i>l&rsquo;esprit ici et maintenant est bouddha</i>&laquo;&nbsp;, ils l’interprètent en pensant que les êtres ordinaires sont bouddhas par leur intellect et leur perception, sans avoir jamais réalisé l&rsquo;esprit d’Éveil. Cette croyance provient de l&rsquo;absence de rencontre avec un maître authentique.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>La raison pour laquelle je dis qu&rsquo;ils deviennent non-bouddhistes est qu&rsquo;il y eut en Inde un non-bouddhiste appelé Senika, dont le point de vue peut être exposé comme suit:</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>« <i>La grande vérité existe en ce  moment même dans notre propre corps, donc nous pouvons facilement la trouver. En d&rsquo;autres termes, il y a en nous une intelligence spirituelle qui discrimine entre la douleur et le plaisir, qui ressent naturellement le froid et le chaud, et reconnaît l&rsquo;inconfort et l&rsquo;irritation. </i></p>
<p><i>Cette intelligence n&rsquo;est pas limitée par la multitude des choses ni reliée aux circonstances: tandis que les choses vont et viennent et que les circonstances apparaissent et disparaissent, l&rsquo;intelligence spirituelle demeure quant à elle perpétuellement inchangée. Cette intelligence spirituelle est présente partout autour de nous, pénétrant tous les êtres sans distinction, qu’ils soient ordinaires ou sacrés. </i></p>
<p><i>En son sein, les fleurs illusoires flottent certes pour un temps dans l&rsquo;espace, mais lorsque l’image momentanée est apparue puis a disparu, autrement dit lorsque les phénomènes se sont évanouis et que les circonstances sont dissoutes, alors l&rsquo;intelligence spirituelle, l&rsquo;essence originelle seule est clairement reconnaissable, paisible, et éternelle. Bien que le corps physique puisse être détruit, l’intelligence spirituelle le quitte sans altération; exactement comme lorsqu&rsquo;une maison brûle, le maître de la maison en sort. </i></p>
<p><i>Cette présence spirituelle authentique et parfaitement claire est appelée &laquo;&nbsp;l&rsquo;essence de la perception et de l&rsquo;intelligence&nbsp;&raquo;. Elle est aussi décrite comme &laquo;&nbsp;bouddha&nbsp;&raquo;, et appelée &laquo;&nbsp;illumination&nbsp;&raquo;. Elle inclut le sujet et l&rsquo;objet, et elle pénètre à la fois l&rsquo;illusion et l&rsquo;illumination. </i></p>
<p><i>Laissez donc la multitude des phénomènes et toutes les circonstances comme ils sont. L&rsquo;intelligence spirituelle se mélange pas aux circonstances et n’est pas confondue avec les choses. Elle demeure constamment à travers tous les kalpas. Nous pourrions aussi bien appeler les circonstances qui existent dans l&rsquo;instant présent  &laquo;&nbsp;le réel&nbsp;&raquo;, dans la mesure seulement où elles dérivent de l&rsquo;existence d&rsquo;une intelligence spirituelle: en effet ce n’est que parce qu’elles sont des conditions surgissant de l&rsquo;essence originelle qu’elles sont réelles. </i></p>
<p><i>Même ainsi, elles ne sont pas éternelles comme l&rsquo;est au contraire l’intelligence spirituelle, car elles existent mais ensuite s&rsquo;évanouissent. L’intelligence spirituelle n&rsquo;est reliée ni à la lumière ni à l&rsquo;obscurité, car elle connaît spirituellement. Nous l’appelons &laquo;&nbsp;l&rsquo;intelligence spirituelle&nbsp;&raquo;, nous l&rsquo;appelons également &laquo;&nbsp;le vrai moi&nbsp;&raquo;, nous l&rsquo;appelons &laquo;&nbsp;le fondement de l&rsquo;Éveil&nbsp;&raquo;, nous l&rsquo;appelons &laquo;&nbsp;essence originelle&nbsp;&raquo;, et nous l&rsquo;appelons &laquo;&nbsp;substance originelle&nbsp;&raquo;. </i></p>
<p><i>Quiconque réalise cette essence originelle retourne à l&rsquo;éternité et est appelé un grand homme retourné à la vérité. Il cesse d’errer à travers le cycle de la vie et de la mort; il expérimente l’océan essentiel où il n&rsquo;y a ni apparition ni disparition, et y entre à jamais. Il n&rsquo;y a d&rsquo;autre réalité que celle-ci, mais tant que cette essence n&rsquo;a pas surgi, les trois mondes et les six états semblent en conflit. »</i></p>
<p>&nbsp;</p>
<p>Ceci est donc le point de vue du non-bouddhiste Senika.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>Maître Echu, Grand Maître National et Impérial, du grand Royaume de Chine, demanda à un moine :</p>
<p><i>&laquo;&nbsp;De quelle direction viens-tu?&nbsp;&raquo;</i></p>
<p>Le moine répondit : &laquo;&nbsp;<i>Je suis venu du Sud</i>.&nbsp;&raquo;</p>
<p>Le maître dit: &laquo;&nbsp;<i>Quel maître y a-t-il dans le sud?&nbsp;&raquo;</i></p>
<p>Le moine dit: &laquo;&nbsp;<i>Il y en a beaucoup</i>.&nbsp;&raquo;</p>
<p>Le maître dit: &laquo;&nbsp;<i>Comment enseignent-ils aux gens?</i>&nbsp;&raquo;</p>
<p>Le moine dit: &laquo;&nbsp;<i>Les maîtres de de cette région enseignent directement aux disciples que l&rsquo;esprit ici et maintenant est bouddha. Bouddha signifie la conscience elle-même. Nous sommes présentement complètement dotés de l&rsquo;essence de la vue, de l&rsquo;ouïe, de la conscience, et de la reconnaissance. Cette essence nous rend capable de lever les sourcils et de cligner des yeux, d&rsquo;aller et venir, et de bouger et agir. </i></p>
<p><i>Elle pénètre le corps, si bien que quand quelque chose touche la tête, la tête le sait, et quand quelque chose touche le pied, le pied le sait. C&rsquo;est pourquoi elle est appelée &lsquo;la véritable intelligence pénétrant tout.&rsquo; À part cela il n&rsquo;y a pas du tout de bouddha. Ce corps doit apparaître et disparaître, mais l&rsquo;essence mentale n&rsquo;est jamais apparue ou disparue depuis le passé sans limite. L&rsquo;apparition et la disparition de ce corps est comme un dragon changeant ses os, un serpent muant sa peau, une personne déménageant d&rsquo;une ancienne maison. Ce corps est inconstant ; l&rsquo;essence est  constante. </i></p>
<p><i>Ce qu&rsquo;ils enseignent dans le sud est pour la plus grande part ainsi</i>.&nbsp;&raquo;</p>
<p>Le maître dit: &laquo;&nbsp;<i>S&rsquo;il en est ainsi, ils ne sont pas différents du non-bouddhiste Senika qui dit : &lsquo;Dans notre corps il y a une essence spirituelle unique. Cette essence peut reconnaître la douleur et l&rsquo;irritation. Lorsque le corps périt l&rsquo;esprit le quitte; exactement comme quand une maison brûle le maître s&rsquo;en va. La maison est inconstante ; le maître de la maison est constant.&rsquo; </i></p>
<p><i>Lorsque j&rsquo;examine les dires de telles personnes, il est clair pour moi qu&rsquo;ils sont incapables de démêler le vrai du faux. Comment pourraient-ils décider de ce qui est juste? Durant mes voyages j&rsquo;ai souvent  rencontré ce genre d’individus. Ils sont devenus depuis peu très populaires. Ils rassemblent des auditoires de quelques centaines de personnes et proclament, les yeux égarés dans les paradis du ciel : &lsquo;Voici l&rsquo;enseignement fondamental du Sud.&rsquo;</i></p>
<p><i>Ils s’emparent du Sutra de l’Estrade et le détournent en y mêlant des histoires populaires et en éludant sa signification sacrée. Ils illusionnent et perturbent de jeunes disciples. Comment pourrait-on jamais qualifier cela d&rsquo;enseignement oral?  Comme il est douloureux que notre religion soit ainsi dévoyée !</i></p>
<p><i>Si voir, entendre, être conscient, et reconnaître pouvait être équivalent à la nature de Bouddha, Vimalakirti n&rsquo;aurait jamais dit &lsquo; le Dharma transcende la vue, l&rsquo;ouïe, la conscience et la reconnaissance. Lorsque nous utilisons la vue, l&rsquo;ouïe, la conscience et la reconnaissance ce n&rsquo;est pas poursuivre le Dharma.’</i>&nbsp;&raquo;</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>Le Maître National Echu est un excellent disciple du Bouddha éternel de Sokei (Maître Eno). Il est un grand Maître du monde céleste autant que du monde humain. Nous devrions clarifier son enseignement fondamental et le considérer comme un levier essentiel pour apprendre la pratique. Ne suivez pas ce que vous savez maintenant être le point de vue du non-bouddhiste Senika.</p>
<p>Parmi les Maîtres des générations récentes subsistant dans les montagnes de Chine, il n&rsquo;en est pas un qui soit l’égal de Maître Echu. Depuis les temps anciens, aucun Maître équivalent au Maître National ne s’est jamais manifesté dans le monde. Néanmoins les gens du monde ont pensé à tort que Rinzai ou même Tokuzan pouvaient l’égaler. Les gens pensant ainsi sont hélas trop nombreux.</p>
<p>Il est déplorable qu&rsquo;il n&rsquo;y ait plus de Maître à la vision claire. Cette phrase : &laquo;&nbsp;<i>L&rsquo;esprit ici et maintenant est bouddha&nbsp;&raquo;</i> que les patriarches Bouddhistes protègent et dont ils dépendent, n&rsquo;est pas même effleurée par les non-bouddhistes ni aucun pratiquant des deux véhicules, ne fût-ce qu’en rêve !</p>
<p>Les patriarches Bouddhistes et eux seuls possèdent l&rsquo;ouïe, l&rsquo;action et l&rsquo;expérience qui actualisent vigoureusement et réalisent parfaitement <i>l&rsquo;esprit ici et maintenant est bouddha</i>. Les <i>Bouddhas</i> ont continuellement récolté et semé des centaines de graines, pourtant ils ne se sont jamais représentés  avec un corps en or de cinq mètres de haut. L’univers <i>immédiat</i> existe ; il n&rsquo;est pas en attente de réalisation, il n&rsquo;est pas en train d&rsquo;éviter la destruction. Ce triple monde <i>concret</i> existe ; il n&rsquo;est pas en train de disparaître ni d’apparaître, il n&rsquo;est pas uniquement spirituel. <i>L&rsquo;esprit</i> existe en tant que barrières et murs, il ne devient jamais boueux ou humide, il n&rsquo;est certainement jamais une construction artificielle.</p>
<p>Nous réalisons par la pratique que <i>l&rsquo;esprit ici et maintenant est bouddha</i>, nous réalisons par notre pratique que <i>l&rsquo;esprit qui est bouddha est ainsi</i>, nous réalisons par notre pratique que <i>Bouddha est réellement seulement l&rsquo;esprit</i>, nous réalisons par notre pratique que <i>l&rsquo;esprit-bouddha ici et maintenant est droit</i>, et nous réalisons par notre pratique que cet <i>esprit-bouddha existe ici maintenant</i>.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>Une telle réalisation à travers la pratique est <i>l&rsquo;esprit ici maintenant est bouddha</i> se recevant lui-même et se transmettant authentiquement lui-même à <i>l&rsquo;esprit ici et maintenant bouddha</i>. Authentiquement transmis ainsi, il est arrivé jusqu&rsquo;à nos jours.</p>
<p><i>L&rsquo;esprit qui a été authentiquement transmis</i> signifie un seul esprit pour tous les phénomènes, et tous les phénomènes en tant qu&rsquo;un seul esprit. Pour cette raison, un homme des temps anciens a dit : « <i>Lorsqu&rsquo;une personne s’Éveille à l&rsquo;esprit, il n&rsquo;y a plus une once de terre sur la planète. </i>»</p>
<p>Sachez que lorsque nous nous Éveillons à l&rsquo;esprit, le paradis tout entier s&rsquo;écroule soudain et le sol entier en est déchiré. En d&rsquo;autres mots, lorsque nous nous Éveillons à l&rsquo;esprit, la Terre augmente de trois pouces.</p>
<p>Un ancien patriarche a dit : « <i>Qu&rsquo;est-ce que l&rsquo;esprit subtil, pur et brillant ? Ce sont les montagnes, les rivières, et la Terre, le soleil, la lune et les étoiles</i>. » Clairement, l’« <i>esprit</i> » est les montagnes, les rivières, et aussi la Terre, le soleil, la lune et les étoiles. Mais ce que ces mots disent est que lorsque nous avançons, ce n&rsquo;est pas assez, et lorsque nous reculons, c&rsquo;est trop.</p>
<p>L&rsquo;esprit en tant que montagnes, rivières  et Terre n&rsquo;est rien d&rsquo;autre que des montagnes, des rivières  et la Terre. Il n&rsquo;y a pas de vagues ni de ressac, de vent ni de fumée surajoutés. L&rsquo;esprit en tant que soleil, lune et étoiles n&rsquo;est rien d&rsquo;autre que le soleil, la lune et les étoiles. Il n&rsquo;y a pas en plus du brouillard de la brume.</p>
<p>L’esprit en tant que vivre et mourir, aller et venir, n&rsquo;est rien d&rsquo;autre que vivre et mourir, aller et venir. Il n&rsquo;y a pas en plus illusion ou réalisation. L’esprit en tant que barrière, mur, tuiles, et cailloux n&rsquo;est rien d&rsquo;autre que des barrières, des murs, des tuiles et des cailloux. Il n&rsquo;y a pas un supplément de boue ou d&rsquo;eau. L’esprit en tant que quatre éléments et cinq agrégats n&rsquo;est rien d&rsquo;autre que les quatre éléments et les cinq agrégats. Il n&rsquo;y a pas en plus un cheval ou un singe. L&rsquo;esprit comme chaise ou chasse-mouches n&rsquo;est rien d&rsquo;autre qu&rsquo;une chaise ou un chasse-mouches. Il n&rsquo;y a pas en plus de bambou ni de bois.</p>
<p>Parce qu’il en est ainsi, <i>l&rsquo;esprit ici maintenant est</i> <i>bouddha</i> est <i>l&rsquo;esprit ici et maintenant est bouddha</i> sans souillure. Tous les bouddhas sont des bouddhas non souillés. Ceci étant,<i> l&rsquo;esprit ici maintenant est bouddha</i> est les bouddhas eux-mêmes qui établissent la volonté d’Éveil, pratiquent, réalisent l&rsquo;Éveil, et expérimentent le nirvana.</p>
<p>Si nous n&rsquo;avons jamais établi la volonté d’Éveil, la pratique, la réalisation de l’Éveil, et l&rsquo;expérience du nirvana, alors ce n&rsquo;est pas <i>l&rsquo;esprit ici maintenant est bouddha</i>. Si nous établissons l&rsquo;esprit et que nous réalisons la pratique-expérience même un seul instant, c’est <i>l&rsquo;esprit ici et maintenant est bouddha</i>. Si nous établissons la volonté et que nous pratiquons et expérimentons même dans une seule molécule, c&rsquo;est <i>l&rsquo;esprit ici maintenant est bouddha.</i> Si nous établissons la volonté d’Éveil, que nous pratiquons et expérimentons pendant des kalpas innombrables, c&rsquo;est <i>l&rsquo;esprit ici maintenant est bouddha</i>. Si nous établissons la volonté d’Éveil et pratiquons et expérimentons en un instant de conscience, c&rsquo;est <i>l&rsquo;esprit ici maintenant est bouddha.</i> Si nous établissons la volonté d’Éveil et pratiquons et expérimentons à l&rsquo;intérieur de la moitié d&rsquo;un point, c&rsquo;est <i>l&rsquo;esprit ici maintenant est bouddha</i>.</p>
<p>Prétendre au contraire que s&rsquo;entraîner à devenir un bouddha pendant de longs kalpas n&rsquo;est pas <i>l&rsquo;esprit ici et maintenant est bouddha</i> c’est ne jamais avoir vu ni connu, et n&rsquo;avoir jamais appris que<i> l&rsquo;esprit ici et maintenant est bouddha</i>. C&rsquo;est ne jamais avoir rencontré de Maître authentique qui enseigne que<i> l&rsquo;esprit ici et maintenant est bouddha</i>. Le terme « bouddhas » équivaut à Shakyamuni Bouddha. Shakyamuni Bouddha est seulement <i>l&rsquo;esprit ici et maintenant est bouddha</i>. Quand tous les bouddhas du passé, du présent et du futur deviennent bouddha, ils deviennent inévitablement Shakyamuni Bouddha, qui est <i>l&rsquo;esprit ici maintenant est bouddha</i>.</p>
<div class='chapitres_conteneur_sommaire' id='chapitres_conteneur_sommaire1'><div class='chapitres_infos_livre' id='chapitres_infos_livre1'><h2 class='chapitres_titre_livre' id='chapitres_titre_livre1'>SHOBOGENZO</h2><h4 class='chapitres_resume_livre' id='chapitres_resume_livre1'>Traduction Française du Shobogenzo, œuvre majeure de Maître Dogen.</h4></div><div class='chapitres_sommaire_livre' id='chapitres_sommaire_livre1'><ol><li><a href='http://zensotoreims.fr/bendowa/'>BENDOWA</a></li><li><a href='http://zensotoreims.fr/maka-hannya-haramitsu/'>MAKA HANNYA HARAMITSU</a></li><li><a href='http://zensotoreims.fr/genjo-koan/'>GENJO KOAN</a></li><li><a href='http://zensotoreims.fr/ikka-no-myoju/'>IKKA NO MYOJU</a></li><li><a href='http://zensotoreims.fr/ju-undo-shiki/'>JU UNDO SHIKI</a></li><li><a href='http://zensotoreims.fr/soku-shin-ze-butsu/'>SOKU SHIN ZE BUTSU</a></li><li><a href='http://zensotoreims.fr/senjo/'>SENJO</a></li><li><a href='http://zensotoreims.fr/raihai-tokuzui/'>RAIHAI TOKUZUI</a></li><li><a href='http://zensotoreims.fr/keisei-sanshiki/'>KEISEI SANSHIKI</a></li><li><a href='http://zensotoreims.fr/shoaku-makusa/'>SHOAKU MAKUSA</a></li><li><a href='http://zensotoreims.fr/uji/'>UJI</a></li></ol></div></div>
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		<title>JU UNDO SHIKI</title>
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		<pubDate>Tue, 06 Aug 2013 10:42:28 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[Fabrice SEVERIN]]></dc:creator>
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		<description><![CDATA[Maître Dogen expose dans ce chapitre les règles pour la méditation zen, zazen, dans un dojo zen. Le dojo est le lieu central de la pratique, il justifie donc un chapitre entier consacré à la description du comportement juste dans ce cadre.]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: center;"><div class='chapitres_conteneur_sommaire' id='chapitres_conteneur_sommaire1'><div class='chapitres_infos_livre' id='chapitres_infos_livre1'><h2 class='chapitres_titre_livre' id='chapitres_titre_livre1'>SHOBOGENZO</h2><h4 class='chapitres_resume_livre' id='chapitres_resume_livre1'>Traduction Française du Shobogenzo, œuvre majeure de Maître Dogen.</h4></div><div class='chapitres_sommaire_livre' id='chapitres_sommaire_livre1'><ol><li><a href='http://zensotoreims.fr/bendowa/'>BENDOWA</a></li><li><a href='http://zensotoreims.fr/maka-hannya-haramitsu/'>MAKA HANNYA HARAMITSU</a></li><li><a href='http://zensotoreims.fr/genjo-koan/'>GENJO KOAN</a></li><li><a href='http://zensotoreims.fr/ikka-no-myoju/'>IKKA NO MYOJU</a></li><li><a href='http://zensotoreims.fr/ju-undo-shiki/'>JU UNDO SHIKI</a></li><li><a href='http://zensotoreims.fr/soku-shin-ze-butsu/'>SOKU SHIN ZE BUTSU</a></li><li><a href='http://zensotoreims.fr/senjo/'>SENJO</a></li><li><a href='http://zensotoreims.fr/raihai-tokuzui/'>RAIHAI TOKUZUI</a></li><li><a href='http://zensotoreims.fr/keisei-sanshiki/'>KEISEI SANSHIKI</a></li><li><a href='http://zensotoreims.fr/shoaku-makusa/'>SHOAKU MAKUSA</a></li><li><a href='http://zensotoreims.fr/uji/'>UJI</a></li></ol></div></div></p>
<blockquote><p><b>Ju undo Shiki </b>désigne les règles de comportement dans le dojo du <strong>Bouddha</strong>.<br />
&nbsp;<br />
<strong>Maître Dogen </strong>explique ici en détail le comportement juste dans le dojo. Comme <strong>la pratique de zazen est centrale dans le zen</strong>, il est logique que le dojo soit aussi le lieu central dans le temple.<br />
&nbsp;<br />
Il est donc essentiel de <strong>s&rsquo;harmoniser</strong> avec les manières des anciens.</p></blockquote>
<p>Seules les personnes à la recherche de la Voie et rejetant la renommée et le gain peuvent entrer dans le dojo. Nous ne devrions pas admettre au hasard ceux qui ne sont pas sincères. Si quelqu’un a été admis par erreur nous devrions, après réflexion, les inviter à partir.</p>
<p>Sachez que lorsque le désir de la Voie a secrètement surgi, le souci de la renommée et du gain s’évapore instantanément. D’une manière générale, dans tout l’ensemble des mille mondes, il y a très peu d’exemples de la transmission juste et conforme. Dans notre pays, notre enseignement sera considéré comme la source originelle. Ressentant de la compassion pour les époques futures, nous devrions chérir la valeur du présent.</p>
<p>Les pratiquants du dojo doivent s’harmoniser comme le lait et l’eau, et ainsi encourager mutuellement de tout cœur la pratique de la vérité. Désormais nous sommes tels des invités et des hôtes, mais dans le futur nous serons pour toujours des patriarches bouddhistes. De sorte que maintenant que chacun d’entre nous rencontre la vérité difficile à rencontrer, et pratique ce qui est difficile à pratiquer, nous ne devons pas perdre notre sincérité. Cette sincérité est appelée le corps-esprit des patriarches bouddhistes ; elle devient inévitablement bouddha et patriarche.</p>
<p>Nous avons d’ores et déjà quitté nos familles et nos foyers ; nous dépendons des nuages et de l’eau. La bienveillance des membres de cette Sangha, en soutenant mutuellement notre santé et notre pratique, surpasse même celle d’un père et d’une mère. Un père et une mère sont seulement parents pour un court laps de temps entre la vie et la mort, mais les membres de cette Sangha seront des amis dans la vérité du Bouddha pour l’éternité.</p>
<p>Nous ne devons pas trop souhaiter quitter le temple. Si c’est absolument nécessaire, il est permis de sortir une fois par mois. Les pratiquants des temps anciens vivaient dans des montagnes reculées ou pratiquaient dans des forêts retirées. Non seulement ils n’avaient que peu de contacts humains, mais ils avaient également totalement écarté tous les engagements sociaux.<br />
Nous devons apprendre leur état d’esprit en nous enveloppant de leur lumière et en suivant leurs traces. Ici et maintenant est le moment de pratiquer comme pour éteindre un feu brûlant sur notre tête. Comment ne pourrions-nous pas regretter de consacrer négligemment ce temps à des occupations mondaines ? Comment ne pourrions-nous pas regretter cela ? Il est difficile de s’appuyer sur ce qui n’a pas de consistance, et nous ne pouvons jamais savoir où, dans l’herbe du bord du chemin, notre existence de goutte de rosée prendra fin. Gaspiller ce temps serait vraiment lamentable.</p>
<p>Tant que nous sommes dans le dojo nous ne devrions pas même lire le moindre texte Zen. Dans le dojo nous devons suivre les règles et poursuivre l’état de vérité. Lorsque nous sommes face à une fenêtre lumineuse, alors il est possible d’éclairer son esprit avec les enseignements des anciens. Ne perdez pas un instant. Efforcez-vous d’un seul esprit.</p>
<p>Nous devons poser comme règle générale d’informer le responsable du dojo de nos déplacements, de nuit ou de jour. Ne vous promenez pas à votre guise. Cela pourrait violer la discipline de la Sangha. Nous ne savons pas quand cette vie finira. Si elle devait parvenir à son terme durant une paresseuse excursion, cela serait sans doute regrettable.</p>
<p>Nous ne devons pas frapper les autres lorsqu’ils commettent des erreurs. Nous ne devons pas regarder les autres haineusement. Pour citer les mots d’un ancien, « Lorsque nous ne voyons pas les défauts des autres ni nos propres qualités, nous sommes naturellement respectés par les anciens et admirés par les plus jeunes. » Cela dit, nous ne devons pas imiter les erreurs d’autrui. Nous devons pratiquer selon notre propre vertu. Le Bouddha a prévenu contre les méfaits, mais pas par la haine.</p>
<p>Toute tâche, fut-elle grande ou petite, doit seulement être remplie après en avoir informé le responsable du dojo. Les personnes qui agissent sans respecter cette règle doivent être exclues. Lorsqu’il y a confusion dans les formalités entre membres et responsables, il est difficile de démêler le juste du faux.</p>
<p>Dans le dojo et alentour, nous ne devons pas élever la voix ou nous rassembler pour une conversation. Le responsable du dojo doit y mettre fin le cas échéant.</p>
<p>Dans le dojo nous ne devons pas pratiquer de marches cérémoniales.</p>
<p>Dans le dojo nous ne devons pas égrener de chapelets. Nous ne devons pas aller et venir les bras ballants.</p>
<p>Dans le dojo nous ne devons pas chanter ni lire de sutras. Si un donateur réclame la lecture de sutras par toute la communauté, alors c’est possible.</p>
<p>Dans le dojo nous ne devons pas nous moucher ni tousser bruyamment. Nous devrions regretter que notre comportement moral soit si imparfait. Et nous devrions nous plaindre que le temps file si vite, nous volant une vie avec laquelle pratiquer la vérité. Il doit nous être naturel d’avoir un esprit pareil à celui d’un poisson dans un courant affaibli.</p>
<p>Les membres du dojo ne doivent pas porter de brocart. Nous devons porter des habits en papier, coton, et ainsi de suite. Depuis les temps anciens, les ancêtres qui ont clarifié la Voie étaient ainsi.</p>
<p>N’entrez pas dans le dojo en état d’ébriété. Si quelqu’un entre à tort par distraction, il doit se prosterner et se confesser. L’alcool ne doit pas être apporté dans le dojo. N’entrez pas dans le dojo échaudé ou ivre.</p>
<p>Si deux personnes se disputent, elles doivent être renvoyées toutes deux dans leur chambre, parce qu’elles perturbent non seulement leur propre pratique, mais aussi celle des autres. Ceux qui voient surgir la dispute mais ne font rien sont également en faute.</p>
<p>Quiconque ne respecte pas les instructions du dojo doit être exclu avec l’assentiment de tous les membres. Quiconque sympathise avec les transgressions est également en faute.</p>
<p>Ne dérangez pas les autres membres en invitant des personnes dans le dojo, qu’il s’agisse de moines ou de laïcs. Si vous discutez avec des invités aux abords du dojo, n’élevez pas la voix. Ne vous vantez pas délibérément de votre propre pratique, en espérant avidement des offrandes. Un invité qui a manifesté à plusieurs reprises la volonté de participer à la pratique, et qui est résolu à faire le tour du dojo en faisant des prosternations, peut entrer. Dans ce cas également, le responsable du dojo doit en être informé.</p>
<p>Zazen doit être pratiqué avec ardeur comme dans les dojos chinois. Ne soyez jamais même légèrement paresseux pour suivre et demander des enseignements matin et soir.</p>
<p>Pendant les repas du petit-déjeuner et du déjeuner, une personne qui renverse la nourriture ou ses accessoires par terre doit être pénalisée en accord avec les règles du temple.</p>
<p>De manière générale, nous devrions résolument protéger les interdits et les préceptes des patriarches bouddhistes. Les règles pures des temples devraient être gravées dans nos os et dans nos esprits.</p>
<p>Nous devons prier pour que toute notre vie soit paisible, et que notre poursuite de la vérité nous demeure dans un état d’esprit sans intention.</p>
<p>Les quelques règles ci-dessus sont le corps-esprit du bouddha éternel. Nous devons les révérer et les suivre.</p>
<p style="text-align: center;"><div class='chapitres_conteneur_sommaire' id='chapitres_conteneur_sommaire1'><div class='chapitres_infos_livre' id='chapitres_infos_livre1'><h2 class='chapitres_titre_livre' id='chapitres_titre_livre1'>SHOBOGENZO</h2><h4 class='chapitres_resume_livre' id='chapitres_resume_livre1'>Traduction Française du Shobogenzo, œuvre majeure de Maître Dogen.</h4></div><div class='chapitres_sommaire_livre' id='chapitres_sommaire_livre1'><ol><li><a href='http://zensotoreims.fr/bendowa/'>BENDOWA</a></li><li><a href='http://zensotoreims.fr/maka-hannya-haramitsu/'>MAKA HANNYA HARAMITSU</a></li><li><a href='http://zensotoreims.fr/genjo-koan/'>GENJO KOAN</a></li><li><a href='http://zensotoreims.fr/ikka-no-myoju/'>IKKA NO MYOJU</a></li><li><a href='http://zensotoreims.fr/ju-undo-shiki/'>JU UNDO SHIKI</a></li><li><a href='http://zensotoreims.fr/soku-shin-ze-butsu/'>SOKU SHIN ZE BUTSU</a></li><li><a href='http://zensotoreims.fr/senjo/'>SENJO</a></li><li><a href='http://zensotoreims.fr/raihai-tokuzui/'>RAIHAI TOKUZUI</a></li><li><a href='http://zensotoreims.fr/keisei-sanshiki/'>KEISEI SANSHIKI</a></li><li><a href='http://zensotoreims.fr/shoaku-makusa/'>SHOAKU MAKUSA</a></li><li><a href='http://zensotoreims.fr/uji/'>UJI</a></li></ol></div></div></p>
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		<title>REGLES DE DOGEN</title>
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		<pubDate>Thu, 01 Aug 2013 09:51:10 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[Fabrice SEVERIN]]></dc:creator>
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		<description><![CDATA[Cet article passe en revue synthétiquement les règles de Dogen édictées pour son temple dans le Eihei Shingi: règles d'un dojo zen, règles de la salle d'étude, règles pour l'administration.]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<div id="atelier_responsables_godinne">
<div id="conteneur">
<div id="contenu">
<h2>NAVIGATION</h2>
<div class="morceau">
<ol>
<li style="text-align: center;"><a href="http://zensotoreims.fr/un-avec-la-voie/">UN AVEC LA VOIE</a><span class="legende">Comment les moines et nonnes s&rsquo;harmonisent avec l&rsquo;unité</span></li>
<li style="text-align: center;"><a href="http://zensotoreims.fr/zen-et-vie-quotidienne/">ZEN ET VIE QUOTIDIENNE</a><span class="legende">Pratiquer le zen dans le monde moderne</span></li>
<li style="text-align: center;">-&gt; REGLES DE DOGEN<span class="legende">Le corpus des règles du temple d&rsquo;Eihei-Ji</span></li>
<li style="text-align: center;"><a href="http://zensotoreims.fr/une-journee-ordinaire/">UNE JOURNEE ORDINAIRE</a><span class="legende">Etablir la pratique dans le quotidien</span></li>
</ol>
</div>
<h2>BENDOHO: LES REGLES DU DOJO</h2>
<div class="morceau">
<p><img class="image" alt="hogejaku" src="http://zensotoreims.fr/images/hogejaku.png" /><span class="legende">Hogejaku, tout abandonner.</span></p>
<p>Le bendoho est le modèle pour la pratique de la Voie. Ho est le Dharma, mais aussi <strong>la règle, le modèle</strong>. Il s&rsquo;agit donc de consignes très précises pour pratiquer zazen dans le dojo avec des estrades et éventuellement des paravents si les pratiquants sont nombreux, pour être toujours <strong>face au mur</strong> et non au dos de quelqu&rsquo;un. <strong>On mange et on dort également dans le dojo</strong> dans ce contexte.</p>
<p>Nous émaillerons notre propos d&rsquo;extraits significatifs du Bendoho de Maître Dogen qui dispensent des considérations générales sur la pratique. Pour commencer:</p>
<blockquote><p>Tous les Bouddhas et les patriarches sont dans la Voie du Bouddha. Le Dharma existe et ils apparaissent. Sans le Dharma, ils n&rsquo;apparaîtraient pas.</p></blockquote>
<p>La Voie est l&rsquo;ordre cosmique, <strong>elle est le préalable</strong> et nous sommes tous déjà dedans. Le Bouddha Shakyamuni nous a montré<strong> comment suivre la Voie, et il l&rsquo;a suivie lui-même</strong>. Les moines et nonnes en particulier doivent donc <strong>devenir des guides</strong> et montrer la Voie par l&rsquo;exemple de leur propre pratique. C&rsquo;est <em>comme dévoiler une route ancienne au milieu de la jungle</em>, ce n&rsquo;est pas créer quelque chose de nouveau.</p>
<p>Nous avons tous à nous incliner <strong>humblement</strong> devant le Dharma. Dogen explique en détail comment pratiquer, c&rsquo;est toujours à l&rsquo;aide de recommandations <strong>très concrètes</strong> qu&rsquo;il nous invite à le suivre. C&rsquo;est vrai en particulier dans le <em>Eihei Shingi</em>; dans le zen, comprendre signifie pratiquer <strong>avec le corps</strong>.</p>
<blockquote><p>Quand la sangha fait zazen, faites zazen. Quand la sangha se couche, couchez-vous. Dans l&rsquo;activité comme dans le calme, un avec la sangha, maintenant et toujours. Etre différent des autres n&rsquo;est pas la conduite des moines.</p></blockquote>
<p>Finalement, <strong>tous les lieux doivent devenir un lieu de pratique</strong>. Il n&rsquo;est pas bon dans la pratique de la Voie de chercher à devenir une personne hors du commun, de se faire remarquer, de mettre en avant ses caractéristiques personnelles, car <em>cela ne permet pas de s&rsquo;harmoniser</em>.</p>
<p>Ce fut difficile pour Dogen en particulier, qui fut <strong>adopté par son oncle et sa tante</strong> qui appartenaient à la cour impériale. L&rsquo;oncle de Dogen souhaitait en faire un <strong>prélat</strong>, un moine bouddhiste de luxe versé dans la politique, et il a dû dans sa jeunesse <strong>complètement couper</strong> avec cela.</p>
<p>De plus il possédait des <strong>qualités intellectuelles</strong> tout-à-fait extraordinaires et précoces: il écrivait des poèmes en chinois à l&rsquo;âge de quatre ans, et devint <strong>très érudit</strong> en matière de littérature. Lorsqu&rsquo;il est devenu un <strong>vrai moine</strong> auprès de son Maître <strong>Nyojo</strong>, il a complètement abandonné tout cela, pour finalement écrire des poèmes à la fin de sa vie, mais ayant tous <strong>trait à la Voie</strong>.</p>
<blockquote><p>Pratiquer la Voie est la pratique-réalisation avant le kalpa du Bouddha. Aussi n&rsquo;attendez pas la grande réalisation, ne vous précoccupez pas de votre réalisation.</p></blockquote>
<p>Nous ne devons <strong>pas rechercher le grand satori</strong>, une prise de conscience directe de la réalité, mais mettre toute notre énergie dans<strong> chaque action en tant que telle</strong>, <em>sans but et sans intention</em>. Voici maintenant un extrait qui concerne plus particulièrement le <strong>zazen du soir</strong>:</p>
<blockquote><p>Revêtez votre kesa, installez-vous dans le dojo et faites zazen. L&rsquo;abbé s&rsquo;asseoit en face de la statue de Manjusri. Derrière l&rsquo;abbé se trouve un banc. Le jisha (secrétaire) reste au service de l&rsquo;abbé.</p></blockquote>
<p>Manjusri est le bodhisattva qui <strong>incarne la sagesse</strong>, il est représenté assis sur un lion et brandissant un sabre. Il symbolise la force et la rigueur de zazen qui nous permet de <strong>trancher toutes nos illusions</strong>. Son pendant est le bodhisattva kannon, qui symbolise la <strong>compassion</strong>.</p>
<p>De temps en temps, il peut être intéressant de chanter les sutras <strong>dans sa langue maternelle</strong>, plutôt qu&rsquo;en japonais, pour s’en rappeler le sens.</p>
<p>Dans le dojo, au moment de dormir, on s’installe la tête tournée <strong>en direction de l’autel</strong>. On doit adopter la posture du Bouddha couché, <strong>allongé sur le côté droit</strong>, la main droite sous la joue, les jambes légèrement pliées et l’une sur l’autre. On conserve sa robe (kolomo) <strong>mais pas le kesa</strong>. On ne doit pas incommoder autrui en adoptant d’autres positions ou tenues.</p>
<p>Voici les consignes de Dogen au sujet du lever:</p>
<blockquote><p>Le matin, levez-vous sans attendre mais sans précipitation. Restez à votre place un moment, puis couvrez-vous avec votre couette et faites zazen. Si vous clignez plusieurs fois des yeux rapidement, une faible brise y entrera et vous sortirez aisément de votre torpeur.</p>
<p>N’oubliez jamais que la mort survient rapidement, et que vous n’avez pas encore clarifié la Voie. Ne baillez pas, évitez de vous étirer, de soupirer bruyamment, de vous éventer.</p>
<p>Manifestez toujours du respect pour la sangha.</p></blockquote>
<p>Dans le dojo, nous ne devons pas déranger les autres, nous ne devons <strong>pas communiquer nos émotions</strong>, ni incommoder autrui par nos plaintes. Nous devons bien plutôt saisir l’opportunité de nous <strong>encourager mutuellement</strong>.</p>
<p>Dogen décrit aussi la pratique du matin consistant à se laver :</p>
<blockquote><p>Dès que l’occasion se présente, allez tranquillement et sans hâte à la salle d’eau, lavez-vous le visage. Ne vous départissez pas de votre shukkin (cordelette nouée autour de la taille) qui vous permettra de nouer votre serviette[…].</p>
<p>Ne faites pas de bruit en marchant. Si vous croisez quelqu’un, ne discutez pas, contentez-vous de le saluer discrètement d’un hochement de tête. Même si vous êtes seul, ne chantez pas. Ne vous déplacez pas les bras ballants, mais marchez en shashu.</p>
<p>Récitez le sutra adéquat : Senmen No Ge pour se laver le visage et sutra de la dent pour se brosser les dents. Lorsque vous lavez vos dents, crachez doucement et n’éclaboussez pas. Enfin retournez au dojo et faites zazen.</p>
<p>Lorsque tout le monde a terminé (avant la fin de la nuit), rangez votre couette, puis chantez avec la sangha le Dai Sai Gedda Puku.</p></blockquote>
<p>Dogen conclut en disant : suivre les règles est exactement le critère de <strong>s’engager dans la pratique de la Voie</strong>.</p>
<p>Il propose aussi une description très précise de la procédure à suivre <strong>pendant le jour de repos</strong>, hosan, qui se renouvelle tous les 5 jours environ, lors des jours se terminant par 4 ou 9 (le 4, le 9, le 14, le 19, le 24, le 29). Ce jour donne lieu entre autres au<strong> rasage mutuel</strong> des moines, ainsi qu’à la lessive.</p>
</div>
<h2>REGLES ET PRECEPTES</h2>
<div class="morceau">
<p><img class="image" alt="sutrashingyo" src="http://zensotoreims.fr/images/sutrashingyo.jpg" /><span class="legende">Préceptes.</span></p>
<blockquote><p>Les règles doivent respecter les <strong>préceptes des Bouddhas et des Patriarches</strong>, suivre les instructions du <strong>Petit Véhicule</strong> et du <strong>Grand Véhicule</strong>, et s’harmoniser avec les <strong>règles de Hyakujo</strong> (un jour sans travailler, un jour sans manger).</p></blockquote>
<p>Les règles sont liées à <strong>la communauté qui les sui</strong>t. Il n’est pas adéquat pour un moine ou une nonne de discuter la règle. Il faut <strong>simplement suivre</strong>, même si c’est une manière différente de ce à quoi on est habitué(e). Le moine pèlerin, ou qui change de temple, doit dès qu’il arrive <em>se renseigner auprès des responsables</em>, sur les règles en vigueur dans le lieu, de manière à pouvoir<strong> s’harmoniser</strong>.</p>
<p>Les <strong>préceptes</strong>, en revanche, ont une <em>valeur universelle</em>, ils incarnent l’esprit d’éveil et la transmission reçue du Bouddha à travers l’ordination : <strong>les 16 préceptes du bodhisattva</strong>. On les intègre progressivement et elles deviennent <em>un facteur de liberté intérieure</em>. Faire ce qu’on veut n’est pas la véritable liberté, c’est seulement <strong>suivre les illusions de notre ego</strong>.</p>
<p><strong>Dans un dojo</strong>, il est important d’harmoniser les manières et la cérémonie : lorsqu’il y a plusieurs responsables qui codirigent les zazen, ils doivent s’harmoniser et décider d’un <strong>choix de règles commun</strong>. La règle devient alors une aide pour lâcher prise d’avec nos opinions personnelles. C’est un <em>support de vigilance</em>.</p>
<p>Les <strong>règles de Hyakujo</strong> sont une référence constante dans le zen, pourtant elles ont été perdues ou même il se peut qu’elles n’aient jamais existé. Cependant ce Maître demeure célèbre pour avoir<strong> instauré le samu</strong> (travail manuel) et guidé la sangha vers l’assurance de son auto-subsistance par le travail quotidien.</p>
<p>On retrouve l’esprit de ces règles dans un autre texte qui sert de référence : le zennen shingi:</p>
<blockquote><p>Qu’il s’agisse d’affaires de moindre importance ou de grande importance, le comportement des moines doit être conforme aux règles.</p></blockquote>
<p>On trouve également des références utiles concernant le <strong>respect des préceptes</strong> dans le <em>sutra du filet de Brahma</em> qui développe les 16 préceptes principaux : les dix préceptes, les 3 préceptes consistant à protéger les trois trésors, le précepte de ne pas faire le mal, le précepte de faire le bien, et enfin celui de ne faire le bien que pour le bien des autres. Ce sutra traite également des 48 préceptes mineurs.</p>
<p>Il est cependant nécessaire pour les <em>moines et nonnes zen occidentaux</em> de <strong>se concentrer sur les enseignements du zen</strong> en priorité, avant d’aborder les sutras bouddhistes anciens. Il faut bien <strong>connaître la tradition</strong>, en particulier les maîtres fondateurs du zen Soto : Maître Dogen évidemment, ainsi que Keizan, Menzan, Sozan et Tosan.</p>
<p>Il est également important de ne<strong> pas faire de mélange</strong> entre les traditions. En Chine à l’époque de Dogen il régnait une grande confusion entre le Bouddhisme, le Taoïsme et le Confucianisme. C’est une des raisons pour lesquelles Dogen a été si prolifique : pour établir fermement <strong>les fondements du zen Soto</strong>.</p>
<blockquote><p>Nous ne devrions accorder de valeur qu’à nos affinités avec le Dharma.</p></blockquote>
</div>
<h2>SHURYO SHINGI: LES REGLES DE LA SALLE D&rsquo;ETUDE</h2>
<div class="morceau">
<p><img class="image" alt="sutra" src="http://zensotoreims.fr/images/sutra.jpg" /><span class="legende">Sutra du Lotus.</span></p>
<blockquote><p>Dans la salle d’étude, chacun doit être pour l’autre à la fois son parent, son frère, son maître et son ami de bien. La sympathie mutuelle (kanno doko) se développe naturellement mais doit être cultivée : c’est le rôle des responsables de faire vivre cette harmonie.</p></blockquote>
<p>L’harmonie dans la sangha inclut de <strong>corriger les erreurs</strong> des autres, fermement mais délicatement. Dogen nous invite également à être <strong>reconnaissant</strong>(e)s d’avoir rencontré la Voie, car<em> la gratitude est source de bonheur et de joie</em>.</p>
<blockquote><p>Les frères et sœurs dans le Dharma devraient être plus proches d’autrui que d’eux-mêmes. C’est le grand avantage des relations intimes.</p></blockquote>
<p>Il ne faut pas confondre cette vie en communauté avec le <strong>repli du communautarisme</strong> tel qu’on peut le rencontrer dans notre société actuelle. Il faut <strong>éviter le cloisonnement</strong> des groupes autour d’un objet de foi ou d’une personne.</p>
<p>La communion entre les membres d’une sangha est cependant un trésor précieux. Maître Yunnan dit à ce sujet :</p>
<blockquote><p>Même faire une traversée sur un même bateau ressort de relations menées dans des vies antérieures. Donc n’avons-nous pas a fortiori plus de connexions entre nous lorsque nous partageons la vie de temple?</p></blockquote>
<p>Même si nous sommes actuellement des hôtes ou invités, nous serons<strong> à l’avenir tous des Bouddhas</strong> et des Patriarches, nous devons donc nous considérer et nous <strong>respecter mutuellement</strong> comme tels.</p>
<p>Les règles de calme dans la salle d’étude peuvent être <strong>transposées</strong> au cas comme celui d’une <strong>nuit de zazen</strong>, ou d’une sesshin où nous partageons un dortoir : l’essentiel est toujours de ne pas déranger les autres, de <em>ne pas se replier dans des affaires personnelles</em> et de ne pas gaspiller son temps et son énergie dans des conversations mondaines.</p>
<p>Toute action doit être effectuée <strong>calmement</strong>, sans précipitation. Ainsi même si dans une <em>sesshin</em> il y a deux cents ou trois cents personnes, on est <strong>comme seul</strong>.<br />
Maître Sekito émit ce vœu :</p>
<blockquote><p>Je prie sincèrement pour que ceux qui étudient la Voie ne laissent pas passer le temps en vain.</p></blockquote>
</div>
<h2>CHIJI SHINGI: LES REGLES D&rsquo;ADMINIS<br />
TRATION</h2>
<div class="morceau">
<p><img class="image" alt="temple" src="http://zensotoreims.fr/images/plan_temple.gif" /><span class="legende">Plan d&rsquo;un temple zen.</span></p>
<p>Ce texte de Dogen <strong>daté de 1246</strong> puise son inspiration dans le <strong>Zennen Shingi</strong> de Choro Sosaku, mort en 1107, et reprend environ 40% de ses règles.</p>
<p>Il est donc intéressant de constater qu’un<strong> corpus de règles</strong> répond aux problèmes inhérents à une <strong>époque</strong>. D’autre part sur les 54 pages que comporte le Chiji Shingi, la moitié concerne <em>des exemples de maîtres anciens</em> qui ont expérimenté<strong> l’éveil en exerçant une fonction d’administration</strong>.</p>
<p>Le reste est composé de <strong>14 pages sur le Kan’in</strong>, qui est en quelque sorte le <em>directeur administratif</em>, 4 pages sur l’<strong>Ino</strong> qui <em>supervise les affaires des moines</em>, 8 pages sur le <strong>tenzo</strong> qui est le <em>chef cuisinier</em>, 2 pages sur le <strong>Shissui</strong> qui est le <em>chef du travail</em> des moines.<br />
En réalité selon la taille du temple la fonction du kan’in peut se démultiplier en 3 postes : le <strong>Tsutsu</strong> (directeur), le <strong>Kansu</strong> (directeur-adjoint), le <strong>Fusu</strong> (trésorier).</p>
<p>Ce qui pose la question en écho : de quels postes, <strong>de quelles fonctions administratives a-t-on besoin</strong> dans les différents contextes de la pratique ? Par exemple, nous découpons assez précisément les fonctions en <em>sesshin</em>, mais dans un dojo certaines sont <strong>regroupées</strong>.</p>
<p>Le kan’in régit toutes <strong>les affaires générales du temple</strong> ; voici un extrait significatif de ses fonctions :</p>
<ul>
<li>Répondre aux fonctionnaires du gouvernement</li>
<li>Surveiller les rencontres entre la sangha et les laïcs</li>
<li>Réunir la sangha pour les cérémonies</li>
<li>Tenir compte des prêts et des emprunts</li>
<li>Décider du budget annuel du Temple</li>
<li>Surveiller les réserves d’argent et de céréales</li>
<li>Surveiller les dépenses et les recettes</li>
<li>Instruire et punir les moines</li>
</ul>
<p>25% de ces fonctions sont des citations directes du zennen shingi. Il serait éventuellement intéressant de pouvoir <strong>comparer les deux textes</strong>, car la situation à l’époque de Dogen présente une <strong>analogie</strong> avec celle de la sangha occidentale, en ce qu’elle constitue un cas de<strong> transposition d’un pays à un autre</strong>.<br />
Les moines qui<strong> occupent ces postes</strong> doivent être &laquo;&nbsp;<em>expérimentés et vertueux, avec de très bons cœurs</em>&laquo;&nbsp;. Ils doivent désirer <strong>humblement</strong> être enseignants des moines et non de rois ou de ministres, comme certains moines bouddhistes le faisaient à l’époque.<br />
Le <strong>Directeur</strong> <em>œuvre pour la paix de la sangha</em>, et ce quel que soit le nombre de moines. Dans la sangha moderne moines et nonnes ne vivent <strong>pas tous les jours ensemble</strong>, quelles différences peuvent donc en résulter ? La sangha étant très mixte à tous points de vue, quelle influence cela a-t-il sur les positions/fonctions administratives ? Mais aussi comment<strong> former des futurs responsables</strong> pour qu’ils remplissent les conditions exigées ? <strong>Combien de temps</strong> devraient-ils occuper ces positions ? Ces questions restent ouvertes…<br />
Il ressort encore de ce texte plusieurs éléments notables :</p>
<ul>
<li>L’importance de la Sangha ;</li>
<li>La nécessité de se concerter et de se consulter entre responsables ;</li>
<li>La consultation de l’Abbé pour les situations exceptionnelles qui affectent le temple;</li>
<li>La nécessité d’exprimer gentiment mais complètement si quelqu’un, même les responsables ou l’Abbé lui-même, a agi à l’encontre des sentiments de la majorité;</li>
<li>Le respect des sages et l’acceptation ouverte de tout le monde dans la sangha.</li>
</ul>
<blockquote><p>Que les anciens et les nouveaux vivent en harmonie et amitié, paisiblement. Le directeur ne doit pas surmener les moines. L’exercice des responsabilités ne doit pas déranger la paix de la sangha.</p></blockquote>
<p>Dogen insiste beaucoup sur la nécessité de <strong>coopération</strong>, en particulier entre les six principales fonctions et l’Abbé. <em>Nul ne prend de décision de son propre chef uniquemen</em>t. Nul n’agit en fonction de préférences privées. Tous les bodhisattvas, donc tous les pratiquants, doivent <strong>se voir mutuellement comme l’Honoré du Monde</strong> (le Bouddha).<br />
Le directeur est la fonction<strong> la plus élevée</strong> du temple, cependant même lui doit faire preuve de <strong>coordination</strong>. Les structures hiérarchiques modernes ne reflètent pas forcément ce qu’elles étaient à l’époque. Pouvons-nous <strong>fonctionner de manière différente</strong> par rapport à la société d’aujourd’hui ?&#8230;</p>
</div>
</div>
</div>
</div>
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		<title>UN AVEC LA VOIE</title>
		<link>http://zensotoreims.fr/un-avec-la-voie/</link>
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		<pubDate>Thu, 01 Aug 2013 08:45:59 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[Fabrice SEVERIN]]></dc:creator>
				<category><![CDATA[REPERES]]></category>
		<category><![CDATA[SOTO ZEN]]></category>
		<category><![CDATA[Dogen]]></category>
		<category><![CDATA[femmes]]></category>
		<category><![CDATA[historique]]></category>
		<category><![CDATA[moine]]></category>
		<category><![CDATA[nonne]]></category>
		<category><![CDATA[Rech]]></category>
		<category><![CDATA[Voie]]></category>
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		<description><![CDATA[Le moine ou la nonne en Occident se définit souvent par la solitude donc le célibat. Or le mot moine renferme l'idée d'unité, il  s'agit donc de la personne qui vit en harmonie avec la vérité fondamentale.]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<div id='atelier_responsables_godinne'>
<div id='conteneur'>
<div id='contenu'>
<h2>NAVIGATION</h2>
<div class="morceau">
<ol>
<li style="text-align: center;">-> UN AVEC LA VOIE<span class="legende">Comment les moines et nonnes s&rsquo;harmonisent avec l&rsquo;unité</span></li>
<li style="text-align: center;"><a href="http://zensotoreims.fr/zen-et-vie-quotidienne/">ZEN ET VIE QUOTIDIENNE</a><span class="legende">Pratiquer le zen dans le monde moderne</span></li>
<li style="text-align: center;"><a href="http://zensotoreims.fr/regles-de-dogen/">REGLES DE DOGEN</a><span class="legende">Le corpus des règles du temple d&rsquo;Eihei-Ji</span></li>
<li style="text-align: center;"><a href="http://zensotoreims.fr/une-journee-ordinaire/">UNE JOURNEE ORDINAIRE</a><span class="legende">Etablir la pratique dans le quotidien</span></li>
</ol>
</div>
<h2>DEFINITION DU MOINE MODERNE</h2>
<div class="morceau"><img class="image" alt="takuhatsu" src="http://zensotoreims.fr/images/takuhatsu.png" /><br />
<span class="legende">Takuhatsu, tournée de mendicité</span></p>
<p>Le moine est fondamentalement celui qui est <strong>en unité avec tout l&rsquo;univers</strong>.  En sanscrit le mot moine, <em>shukke</em>, signifie &laquo;&nbsp;<strong>celui qui a quitté sa demeure</strong>&laquo;&nbsp;. L&rsquo;origine grecque de moine dans notre langue provient de <em>monos</em>, littéralement un, <strong>l&rsquo;unité</strong>. Dans notre civilisation nous avons plutôt associé cette signification avec le fait qu&rsquo;un moine soit solitaire, donc célibataire.</p>
<p>Si nous considérons qu&rsquo;un moine est un avec la Voie, alors <strong>nous sommes tous des moines dès notre naissance:</strong>, hommes et femmes, pratiquants ou non, moines et nonnes ordonnés ou laïcs, car <strong>toutes les existences possèdent fondamentalement la Voie de Bouddha</strong>. Il reste à s&rsquo;accorder, s&rsquo;harmoniser avec cette vérité fondamentale.</p>
<p>Le moine moderne est dans la vie au même titre que tout un chacun; ce qui est <strong>tranché</strong> quand on est moine <strong>ce ne sont pas les relations mais la nature des relations</strong>, qui doivent manifester et actualiser <strong>l&rsquo;abandon de son égocentrisme et de son attachement possessif à autrui</strong>.
</div>
<h2>MOINES ET NONNES OCCIDENTAUX</h2>
<div class="morceau">
<img class='image' src='http://zensotoreims.fr/images/moine_occidental.png' alt='moine occidental'/><span class='legende'>Roland Rech, moine occidental</span></p>
<p>Le moine a reçu les <strong>16 préceptes de comportement</strong>, et aussi a fait les vœux du bodhisattva, qui visent à <strong>soulager la souffrance</strong> et à <strong>aider les autres à réaliser la Voie</strong>. C&rsquo;est pourquoi cet engagement s&rsquo;accompagne naturellement le plus souvent d&rsquo;un rôle d&rsquo;enseignant de dojo zen, ainsi que de l&rsquo;exercice de certaines responsabilités au sein de la <span class="wp-glossary wpg-tooltip" data-termid="442" data-content="excerpt" data-qtipstyle="cream"><a href="http://zensotoreims.fr/glossary/sangha/"  title="SANGHA">SANGHA</a></span>. Il doit aussi pratiquer régulièrement des <span class="wp-glossary wpg-tooltip" data-termid="450" data-content="excerpt" data-qtipstyle="cream"><a href="http://zensotoreims.fr/glossary/sesshin/"  title="SESSHIN">SESSHIN</a></span>.</p>
<p>Le moine ou la nonne moderne, occidental(e), est donc fondamentalement un <span class="wp-glossary wpg-tooltip" data-termid="162" data-content="excerpt" data-qtipstyle="cream"><a href="http://zensotoreims.fr/glossary/bodhisattva/"  title="BODHISATTVA">BODHISATTVA</a></span>, il/elle essaie plutôt d&rsquo;être <strong>un éducateur</strong> que quelqu&rsquo;un qui fait carrière pour lui-même.
</div>
<h2>MOINES ET NONNES JAPONAIS</h2>
<div class="morceau">
<img class='image' src='http://zensotoreims.fr/images/moine_japonais.png' alt='moine japonais'/><span class='legende'>un moine japonais</span></p>
<p>Les moines japonais à l&rsquo;heure actuelle sont<strong> pour la plupart mariés</strong>. Leur vie respecte une alternance <strong>entre le monastère et le temple familial</strong> qui est au cœur de la société. Le monastère est un lieu clos réservé à la pratique intensive et à la formation des moines. La plupart des temples sont <strong>dans la ville ou le village</strong>, comme c&rsquo;est le cas pour nos dojos occidentaux. Les moines japonais jouent cependant un rôle de <strong>conseiller spirituel</strong> pour toute la communauté, un peu comme le faisait jadis chez nous le curé de village; toutes proportions gardées, en évitant l&rsquo;amalgame bien entendu.</p>
<p>L&rsquo;autre partie du temps est consacrée pour eux à la <strong>formation des jeunes moines dans les monastères</strong>. Il existe des périodes d&rsquo;ango, d&rsquo;au moins 3 mois, qui sont une occasion <strong>d&rsquo;immersion totale</strong> dans la pratique du zen. L&rsquo;expérience fondamentale du moine, ici comme là-bas, est donc d&rsquo;unifier ses activités.
</div>
</div>
</div>
</div>
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		<title>MOINE ZEN AUJOURD&#8217;HUI</title>
		<link>http://zensotoreims.fr/moine-zen-aujourdhui/</link>
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		<pubDate>Mon, 29 Jul 2013 16:33:30 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[Fabrice SEVERIN]]></dc:creator>
				<category><![CDATA[BOUDDHISME]]></category>
		<category><![CDATA[REPERES]]></category>
		<category><![CDATA[SOTO ZEN]]></category>
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		<category><![CDATA[zazen]]></category>
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		<description><![CDATA[Dans un atelier de responsables de dojos consacré à ce thème lors d'une sesshin à Godinne, le Maître zen Roland Yuno Rech engagé une réflexion collective à partir de la tradition très riche du zen Soto, pour voir ce qui est ou non transposable dans notre pratique au sein du monde moderne occidental...]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<div id="atelier_responsables_godinne">
<div id="conteneur">
<div id="contenu">
<h2>INTRODUCTION</h2>
<div class="morceau"><img class="image" alt="equilibre voie" src="http://www.zensotoreims.fr/images/equilibre_voie.png" /><br />
<span class="legende">Harmoniser zazen et la vie.</span><br />
<div class='et-box et-shadow'>
					<div class='et-box-content'><p>En occident, la plupart des moines et nonnes zen ne vivent pas dans un monastère à plein temps: ils pratiquent zazen, méditation zen, dans un dojo au quotidien et font des retraites plus ou moins longues appelées sesshins ou des journées de zazen.</p>
<p>Pendant celles-ci ont lieu plusieurs séances de méditation zen par jour, et où il est essentiel de se concentrer sur toutes les actions de la vie quotidienne, en étant attentif à son corps et à sa respiration.</p>
<p>Comment moines et nonnes peuvent-ils harmoniser la pratique de zazen avec la vie moderne?</p></div></div></p>
<p>Dans un atelier de responsables de dojos consacré à ce thème lors d&rsquo;une sesshin à Godinne, le Maître zen Roland Yuno Rech a engagé une <strong>réflexion collective à partir de la tradition du Zen Soto</strong>, pour voir ce qui est ou non transposable dans notre pratique au sein du monde moderne occidental.</p>
<p>Nous proposons ici d&rsquo;en retracer les grandes lignes.Pour ce faire, il s&rsquo;appuie sur un <strong>corpus de textes traditionnels</strong>, en particulier de règles ayant trait à la vie dans le monastère, telles que définies par Maître Dogen dans le <strong><em>Eihei Shingi </em></strong>qui regroupe:</p>
<ul>
<li>Le<em><strong><span style="text-decoration: underline;"> Bendoho</span> -&gt;</strong></em> Règles du <strong>dojo</strong>.</li>
<li>Le <em><strong><span style="text-decoration: underline;">Shiryo Shingi</span> -&gt;</strong></em> Règles de la <strong>salle d&rsquo;étude</strong> des moines</li>
<li>Le <strong><em><span style="text-decoration: underline;">Tai Taiko ho</span> -&gt;</em></strong> Règles définissant les <strong>relations entre novices et anciens</strong></li>
<li>Le <em><strong><span style="text-decoration: underline;">Chiji Shingi</span> -&gt;</strong></em> Description des fonctions des <strong>responsables du temple</strong></li>
<li>Le <em><strong><span style="text-decoration: underline;">Tenzo Kyokun</span> -&gt;</strong></em> Instructions pour le <strong>cuisinier du temple</strong></li>
<li>Le <em><strong><span style="text-decoration: underline;">Fu Shukuhan Po</span> -&gt;</strong></em> Règles concernant les<strong> manières de table</strong></li>
</ul>
</div>
<h2>SOMMAIRE</h2>
<div class="morceau">
<ol>
<li style="text-align: center;"><a href="http://zensotoreims.fr/un-avec-la-voie/">UN AVEC LA VOIE</a><span class="legende">Comment les moines et nonnes s&rsquo;harmonisent avec l&rsquo;unité</span></li>
<li style="text-align: center;"><a href="http://zensotoreims.fr/zen-et-vie-quotidienne/">ZEN ET VIE QUOTIDIENNE</a><span class="legende">Pratiquer le zen dans le monde moderne</span></li>
<li style="text-align: center;"><a href="http://zensotoreims.fr/regles-de-dogen/">REGLES DE DOGEN</a><span class="legende">Le corpus des règles du temple d&rsquo;Eihei-Ji</span></li>
<li style="text-align: center;"><a href="http://zensotoreims.fr/une-journee-ordinaire/">UNE JOURNEE ORDINAIRE</a><span class="legende">Etablir la pratique dans le quotidien</span></li>
</ol>
</div>
</div>
</div>
</div>
]]></content:encoded>
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		</item>
	</channel>
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